Le patrimoine doit rester libre et surtout apolitique !


Politiser la cause du patrimoine est souvent un « sport » chez bon nombre d’internautes qui se croient « grands experts » en la matière et commentent en argumentant toujours de la même façon.

« Si c’est détruit, c’est forcément un maire de gauche ». « Ceux qui défendent le patrimoine sont forcément des vieux réacs "bourges" de droite, limite fachos ». Nous pourrions écrire un livre entier sur les hérésies que nous avons pu lire depuis les six ans d’existence d’Urgences Patrimoine.

Donc, il nous semblait nécessaire de rappeler que le patrimoine étant un bien commun, il est inutile d’essayer de politiser sa cause. Le patrimoine doit être défendu par tous ceux qui l’aiment et nous devons tout mettre en œuvre pour combattre ceux qui ne l’aiment pas.

Les élus « démolisseurs » sont de toutes les orientations politiques. On ne démolit pas plus à gauche qu’à droite. On démolit quand on est inculte, sans empathie pour l’histoire et la mémoire collective, ou tout simplement parce qu’on est un fainéant qui ne veut pas se donner la peine de faire marcher ses neurones.

Souvent l’argumentaire est le même pour justifier une démolition : « c’est trop cher ». Mais alors pourquoi certaines toutes petites communes rurales réussissent à restaurer et à entretenir leur patrimoine ? Si certaines y arrivent, c’est parce qu’elles en ont la volonté. D’ailleurs, dans le sud de la France par exemple, dans des communes « communistes », les églises sont la plupart du temps parfaitement entretenues et ouvertes de surcroît. Ce qui prouve, une fois encore, que ce n’est pas le parti qui compte, mais l’homme (ou la femme) à la tête de sa commune.


Concernant les « hautes sphères » de la République, le patrimoine est, depuis des décennies, le parent pauvre des ministères. On préfère largement l’audiovisuel et un peu le « spectacle vivant » résolument tournés vers l’avenir, plutôt que les vieilles pierres. Mais cela ne date pas d’hier, donc, inutile d’en « rajouter une couche » régulièrement. On le sait, de droite comme de gauche, il y a peu d’inclinaison pour le patrimoine de France.

Alors arrêtons de toujours trouver des excuses « politicardes » et mobilisons-nous, nous, les « simples mortels », pour cette cause quand elle nous tient à cœur. Car l’avenir est tout de même sombre pour le patrimoine. La majorité des chantiers sont à l’arrêt, des milliers d’artisans et d’artisans d’art privés de revenus et obligés de glaner, ici et là quelques sous pour survivre.

Cet avenir, de nombreux articles de presse en font état, et d’ailleurs, nous avons été interrogés par le Journal
Libération sur ce sujet. Vous avez bien lu, Libération ! Parce que nous répondons régulièrement à des interviews de Boulevard Voltaire, il nous arrive d'essuyer de vives critiques partisanes. Tout comme le patrimoine, nous ne faisons pas de politique, et nous offrons notre avis à tous les médias qui en font la demande et nous sommes bien heureux que « Libé » nous ait interviewé. Dans cet article paru le 28 avril 2020 et dont voici le lien ICI.

Cet article étant réservé aux abonnés, nous n’avons pas le droit de le diffuser, en revanche, voici les deux extraits qui nous concernent. Le premier étant l’avis d’un artisan de notre réseau Eric Avargues, le « sauveur »de la maison médiévale d’Orpierre, dont vous nous donnerons des nouvelles prochainement.



Enfin pour résumer et revenir à l’essentiel, le patrimoine nous a été transmis par nos pairs, sachons en être dignes et mettons de côté tout ce qui peut parasiter son avenir, en particulier, les antagonismes politiques.

Terminons par cette petite phrase de Manuel Gonzalez Prada, qui résume tout : « Les grandes oeuvres se distinguent par leur accessibilité, car elles n'appartiennent pas au patrimoine de quelques élus, mais à celui de tous les hommes doués de bon sens. » (Manuel Gonzalez Prada,
Pages libres,1915).

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Crédits photographiques : La Gazette du Patrimoine et Wikipedia



Le fromage, un patrimoine français en danger : « Fromagissons » !

« Fromagissons contre le covid-19 », voici le mot d’ordre de la filière laitière face à une baisse moyenne de 60% des commandes des fromages AOP (Appellation d’origine protégée) /IGP (Indication géographique protégée).

La filière appelle à travers ce slogan à la consommation solidaire.

Dans près d’une vingtaine de filières d’appellation, la fabrication est à l’arrêt. Le lait collecté ne pouvant être stocké, il est collecté par des entreprises qui produisent des produits laitiers non AOP ou IGP, ou pire, il est tout simplement jeté.

Selon le Cnaol (Conseil national des appellations d’origine laitières), une dizaine de filières AOP produisant essentiellement des fromages à pâte molle et des fromages de chèvres ont été contraintes de détruire leur lait et leurs fromages devenus impropre à la consommation. Dans les prochains jours, les filières produisant des pâtes pressées non cuites pourraient également avoir recours à ces destructions.

Sur la période du 15 mars au 30 avril, la perte du chiffre d’affaire s’élèverait à plus de 157.000000 euros.

Face à la détresse des producteurs, le Cnaol espère des annonces rapides de la part du ministère de l’Agriculture, car pour le moment, les fromages AOP et IGP sont les grands oubliés des mesures ministérielles annoncées.


En attendant, les filières s’organisent et cherchent des solutions. Les initiatives se multiplient pour favoriser les circuits commerciaux locaux : plate-forme régionale, drive fermiers, vente en ligne…

Au niveau national et régional, la grande distribution fait des efforts pour référencer des produits locaux. Des contacts positifs et constructifs ont été échangés. Mais ils ne se traduisent pas encore par des effets significatifs sur les ventes.

Pour Michel Lacoste, président du Cnaol, « il est urgent de permettre aux Français de retrouver leurs habitudes alimentaires d’avant la crise. Le fromage n’est pas qu’alimentaire… c’est l’identité de la France, son patrimoine, son histoire, des savoir-faire particuliers et uniques, des terroirs parfois difficiles ! »

Le Général de Gaulle s’est exclamé un jour : « comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromages !».



Gageons que si une partie d’entre eux disparaissait, le pays ne serait pas forcément plus « gouvernable », mais ce serait une réelle perte pour l’identité culturelle française.

Alors soutenons les fromages français et « Fromagissons ».

Lire le
communiqué de presse de la filière laitière ICI.
Sources : Réussir Lait

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Crédits photographiques : mon cultivar-élevage
Photo 3 : Nature morte de fruits, de fromage et de pain - Sebastian Stoskopff. Non daté.
Musee des Beaux-Arts Andre Malraux, Le Havre, France / bridgemanimages.com








Rétablissons le cours « Héraldique et Histoire de l’Art »

La Gazette du Patrimoine se doit d'être de tous les combats concernant le patrimoine et la culture. C’est la raison pour laquelle nous avons fait le choix de relayer cette information.


La suppression du cours « Héraldique et Histoire de l’Art » assuré depuis 21 ans par M. Philippe Palasi met en émoi les milieux de l’Histoire et de l’Histoire de l’art.

Ce cours, qui formait des centaines d’étudiants de l’Ecole du Louvre à l’héraldique, aux datations, localisations et identifications des armoiries prenant en compte la vaste aire géographique de l’Europe et une chronologie allant du moyen âge à nos jours, serait remplacé par un cours d’emblématique médiévale.

A un enseignement théorique, M. Philippe Palasi allie ses célèbres exercices pratiques et de nombreuses interventions de M. Michel Pastoureau, pour faire ensemble l’état des recherches. Suivi par de très nombreux auditeurs, ce cours optionnel est celui qui réunit le plus d’étudiants, environ 80 sur les trois années de la formation.

Pourquoi faire cesser une telle réussite ?

C’est la raison pour laquelle Monsieur Palasi a lancé la pétition « Le monde de la culture et du patrimoine en Europe : rétablissons le cours « Héraldique et histoire de l’art de l’École du Louvre ».


Toutes les signatures sont importantes. Alors nous vous demandons de bien vouloir signer et partager cette pétition, afin de soutenir l’excellence française.
 
Pour signer cliquez sur le lien
ICI.

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Crédits photographiques : Philippe Palasi

Nièvre : quand un agriculteur dépasse les bornes

Contactée par les membres du collectif de sauvegarde de Biches (Nièvre), composé de Madame Pineau et Messieurs Loreau, Vieux, Péré et Delobbe, La Gazette du Patrimoine à tenu à publier cet article afin de dénoncer les abus d’un propriétaire terrien qui a profité de cette période de confinement pour s’offrir quelques libertés mettant en péril le patrimoine naturel de la commune.

On notera qu’au passage deux puits, datant sans doute du XVIIIe siècle, ainsi qu’une borne ancienne, ont été détruits sans état d’âme et un chemin rural a été annexé.



Une vingtaine d’ha de pâture, en bordure de forêt sur la commune de Biches, viennent de subir une conversion brutale afin de cultiver du maïs.

Haies, chênes de plus de 150 ans, fossés, etc…, sont arasés et le sol traité au glyphosate dans la foulée. Cet acte a provoqué l’émoi des riverains, mais a plus largement choqué une partie de la population. Sachant que l’agriculteur qui vient de récupérer ces terres possède déjà plus de 1000 ha et que des élevages locaux auraient pu en profiter, les questions ne manquent pas :

Peut-on décider du jour au lendemain de changer radicalement le paysage ?

En pleine période de nidification, a-t-on le droit d’agir ainsi. Que dit la loi ?

La population a-t-elle son mot à dire ?

Quels impacts sur la biodiversité ?

Quels engins vont venir travailler ces cultures ?


Monsieur le maire, choqué des choix qui ont été faits, et surpris de ne pas avoir été avisé du début de ces travaux, a saisi la Préfecture, les services de la DTT chargés de lui apporter des réponses et des conseils.

Contactée, l’Agence Régionale de Biodiversité a confié que d’autres actes similaires avaient été constatés pendant cette période de confinement, et qu’une réaction était nécessaire.

La plupart de nos agriculteurs sont vertueux et il n’est pas question de leur jeter l’opprobre à cause de quelques-uns.


Mais déjà de nombreuses voix s’élèvent dans le département pour exiger qu’à l'issue de cette crise, le respect de la biodiversité et du paysage fasse l’objet d’une plus grande attention. À la demande du Ministère de l’Agriculture et de la Transition Écologique, un rapport intitulé « L’approche paysagère accélératrice de la transition agro-écologique » vient justement d’être publié en février 2020.

Ses auteurs rappellent que depuis plus de 20 ans, l’avenir paysager d’un territoire doit être débattu en concertation avec l’ensemble de ses composantes.

Les mesures compensatrices pour les agriculteurs ne sont peut-être pas à la hauteur des contraintes imposées.

Les arbres arrachés ne vont pas se relever demain. Cependant, gageons qu’à la colère et la passion succède un dialogue permettant de dégager les solutions ensemble.

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Crédits photographiques : Yann Loreau

Église de Marly-Gomont : le confinement n’a pas arrêté les vandales


C’est dans la nuit du 24 au 25 avril que l’église Saint-Rémi, située dans la commune de Marly-Gomont dans le département de l’Aisne, a été la cible d’actes de vandalisme gratuits.


En effet, aucun vol ne semble avoir été commis, mais le ou les auteurs des faits s’en sont pris au mobilier, ont renversé des objets de culte, cassé le cierge Pascal, arraché les têtes des micros et ont vidé les extincteurs. Le maire de la commune, Monsieur Dominique Delache, s’en est ému sur les réseaux sociaux et a fermement condamné ces actes :

« Très en colère : une fois de plus l’église a été vandalisée cette nuit, porte cassée, cierge Pascal détruit, micro arraché, extincteur percuté et vidé dans toute l’église, c’est un manque de respect qui me choque profondément. Cette fois de nombreux indices ont été prélevés par les forces de l'ordre. Jusqu'à nouvel l’ordre l’église restera fermée car le nettoyage s'avère compliqué. Merci de votre compréhension ».


Il faut dire que c’est la seconde fois en deux an que l’église de son village est victime de ce genre d’acte et l’on peut aisément comprendre son agacement. Bien entendu, une plainte a été déposée.

Cela relance une fois encore l’idée de faire équiper systématiquement tous les lieux de culte de caméras de surveillance, ne serait-ce qu’aux endroits stratégiques que sont les ouvertures des édifices. Cela ne résoudrait peut-être pas tout, mais permettrait sans doute de dissuader certaines personnes mal intentionnées, notamment, certains jeunes quelque peu désœuvrés et qui trouvent « amusant » d’aller détériorer l’église du coin. Nos communes s’équipent de plus en plus de ce genre de système de vidéo protection pour assurer la sécurité des habitants, ce ne sont pas deux caméras supplémentaires qui grèveraient le budget.


Comme l’a indiqué le Maire, l’église, habituellement ouverte dans la journée, est désormais fermée le temps de l’enquête et surtout du nettoyage qui s’avère important à cause des extincteurs qui ont été vidés.

Le taux de délinquance devrait pourtant baisser en ces temps de confinement, mais visiblement, rien n’arrête la bêtise humaine.

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Crédits photographiques : Dominique Delache

Derrière chaque production artisanale, il y a un cœur qui bat


La société de consommation, qui nous a inondé de produit fabriqués en très grandes séries, nous a fait oublier que chaque jour, pourtant, des milliers de femmes et d’hommes créent pour nous avec leurs mains, leur âme et leur cœur des choses uniques et magnifiques.

Ces artisans sont tous très fortement impactés par la crise actuelle, et certains d’entre eux auront même beaucoup de mal à relancer leur activité dans les prochains mois. Car l’après crise sera sans doute encore plus difficile que la crise elle-même.

Mais peut-être qu’une prise de conscience va nous conduire vers un « consommer mieux et autrement », en privilégiant le Made in France. En tous les cas, nos artisans seront prêts à représenter comme ils l’ont toujours fait « l’excellence française » que monde entier nous envie.

Pour que vive l’artisanat, changeons dès aujourd’hui nos habitudes et à travers ces quelques vers de Lucienne Desnoues, regardons au-delà du visible :

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Illustration : Sebastian (Sébastien) Stoskopff (Strasbourg, 1597-Idstein, 1657), Corbeille de verres, 1644. Huile sur toile, 52 x 63 cm, Strasbourg, Musée de l'Œuvre Notre-Dame.

Quand les démolitions vont « bon train »


Malgré le confinement, les pelleteuses ne chôment pas en ce moment et les chantiers de démolition du petit patrimoine de nos territoires vont « bon train », c’est le cas de le dire.

C’est en août 1870 que le premier train entrait en gare de Clamecy (Nièvre). La capitale du Haut-Nivernais était ainsi reliée à Auxerre grâce à cette ligne de chemin de fer. Ce témoin du patrimoine ferroviaire, construit en 1888, après 103 ans de bons et loyaux services, avait été désaffecté en 1985 et remplacé par un pont plus large.


Mais il faisait partie du paysage et sa présence était là pour rappeler la grande époque des chemins de fers français. Sous haute surveillance de la SNCF, il était contrôlé tous les six ans. Mais lors du dernier contrôle, il a été jugé trop vétuste et il vient de finir à la benne.

Le chantier a été qualifié de « chantier coup de poing » par une des entreprises de démolition, tant son délai d’exécution fut court. Un des ouvriers présents sur le chantier s’est même ému de la qualité de la construction et du savoir-faire des anciens bâtisseurs tant celui-ci a résisté aux puissantes pelleteuses avant de céder.

Le coût du chantier s’élève à 244.000 euros, financés en grande partie par le Conseil Départemental avec le « soutien » de la SNCF. Sans doute qu’avec cette somme, on aurait pu le restaurer afin qu’il puisse fêter ses 150 ans, mais c’est l’option démolition qui a été choisie.

Donc, l’ouvrage long de 16 mètres de long et de 4 mètres de large, élargi à 8 mètres en 1930, a dit adieu aux puissantes roches nivernaises qui lui servaient d’appui et ses 860 tonnes de pierres ne sont aujourd’hui plus qu’un souvenir.

Une fois encore, ce « petit patrimoine » qui disparaît dans l’indifférence n’aura aucune incidence sur le « glorieux » patrimoine national, mais à force de supprimer ces précieux petits témoins de l’histoire, que restera- t’il de la mémoire de nos provinces ?

Pour en savoir plus.

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Crédits photographiques photo 1 : NGE



Donjon du Château de Coucy : relevons nos pierres pour relever la tête !


Nous avons été contacté par l’association pour la Reconstruction du Donjon de Coucy (ARDOCC), afin de relayer leur combat. Un combat qui dure depuis plus de trente ans, dans l’espoir de remettre debout le donjon d’une des plus grande forteresse d’Europe.

Certes, bien des édifices de l’époque médiévale sont volontairement laissés à l’état de ruines comme témoins historiques, tout en étant bien entretenus, afin d’être transmis aux générations futures. C’est d’ailleurs le cas à Coucy, où de nombreuses manifestations sont organisées dans l’enceinte de l’ancienne forteresse.

Mais le Château de Coucy est un cas à part, car son imposant donjon fut détruit par les Allemands en 1917. Paul Doumer, alors Président de la République, a souhaité que ce puissant édifice, alors mutilé par l’ennemi, reste en l’état comme « témoin de la barbarie du peuple Allemand ».

À l’heure où tous les États œuvrent pour la paix, et qu’il est question de la Grande Europe, ils serait peut-être judicieux de reconstruire ce donjon en signe d’union, avec un regard bienveillant résolument tourné vers l’avenir. Redonner un donjon à Coucy, c’est ériger un symbole fort. Non pas parce qu’il faut oublier, mais qu’il faut savoir orienter l’Histoire vers la réconciliation. C’est la raison pour laquelle Urgences Patrimoine soutiendra ce projet au côté de l’ARDOCC, même si les chances de voir un jour le donjon reconstruit sont infimes.

Merci de signer et de partager la pétition en fin d’article.

Voici le message de l’ARDOCC :

Le Château de Coucy est une des grandes merveilles d’Europe du XIIIème siècle. Plusieurs sites web lui sont consacrés mais aucun n'aborde l'affront fait à l'humanité par le maintien de l'état de ruine. Coucy, forteresse aussi majestueuse que celle de Carcassonne se trouve sur un éperon rocheux dans le département de l’Aisne, au nord de Soissons et à 130 km de Paris. Construit par Enguerrand au Moyen-âge, il était si imposant que son seigneur pouvait défier les puissances qui rivalisaient pour la domination de l'Europe. Sa devise « Roi ne suis, ni prince, ni duc, ni comte aussi : je suis sire de Coucy » témoigne de sa souveraineté dans l'Occident Judéo-Chrétien.


En 1917, le haut commandement allemand (sans ordre explicite du Kaiser) a miné le plus fort Donjon du monde ainsi que les quatre tours d’angle du château et ravagé le village. Il fallait détruire les sites militaires potentiellement dangereux. Peu après la destruction et le retrait de l'Armée impériale, la France par un arrêté subalterne sur demande du Président de la République Paul Doumer, décréta que le Donjon resterait en ruines « pour montrer aux générations futures la barbarie du Peuple Allemand ».

La France a donc laissé le site en l’état et le Donjon est actuellement au XXIème siècle toujours en ruines !


L'association pour la Reconstruction du Donjon de Coucy (ARDOCC) existe depuis 1987 et compte environ 400 membres car elle est associée avec Les Amis de Laon. L’ARDOCC demande à ce que ce tas de pierres soit enfin déblayé en conservant et classant les nombreuses pierres de parement récupérables en vue d'une reconstruction partielle ou totale et ceci afin que ce colossal Donjon martyr, soit mis en valeur et devienne le symbole de la réconciliation franco-allemande, européenne et mondiale, puisque le conflit de 14-18 a engendré deux guerres mondiales. L'ARDOCC vous invite à nous rejoindre car ce n'est que par le nombre que nous parviendrons à convaincre les Institutions Européennes à l'acte fort et symbolique d’une reconstruction. A l’heure actuelle, les sympathisants à la cause de l’ARDOCC ne se comptent plus et sont innombrables dans de nombreux pays du monde.

Signez la pétition ici !


Quelques un de nos soutiens :
 
• Gesellschaft für Internationale Burgenkunde
• Otto de Habsbourg
• Zita, impératrice d'Autriche, mère d'Otto de Habsbourg
• Madame Gorecki-Schönberg
• Mme Fontaine
• M Jean-Marie Bockel
• M Daniel Hoeffel
• La Société des Amis de Laon et du Laonnois
• M Jean Lassalle, député.
• M Nicolas Dupont Aignan, député
• M Xavier Bellamy, député européen
• Barbara Tuchman.
 
Pour en savoir plus, cliquez ici.
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Crédits Photographiques : ARDOCC

Il faut sauver le parc du Château de Ferrières !


En 2012 la famille Rothschild a fait don du château et de son Parc à la commune qui en est désormais propriétaire. Un bail de location a été signé avec un promoteur local qui a officiellement ouvert une école de gastronomie. Prestigieuse école qui est un fleuron incontesté dans le domaine de la gastronomie française. Les élèves de l'école s'exercent ainsi au sein des restaurants du Château (Le Baron) et de son parc (Le Chai) dans le cadre de séminaires ou mariages (salons du château), ainsi que dans un complexe hôtelier situé en entrée de ville (Le Paxton) et dans un petit restaurant situé en face du parc dans les locaux de l'école Ferrière.

D’ailleurs, le château lui-même est disponible à la location pour des mariages ou des séminaires.

Nous avons été alertés cette semaine par l’association« R.E.N.A.R.D (Rassemblement pour l’Etude de la Nature et l’Aménagement de Roissy-en-Brie et son District) , qui se bat pour empêcher la construction d’un complexe hôtelier de luxe, au sein même du parc protégé, juste à l’entrée d’honneur du domaine. Un projet qui dénaturerait fortement l’environnement du château.

Nous n’avons jamais été contre les projets hôteliers ou immobiliers dans les monuments historiques, à partir du moment où ils permettent la sauvegarde d’un édifice en péril.

Nous sommes conscients que le développement économique d’une Région, passe par son offre hôtelière, haut de gamme de préférence, pour attirer une clientèle ayant les moyens de consommer.

Or,ce projet peut très bien être réalisé de l’autre côté du parc, à proximité de l’école et ainsi, ne pas nuire à l’ensemble classé.

Nous sommes extrêmement surpris que la DRAC d’Ile de France, par la voix du Préfet de Région, ait donné son accord pour la construction de cet hôtel, et par la même occasion, autorisé l’abattage des arbres de cette parcelle inscrite.

Nous sommes d’autant plus surpris, que c’est cette même DRAC qui s’est opposée au projet de réhabilitation du Château du duc d’Épernon, rendant son avenir plus qu’incertain.

C’est la raison pour laquelle, nous avons souhaité relayer les inquiétudes de l’association R.E.N.A.R.D, qui sont bien légitimes.

Voici leur communiqué :

Un projet d’hôtel 5 étoiles menace le château de Ferrières-en-Brie
et son parc, classé Monument Historique et Site Naturel Inscrit.

Mi-mars des habitants de Ferrières-en-Brie contactaient l’Association R.E.N.A.R.D, car ils s’inquiétaient des dégâts causés par un abattage important d'arbres plus que centenaires dans le Parc du Château de Ferrières. Nous avons appris que ces travaux précédaient la construction d’un hôtel 5 étoiles dans le parc du château, classé dans l’inventaire national des monuments historiques.

Impossible d’imaginer un projet semblable dans le parc du château de Versailles, de Champs-sur-Marne ou de Vaux le Vicomte !

En plus de supprimer des arbres d'une grande valeur environnementale et paysagère et les abris qu'ils offrent à la faune sauvage, la coupe intervient en pleine période de reproduction et d'élevage des jeunes. Nombreuses sont les espèces sauvages protégées dérangées ou détruites : écureuils, chauve-souris, oiseaux… Sans autorisation.


Le projet d’hôtel est un bâtiment à R+2 étages, qu’il est prévu de construire le long de la rue du Château, à quelques mètres de la grille d'honneur, avec une nouvelle entrée. L'impact paysager de ce projet serait désastreux : ce parc , le seul parc Napoléon III en Europe serait gravement dégradé si la construction aboutissait.



L’affichage obligatoire des travaux n’a pas été réalisé. La mairie prétend ne pas pouvoir donner la copie de l’autorisation. Nous avons, avec l’aide d’un avocat, déposé un référé mesure utile au Tribunal Administratif pour avoir la copie du dossier du projet. Nous venons de déposer au Tribunal Administratif une requête pour annulation de l’autorisation et un référé suspension pour empêcher la poursuite des travaux.

Nous avons besoin de moyens financier. Le site HELLO ASSO vous permet d’y contribuer
ici

Vous trouverez tous les renseignements et documents
sur notre site.

Nous répondons à vos questions : association-renard@orange.fr et 06 45 61 42 27

Philippe ROY Président de l’Association R.E.N.A.R.D. et le conseil d’administration le 22 avril 2020

R.E.N.A.R.D.

Rassemblement pour l’Etude de la Nature et l’Aménagement de Roissy-en-Brie et son District
Association loi 1901 créée le 24 novembre 1978, siège en Mairie 77680 Roissy-en-Brie
Agréée de Jeunesse et d’Education Populaire sous le n° 77 JEP 03 302 R 88
Agréée de protection de l’environnement pour la Région Ile-de-France (article L.141-1 du Code de l’Environnement)
Habilitée à prendre part au débat sur l’environnement pour la Région Ile-de-France dans le cadre d’instances consultatives
(article L.141-3 du Code de l’Environnement)
N° SIRET : 39070756000012

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Crédits photographiques : association R.E.N.A.R.D

Un espoir pour Westhove ?


Suite à la lecture d’un article publié dans le journal
La Voix du Nord, le 11 mars 2020, dans lequel Monsieur Rachid Ben Amor, le Maire de la commune de Blendecques, exprimait clairement son intention de ne pas restaurer le Château de Westhove, Urgences Patrimoine, à travers la « voix » de La Gazette du Patrimoine a souhaité relancer « l’affaire Westhove ».

Il était impossible pour nous de laisser ce château protégé au titre des Monuments Historiques, depuis 2011, finir en gravats.

En accord avec le Président de l’association de sauvegarde locale « L’Élan de Westhove », nous avons une fois de plus dénoncer l’abandon de ce patrimoine emblématique de la commune.

Suite à la publication de notre article, Stéphane Bern nous a contacté et a souhaité apporter son soutien.

Certaines personnes nous ont été hostiles, pensant que l’appui de Stéphane Bern était une fausse annonce, alors qu’elle était tout à fait vraie.

Nous avons également été la cible de commentaires odieux, dénonçant notre activisme patrimonial en ces temps de confinement, alors que les préoccupations sont ailleurs et que les soignants luttent pour nos vies.

Mais n’oublions pas qu’ il y aura « le jour d’après » et que le patrimoine, déjà bien malade, devra encore et toujours se défendre pour ne pas être réduit en poussière sur l’ensemble du territoire.

Alors, si cette période a été propice au Château de Westhove, il ne faut pas nous jeter la pierre mais, au contraire, se réjouir de l’espoir qui renaît.


Après lecture de l’article du journal
L’indépendant du Pas de Calais, (voir le .pdf ici ou lire au format calameo) nous sommes heureux d’apprendre que Monsieur le Maire est prêt à vendre l’édifice si un repreneur se fait connaître. En revanche, nous ignorons totalement le prix de vente. Dans notre précédent article, nous suggérions une vente à l’euro symbolique, car les travaux sont importants. Cela permettrait à la commune de ne pas avoir à supporter les frais de démolition et le château pourrait espérer un avenir. Bien entendu, il faudrait un repreneur sérieux qui respecterait un cahier des charges bien défini afin d’éviter des dérives et la perte définitive de l’édifice.

Cependant, Monsieur Bern est lui plus enclin à soutenir un projet de restauration par la commune, et il est vrai que cette restauration serait le scénario idéal, à condition que tous les acteurs institutionnels se mobilisent. Car bien entendu, la commune ne pourra pas supporter à elle seule la restauration, laquelle, à cause des années d’abandon, risque d’être très coûteuse. En revanche, nous nous étonnons du prix annoncé pour la simple étude de structure, mais également du montant de 5 millions d’euros évoqués par le maire il y a quelques temps, pour justifier sa décision de ne pas faire restaurer le château. Sans étude préalable, personne n’est en mesure de chiffrer le montant des travaux, et même si ceux-ci sont importants, n’oublions pas qu’ils peuvent se faire par tranches sur plusieurs années, l’urgence étant pour le moment, la mise hors d’air et hors d’eau.

Nous remercions Monsieur Bern pour son intervention dans ce dossier et nous espérons que le dialogue qui s’est ouvert avec le maire, fera avancer les choses rapidement pour offrir au Château de Westhove l’avenir qu’il mérite.

Enfin, nous renouvelons notre engagement sans faille auprès de l’Association « L’Élan de Westhove » et en particulier auprès de son président, Monsieur André Bideaux qui espère, depuis des années, voir renaître ce magnifique témoin de l’histoire locale.

Nous ne manquerons pas de vous informer de la suite de ce dossier.

Lire nos précédents articles sur ce sujet 
ici et ici.

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Crédits photographiques : L’indépendant du Pas-de-Calais

Il y a un an disparaissait le presbytère de Bussang



Urgences Patrimoine avait pourtant lutté sans relâche aux côtés du collectif de sauvegarde du presbytère de Bussang, notamment en créant une pétition qui avait mobilisé bon nombre de défenseurs du patrimoine. Le Conservatoire
Muro Dell’Arte avait même proposé d’organiser un chantier bénévole, dans le cadre de l’opération « Un Geste à l’Édifice », afin de restaurer la façade. Ce qui n’aurait rien coûté à la commune, mais aurait apporté un peu de vie à ce bâtiment jusque-là délaissé, comme on peut le voir sur le projet ci-dessous.


Mais malgré les nombreuses solutions suggérées au maire de la commune, celui-ci a précipité la démolition de ce petit édifice qui trônait fièrement depuis le XVIIIe siècle dans ce village des Vosges.

Mais pourquoi avoir voulu à tout prix détruire ce patrimoine emblématique de la commune ?


La version officielle était, comme souvent, le coût trop élevé de restauration. Mais en « off », c’est surtout que l’édifice masquait la vue d’une élue. Élue se disant experte en Histoire et qui trouvait que ce patrimoine n’avait aucun intérêt et qui n’avait qu’une obsession : sa démolition.


Comme quoi, l’avenir du patrimoine tient à peu de chose.

Aujourd’hui, il ne reste rien du presbytère, alors qu’il était question d’en conserver quelques éléments en « souvenir ».

Nous pourrons une fois encore, regretter l’absence de réactivité de la DRAC, qui semblait pourtant avoir un réel intérêt pour ce témoin de l’histoire locale, mais qui n’a pas empêcher cette démolition.


Ce patrimoine n’était certes pas un grand « monument historique », mais il était une « figure locale ». Mais comme un peu partout sur notre territoire, le « petit patrimoine » subit le manque de culture et de bon sens des élus démolisseurs qui souhaitent rayer de la carte tous les témoins du passé de leur commune, au nom d’une pseudo modernité au rabais, et qui s’enorgueillissent de laisser comme uniques traces, des parkings ou des salles des fêtes sans âme et sans avenir.


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Crédits photographiques :
Photos 1-4-5 :
Vosges Matin
Photo 3 : Sabine de Freitas
Photos 2-6 : Vincent Descombis

Alençon : « Mensonges et trahisons » : nouvel épisode de votre saga du printemps


Cela pourrait-être le nom d’une saga à l’eau de rose, mais il s’agit plutôt d’un triste épisode du quotidien de bien des édifices menacés de démolition sur l’ensemble du territoire. Cependant, les principaux épisodes se déroulent actuellement à Alençon, dans le département de l’Orne, où le confinement n’a pas l’air d’être un problème pour la municipalité qui profite du « calme » pour déclencher la tempête chez les défenseurs du patrimoine.

Après avoir fait grand bruit, le collectif « les Amis du Vieil Alençon », conduit vaillamment par Jean-David Desforges, s’était vu rassuré par le Maire qui, lors d’un « live » Facebook, avait juré ses grands dieux que les maisons à pans de bois, menacées de démolition, allaient pour le moment être consolidées pour des raisons évidentes de sécurité publique et, qu’en aucun cas, il n’était question de les démolir.

Dans un article du journal
Ouest France, le 16 avril, les propos du maire avaient étés étayés par l’adjoint à l’urbanisme.

En voici le contenu :

"Alençon. Un sursis pour les maisons du Moyen Âge

Début avril 2020, l’association du Vieil Alençon s’est émue de l’éventuelle démolition de plusieurs maisons médiévales, en déshérence depuis longtemps, rue du Château. Il n’en est rien, rassure la municipalité, précisant que de travaux de sécurisation des lieux débuteront lundi 20 avril.

Que se passe-t-il rue du Château ?

Plusieurs maisons situées aux n° 11 et 15 sont en déshérence depuis une vingtaine d’années. Cet abandon est le résultat d’une succession qui n’est jamais allée à son terme. « Ce sont des maisons médiévales, construites sur de petites parcelles caractéristiques du tissu urbain de cette période », indique l’archéologue Jean-Denis Desforges sur son blog « Les amis du vieil Alençon ».

Le 22 janvier 2020, « après des demandes de riverains inquiets du risque d’effondrement », indique Pierre-Marie Lecire, adjoint au maire en charge de l’urbanisme, la ville a fait apposer sur la façade de l’immeuble un arrêté de péril imminent, à l’égard des propriétaires. L’arrêté précise que le maire peut ainsi prescrire « la réparation ou la démolition » de l’édifice compte tenu de son état.

D’où la saisine du tribunal administratif de Caen afin qu’un expert puisse proposer « des mesures de nature à mettre fin à l’imminence du péril ». Pourquoi une pétition en ligne ?

Outre la presse locale, Jean-David Desforges a alerté les sites spécialisés La Tribune de l’art et La Gazette du patrimoine. Et, parallèlement, il a lancé une pétition en ligne qui, du 7 au 15 avril, a recueilli plus de 1 100 signatures et près de 300 commentaires, où il explique que ces maisons à pans de bois « ont une place, une histoire, un rôle à jouer dans notre environnement. Donc ne les démolissons pas ! » Certains s’inquiétaient d’un début de chantier mardi 14 avril, date d’interdiction de circulation dans cette rue.

« Mais il n’a jamais été question de démolition ! » rétorque Pierre-Marie expliquant que la Ville
« travaille en étroite coopération » avec l’Architecte des bâtiments de France (ABF). Fin mars début avril, la collectivité a ainsi mené de nouvelles investigations (constat en nacelle) et des visites des immeubles avoisinants.

Ces études ont montré une complexité forte : bâtiments imbriqués avec dégradations menaçant l’ensemble des immeubles mitoyens en état d’abandon. « L’ABF préconise un renforcement de la structure, pas sa démolition » insiste l’adjoint à l’urbanisme.

Que va-t-il se passer ?

En attendant une solution globale de rénovation des immeubles abandonnés, qui sera élaborée avec tous les partenaires et propriétaires concernés, la Ville va sécuriser les lieux en installant une couverture provisoire en bac acier remplaçant celle sur les avancées du 13-15, côté rue, et en obturant les fenêtres pour conforter la structure.

Ce chantier de 30 000 € (payé par la Ville) sera effectué par l’entreprise de charpente Linea Bois, basée à Écouves, à partir du lundi 20 avril. D’où une déviation mise en place par la rue Bonette.

Dès le mois de mai, la Ville engagera la réflexion sur le devenir de cet îlot « qui n’est pour l’heure concerné par aucune démolition », conclut Pierre-Marie Lecire."


Comme les nouvelles se voulaient rassurantes, nous n’avions pas jugé bon de poursuivre notre communication concernant Alençon, mais hélas l’arrêté affiché sur un des immeubles nous oblige à nous engager à nouveau auprès du collectif des « Amis du Vieil Alençon » car, tout comme eux, nous savons lire et il est clairement affiché sur cet arrêté qu’il s’agit bien d’une démolition et en aucun cas d’une simple consolidation.


La DRAC aurait pu être précieuse dans ce combat en interdisant de démolir ces témoins du passé du Moyen Âge de la ville, mais l’Architecte des Bâtiments de France ne semble pas s’émouvoir de la disparition de ces maisons à pans de bois, au prétexte qu’elles n’ont pas entièrement conservé leur état d’origine. Nous osons demander s’il existe aujourdhui beaucoup de maisons de cette époque, qui sont arrivées jusqu’à nous sans aucune modification. Soyons sérieux. L'argumentaire est pour le moins spécieux.


La Tribune de l’Art a interrogé la DRAC sur cet épineux sujet et, visiblement, aucune demande n’a été faite auprès de leurs services concernant la démolition. Lire l’article ici.
`
Cela fait donc 5 ans que l'on suit le dossier, mais aucune directive n’a été prise en faveur de ces maisons à pans de bois.

Nous nous interrogeons alors quant au rôle de cette administration s’agissant de la protection des édifices dans des secteurs protégés.

Mais peut-être D.R.A.C ne signifie plus : Direction Générale des Affaires Culturelles, mais  « 
Démolitions Régionales Administrativement Concertées ? »

Bien entendu, cette semaine risque d’être celle de la fin de cette « saga » et les pelleteuses y joueront sans doute le premier rôle.

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Crédits photographiques : « Les Amis du Vieil Alençon »




Démolitions à Alençon : « on n’est pas sorti de l’Auberge »


Alors que « l’affaire » des maisons à pans de bois continue à faire grand bruit et bien au-delà du département de l’Orne, il est un édifice pour lequel on ne peut plus rien faire, puisqu’il a été démoli la semaine dernière (lire notre précédent article
ici).

Pourquoi ? nous l’ignorons toujours. Ce que nous ignorons également, c’est la légitimité de cette démolition car un véritable « flou artistique » enveloppe les procédures. L’Association des Amis du Vieil Alençon nous aide à « déchiffrer » ou plutôt à « défricher » cette jungle de points d’interrogation :

Cette période de confinement est compliquée pour les Français. Certains continuent pourtant de travailler, notamment dans les entreprises de terrassement qui ont obtenu des marchés de démolition, comme celui de « l’Auberge », rue de la Fuie des Vignes à Alençon.

Cette maison a été détruite dans la semaine du 6 au 12 avril 2020 à la suite d’une procédure sur laquelle nous souhaitons revenir. C’est utile, car l’adjoint au maire d’Alençon, en charge de la Culture, M. Artois, a invoqué en justification de cette démolition des délibérations du conseil municipal. Il se réfère notamment à un vote à l’unanimité pour la démolition au n° 12 de la rue de la Fuie des Vignes, d’un cabanon.



Problème : l’Auberge, se situe au n° 62 de la rue de la Fuie des Vignes.


Le dossier du n° 12 est présenté à la place de celui du n° 62.

Nous trouvons le vote pour l’achat du n° 12, Section BR, parcelle 462-463, lors du conseil du 15 octobre 2018, page 32 des délibérations 1. Dans le cadre de la création de cheminements paysagers le long de la Sarthe, la Ville achète cette propriété auprès de la Communauté Urbaine (préemption) pour 69 450 €. Cette propriété a déjà été l’objet d’une délibération dans le cadre des berges de la Sarthe en 2011.

Les démarches se poursuivent le 25 mars 2019 en ce qui concerne toujours le n° 12, avec un échange de fonds avec la Communauté Urbaine et des interventions de géomètres, pages 35 et 36 3. Cette propriété figure dans la récapitulation du conseil municipal du 20 mai 2019.

Mais
aucune mention dans les délibérations quant à une démolition de la maison au n° 62 rue de la Fuie des Vignes, Section BC, parcelle 7. En tout cas, rien d’aussi clair que pour le n° 12, alors qu’il ne s’agit que d’intervenir sur un cabanon.

Peut-être faut-il comprendre que la maison au n° 62 a été proposée à la démolition dans l’une des lignes présentées au budget en décembre 2019 ? On peut y lire : Diagnostic amiante - démolitions logements Fuie des Vignes : 73 710 €. Mais comment en être certain puisque l’adresse n’est pas mentionnée, pas plus que les références cadastrales ? Soulignons que ce budget n’a pas été adopté à l’unanimité.



Avec les documents actuellement mis à la disposition des citoyens sur le site internet de la Ville d’Alençon, il est très difficile de faire la lumière sur cette affaire. C’est exactement la même configuration dans le dossier des maisons de la rue du Château où les arrêtés qui fixent les décisions contredisent les propos de certains élus.

Il est trop tard pour l’Auberge, mais concernant les maisons à pans de bois, la
pétition est toujours à la disposition de tous ceux qui souhaitent dire stop à cette mutilation du patrimoine Normand.


Délibérations à consulter  :
Conseil municipal du 15 octobre 2018 ici.
Conseil municipal du
25 mars 2019 ici.

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Crédits photographiques : Les Amis du Vieil Alençon

Vendredi 10 avril 2020 : le jour où Alençon rime avec démolition


Nous avions évoqué cette bien jolie maison et son avenir incertain dans
un de nos précédents articles, au mois de février.




Profitant de la période de confinement, qui nous éloigne tous des préoccupations patrimoniales, M. Emmanuel Darcissac, le maire d’Alençon, a fait procéder ce jour à la démolition de l’édifice, sans doute pour que celle-ci passe inaperçue.



Soyons clairs. Alors que l’on nous ordonne de rester confiné pour des besoins de santé publique, nous ne pensions pas qu’une démolition était un acte prioritaire. D’autant que la maison n’était pas une menace pour la sécurité des biens et des personnes et que, s’agissant des personnes justement, elles sont chez elles, donc aucune urgence particulière, à part sans doute pour Monsieur le Maire. Car c’est bien l’incompréhension qui règne aujourd’hui chez tous les défenseurs du patrimoine de la commune.


Incompréhension doublée d’une profonde inquiétude concernant les maisons à pans de bois frappées d’un arrêté de péril et qui risquent de subir le même sort dans les jours à venir. Lire notre article du 08/04/20.

La prolongation de la durée du confinement va sans conteste être une aubaine pour les élus de la commune, qui vont pouvoir sans doute se délecter du réjouissant spectacle des pierres chargées d’histoire broyées comme de vulgaires parpaings.


Cela nous amène à nous inquiéter d'un autre dossier. Celui du presbytère de Mamers, puisque M. Darcissac, membre du conseil de surveillance du Centre hospitalier Intercommunal Alençon Mamers, lors d’un échange téléphonique avec Urgences Patrimoine, nous avait assuré de son intérêt pour ce dossier. Quand on voit, aujourd’hui, le sort réservé au patrimoine d’Alençon, on ne peut qu’être inquiet. (Lire l’article ici )

Si aujourd’hui nous ne pouvons plus rien faire pour la maison démolie, nous devons absolument nous mobiliser pour les maisons à pans de bois menacées du même sort, à travers, entre autres, la pétition mise en ligne par Les Amis du Vieil Alençon.

Pour signer cliquez ici.

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Crédits photographiques: La Gazette du Patrimoine

Après les ravages des flammes, les ravages du temps


C’est en janvier 2017 qu’un incendie a fortement endommagé le château de Divonne-les-Bains. La toiture et les deux derniers étages ont été totalement détruits. L’eau des lances à incendie a également causé d’importants dégâts, notamment au niveau des tissus et des boiseries. Heureusement l’incendie n’a fait aucune victime.


Ce château, propriété de la famille La Forest-Divonne depuis plusieurs siècles, était exploité par une société spécialisée dans l’hôtellerie haut de gamme qui était locataire de l’édifice. Juste après l’incendie, tout le monde espérait une renaissance rapide de ce fleuron culturel, économique et touristique de la ville. En effet, l’incendie étant d’origine accidentelle, les assurances allaient couvrir le montant des travaux.

Or, rien ne s’est passé comme prévu. Les importants projets de réhabilitation, notamment celui d’hôtel cinq étoiles, n’ont pas vu le jour. La société qui exploitait l’hôtel a été contrainte de renoncer à une reprise de son activité après les travaux (s’ils avaient été effectués), puisque son bail n’a pas été renouvelé. La commune, ayant la propriété de l’exploitation de l’édifice suite à un legs, est dans l’attente d’un accord avec les propriétaires, mais ceux-ci restent injoignables, malgré les nombreuses démarches entreprises.


Le château n’étant plus hors d’eau, il se dégrade chaque jour un peu plus et son avenir est bien incertain. Il y a fort à penser que certains détails nous échappent, et que la situation est bloquée à cause de conflits internes, créant des tensions entre tous les partis concernés.


Nous n’avons plus qu’à espérer que les propriétaires historiques de ce joyau du patrimoine de la ville auront rapidement à cœur de le « soigner » et de le faire revivre.

Historique du château ici.

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Crédits photographiques :
Photo 1: Sigfredo Haro
Photo 2:
Le Journal de l’Ain
Photo 3 et 4:
Le Dauphiné Libéré

Alençon : adieu maisons à pans de bois

Il ne s’agit ni de châteaux spectaculaires, ni d’églises remarquables, juste de « modestes » maisons à pans de bois, comme il en existait beaucoup, mais comme il en existe de moins en moins. La défiguration des centres anciens est très à la mode. On se réfugie derrière une vétusté ignorée pendant des années et sans crier gare, à grands coups « d’état de péril », on démolit sans la moindre compassion et sans le moindre état d’âme ces petits témoins de l’histoire locale et, souvent, sans le moindre projet derrière, laissant un trou béant en lieu et place, comme pour gommer la trace d’un passé pourtant glorifié à quelques pas de là.

La ville d’Alençon montre le mauvais exemple en projetant de façon imminente la destruction de plusieurs de ses maisons « historiques », alors qu’à quelques mètres de là, une maison identique est protégée au titre des Monuments Historiques. Entre incohérences et précipitation, voici le constat que dresse Jean-David Desforges, historien du patrimoine :

Au cœur de la ville d’Alençon, quelques terrains vagues coexistent au-côté de maisons en déshérence, comme rue du Château et rue Bonette. En janvier 2020, M. Darcissac, maire d’Alençon, a signé un arrêté de péril imminent pour un ensemble de bâtiments. On pourrait souscrire à l’idée qu’il y ait danger si… si cela ne faisait pas 12 ans que personne ne se préoccupe de ces maisons vides. Les propriétaires sont des octogénaires, le principal vivant à Nantes. A Noël, des squatters ont fait voler en éclats les vieilles vitres. Des tessons de verre jonchent le trottoir. Un premier expert a conclu à des chutes de matériaux, justifiant la sécurisation par la destruction. Un deuxième a vu un trou dans le toit. Le troisième a entériné l’avis des deux autres. C’est implacable sur le plan administratif.


Rue du Château à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020).

Le quartier où se situent ces bâtiments a déjà été bien malmené dans les années 1960-1970. Un mouvement de citoyens avait fini par avoir gain de cause sur le massacre urbain. Cinquante ans après, on recommence.

Ces maisons à pans de bois sont édifiées sur de petites parcelles caractéristiques du tissu urbain médiéval intra-muros. Les éléments que j’ai pu observer en façade pour l’une d’elle sont assez comparables à ceux de la maison des Sept Colonnes, en face d’elle dans la rue, inscrite ISMH, et en cours de restauration. Cette maison de la fin du XIVe siècle est un dossier privé qui intéresse beaucoup la ville, du fait de son état et de sa forte valeur symbolique pour l’histoire locale. Ce n’est pas le cas pour ses voisines, en revanche.


La maison des Sept Colonnes, angle de la rue du Château et de la Grande rue à Alençon (J.-D. Desforges, janvier 2020).

Si les pièces de bois de ces maisons sont taillées et marquées comme celles de leur prestigieuse voisine, elles sont cependant en position secondaire. En effet, les façades sur rue ont été frappées d’alignement vers 1760. Nous sommes donc en présence de maisons de la fin du Moyen Âge, partiellement remaniées au XVIIIe siècle. Cela enlève-t-il de l’intérêt à ces constructions ? Non, aucun, du fait qu’Alençon ne possède presque plus de maisons à pan de bois. Elles sont devenues rares. Si l’on regarde les maisons médiévales à façade pans de bois remontées au XVIIIe siècle, nous en faisons vite le tour.

Les n° 9 et 11, rue du Château à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020).

Le n° 13, rue du Château à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020).


Carte de répartition de l’architecture à pans de bois à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020).

Ainsi, Grande rue, près de Notre-Dame, le remplissage est en briques. On voit bien une poutre maîtresse sciée apparaître en façade : c'est un indice de transformation entre 1755 et 1770. Les encorbellements ont disparu au profit d’une façade plane, alignée avec ses voisines.


Le n° 57, Grande rue à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020).

Un peu plus loin Grande rue, nous avons une construction contemporaine de la maison des Sept Colonnes. Des éléments en bois conservés à l'intérieur jusqu'à il y a peu, vont d'ailleurs servir de modèles pour reconstituer ce qui y a disparu : les fenêtres à croisées. Là aussi, la façade est remontée avec des pièces de bois médiévales.


Le n° 79, Grande rue à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020).

Toujours Grande rue, regardons à présent ce Monument Historique, qui ferme la Cour Cochon, daté du milieu du XVe siècle. L'étage a été remanié vers 1755-70. La structure est un mélange de pièces en place et d'assemblages du XVIIIe siècle.


Le n° 137, Grande rue à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020).

Mais comment argumenter que ce sont des maisons transformées à la même période ? Avec cet assemblage formant le panneau sous les fenêtres, qui se retrouve dans trois des exemples connus, rue du Château puis Grande rue, est-il nécessaire d'en écrire davantage ? Mêmes charpentiers, même époque, même problématique.

Pour la maison couverte d'un enduit rue du Château, et dont on devine les pans de bois, regardons les baies, avec un linteau un peu cintré. Là aussi, nous sommes dans les années 1755-1770. Ce serait dommage de découvrir un pan de bois intéressant le jour de la destruction, n'est-ce pas ?


A gauche, le 157, Grande rue (MH) et à droite, le 13, rue du Château (J.-D. Desforges, mars 2020).

Sur l’arrière, en second rideau, une grande bâtisse des années 1770-1780 se dresse encore. Nous n’avons pas eu confirmation du fait qu’elle serait aussi touchée par l’arrêté de péril imminent. Alors que faire ? Puisque des fonds publics sont engagés pour ces maisons, pourquoi ne pas les sécuriser ? Un architecte y verrait-il un chantier insurmontable ? Pourquoi détruire et créer une friche pour les 50 ans qui viennent alors que la maison des Sept Colonnes en face, va retrouver son lustre ? Nous sommes face à une stratégie urbaine déséquilibrée dans la même rue, en face à face. Une maison est restaurée, deux autres sont détruites. La maison visée par toutes les attentions va se retrouver dans une semaine face à un terrain vague, un véritable « coin à pisse » et décharge sauvage comme on en voit d’autres à moins de 100 m, perdurant depuis des décennies.

Ces maisons ont une place, une histoire, un rôle à jouer dans notre environnement. Donc non, ne les démolissons pas.

Bien que les jours soient comptés avant le début du chantier de démolition, une pétition a été lancée par « Les amis du vieil Alençon », afin d’interpeler les services de la culture et bien entendu, la municipalité.

Merci de
signer et de partager le plus possible ici.

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Un collectif dit non à la démolition de « La Chapelle » et lance une pétition.


Nous l’avions déjà évoqué dans une publication le 3 février dernier et nous avions fait part de nos inquiétudes quant à la menace de démolition pesant sur cette maison art déco surnommée « La Chapelle » par les habitants du quartier, même si elle n’a jamais eu une quelconque fonction religieuse.

Il s'agit d'un bâtiment situé dans le quartier de la rue des Soupirants et de la rue Edgard Quinet. Il fut érigé dans les années 1930 sous la direction de l’architecte Roger Poyé. Cet architecte est l’auteur de plusieurs édifices de la ville, protégés au titre des monuments historiques (Bourse du Travail [photo ci-dessous], Maternité, école du P'tit Quinquin).


Si certains internautes avaient jugé cet édifice « sans intérêt », pour d’autres, et notamment pour bon nombre de Calaisiens, ce patrimoine qui est un peu le leur ne doit en aucun cas être livré aux engins de démolition. Jugé en « mauvais état » par la commune qui ne veut engager aucun frais, l’édifice devrait pourtant être démoli.

Mais un collectif a lancé une pétition afin de dénoncer la disparition prochaine de cette maison, et entend bien obtenir sa sauvegarde. À l’origine de cette initiative, deux enseignantes pour qui le devoir de mémoire passe par le respect du patrimoine bâti. L’édifice n’est pas grand et son état ne semble pas être aussi calamiteux que le prétend la ville. Ville qui rappelons- le, s’est vu décerner le label « Ville d’art et d’Histoire » très récemment.

Peut-on prétendre à ce label quand on veut démolir certains éléments architecturaux emblématiques de la ville ? C’est une grande question et pourtant, il semblerait que oui.

Hasard du calendrier, la Région Hauts-de-France lançait le 3 avril sa nouvelle édition du « Printemps de l’Art Déco ». 12 communes y participent (virtuellement pour des raisons de confinement), mais Calais manque à l’appel.

Aidons le collectif en signant
la pétition ici.

Lire notre article du 3 février 2020 sur le même sujet.

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Crédits photographiques : La Voix du Nord

Béziers : 4 maisons menacées de démolition pour permettre l’accès à une nouvelle résidence


Depuis plusieurs années, la ville de Béziers a engagé une politique de restauration de son habitat ancien afin de rendre son cœur de ville attractif, en favorisant la réoccupation de logements vacants. Le conseil municipal de la ville de Béziers a notamment approuvé en 2008 les objectifs poursuivis par la convention pluriannuelle du Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés (P.N.R.Q.A.D) : rénover le bâti existant, améliorer la qualité de vie, renforcer l’attractivité commerciale, restaurer la confiance et le bien-être, etc.

C’est dans ce contexte, que l’Association pour la Protection du Patrimoine Biterrois (APPB), fondée en septembre dernier, a, parmi ses objectifs, la volonté profonde de s’assurer de la qualité des futurs aménagements qui seront engagés pour le bien-être des biterrois et de leur patrimoine architectural (privé ou public) et historique.

Le projet qui nous occupe, est situé dans le Site Patrimonial Remarquable de la ville de Béziers (235 hectares). En janvier 2019, le journal municipal de la ville de Béziers met en avant une première esquisse d’une future résidence dans le quartier Saint-Jacques : 59 logements contemporains dessinés par un architecte de renom, le montpelliérain François Fontès.


Sur le fond, il est difficile de s’opposer au projet. Le quartier a besoin d’être redynamisé et cette construction vient s’implanter sur un ancien îlot vétuste détruit en 2015, il faut donc requalifier cet espace. Le bât blesse en ce qui concerne l’accès à ces futurs appartements. Il est prévu de faire monter les voitures par la rue de la Tible, une rue étroite, en pente et peu adaptée à la circulation. Pour faciliter l’accès aux futurs propriétaires, 4 maisons vont alors être détruites ! A l’origine, une seule maison était concernée. Ces démolitions sont prévues dans les semaines qui viennent alors qu’aucun permis de construire n’a encore été déposé pour l’immeuble en question.

Pourtant d’autres possibilités existent, que ce soit par la rue des Capucins ou le boulevard Jean Macé. Pour la mairie, cette perspective n’est pas réalisable. Effectivement, cela ne l’est pas si le projet reste tel quel… mais on préconise seulement de repenser l’accès aux parkings.
Ce quartier a déjà subi moult dégradations du même type par le passé, encore récemment, avec des résultats peu probants, il faut l’avouer (voir photo ci-dessous).


Il est fondamental que les projets immobiliers, quels qu’ils soient, s’adaptent à leur environnement urbain, architectural et historique, et non l’inverse. Dans le cas présent, on ne respecte pas ce « principe ». Qui plus est, l’avis des habitants du quartier n’a jamais été pris en compte alors que ceux-ci sont les premiers concernés.

Aujourd’hui, cette tribune offerte par La Gazette du Patrimoine, permet de témoigner de cette situation qui n’est pas isolée à Béziers et en France. Au nom de la qualité de vie et de la modernisation nécessaire, on justifie bien trop régulièrement la destruction. Cela témoigne de l’absence d’une véritable politique à l’échelle des quartiers. Ces derniers doivent être délimités, puis requalifiés dans leur ensemble, pour conserver une unité et une authenticité. Il est également fondamental de faire émerger une vision partagée pour le bon devenir d’un territoire.

En 2020, au sein de son Site Patrimonial Remarquable, à moins de 500m de deux Monuments Historiques que sont la cathédrale Saint-Nazaire et Saint-Celse et l’église Saint-Jacques, aux abords de la Via Domitia, il est aberrant de voir la ville prendre une telle décision. Un équilibre architectural et pittoresque de cet ancien quartier risque d’être rompu pour faciliter la circulation automobile d’une « nouvelle population » qui ne vit pas actuellement dans cet endroit et de fait n’y est pas attachée. Comme mis en avant dans le journal de la ville, « ce qui se fait de mieux » — la « modernité » et « un architecte de renom » — ne doit pas devenir un argument pour se débarrasser d’un patrimoine laissé à l’abandon depuis des décennies. Il est à noter que des maisons similaires non loin de là ont été préservées et restaurées. Il faut donc assumer l’héritage des précédentes municipalités et relancer une réelle politique d’aménagement urbain pour le bien de la population et non pour des intérêts privés.

Hadrien Ginouvez
Président de l’Association pour la Protection du Patrimoine Biterrois (APPB)

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Crédits photographiques : APPB

Gratuit mais pas fortuit 


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Nous sommes conscients qu’avec une économie ralentie, nous peinerons à trouver des soutiens dans les semaines à venir. Oui, la chose est entendue, nous ne sommes pas « un modèle économique ». C’est un fait : mais nous aspirons avant tout, et depuis le début, à devenir « un modèle civique et éthique ». Notre gratuité ne correspond pas à un « moment » aussi soudain qu’opportuniste, mais à un enthousiasme forcené et à notre envie de « répandre la bonne parole » en faveur de la cause que nous défendons.

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« Comment informer sur le patrimoine en étant confiné ? » RCF donne la réponse


Cette question était le sujet d’une émission sur RCF, où un grand reporter du
Pèlerin Magazine était interviewé dans le cadre de la rubrique « Patrimoine » de l’émission « La Matinale ». C’est par hasard que nous avons découvert cet article et l’interview de Philippe Royer-Gaspard.

Voilà ses « tuyaux » pour rester informé :

« D’autres nouvelles m’arrivent aussi par La Gazette du patrimoine, un journal numérique mensuel tout jeune, né en janvier dernier, et qui en est à son troisième numéro. Ce journal a été fondé par une véritable passionaria de la sauvegarde du patrimoine, Alexandra Sobczak, créatrice de l’association Urgences Patrimoine. C’est une affective, elle a son franc parler et ferraille tout azimut, ce qui ne lui vaut pas que des amis dans le petit monde du patrimoine. Dans l’éditorial de la dernière édition de sa Gazette, elle raconte qu’elle reçoit depuis la mi-mars des tombereaux de mails plus ou moins agréables, pour lui reprocher de s’occuper des pierres et pas des hommes, en ces temps d’épidémie. D’aucuns s’insurgent même que de l’argent puisse encore aller à la sauvegarde de monuments plutôt qu’aux hôpitaux. La seule chose que nous pouvons faire pour aider ceux qui se battent 24 heures sur 24 pour sauver des vies, c’est de rester chez nous, répond-elle en substance. Mais rester chez nous ne signifie pas rester inactif. Nous avons fait le choix de continuer à faire ce que nous savons faire : donner un avenir à des édifices qui seront source de travail pour des artisans qui sont aujourd’hui confinés chez eux, souvent sans ressources, et qui seront heureux de se remettre à l’œuvre dès que cela sera rendu possible. »

Voilà qui résume bien les choses.

En lisant l’intégralité de cet article Philippe Royer-Gaspard fait également allusion à Louis-Guillaume Piéchaud, orfèvre liturgique, que nous vous avons présenté dans notre
Gazette du mois de mars. (lire notre article : http://lagazettedupatrimoine.fr/page-55/)

C’est un honneur pour nous d’être cités comme référence par de grands professionnels et c’est surtout un bel encouragement en ces temps troublés, où le patrimoine peine à trouver encore une place.

Alors merci à Philippe Royer-Gaspard et merci à RCF.

Lire l’article et écouter l’interview de
RCF

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Illustration : Edwaert Collier (Dutch, Breda ca. 1640?–after 1707 London or Leiden), Vanitas Still Life, 1662. Oil on wood, 37 x 44 1/8 in. (94 x 112.1 cm). Purchase, 1871, 71.19 © 2000–2017 The Metropolitan Museum of Art.


Une partie des collections du Louvre bientôt transférée au Mucem


La direction du Musée du Louvre organise déjà « l’après » confinement et souhaite voir diminuer sensiblement le nombre de visiteurs. C’est pour cette raison qu’une partie des œuvres majeures du plus célèbre musée du monde va être transférée au Mucem, à Marseille.

La
Joconde, notamment, mais également la célèbre Liberté guidant le peuple ou la Victoire de Samothrace prendront, dès le 15 mai, leurs « quartiers d’été » dans la Cité Phocéenne, pour une durée indéterminée. Ce transfert a également pour but de désengorger la capitale et d’amener les touristes à se rendre beaucoup plus en province.


Sur le modèle du Louvre, d’autres musées parisiens devraient suivre prochainement cet exemple, comme le Petit Palais, qui est en train d’organiser le transfert de ses œuvres impressionnistes au Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Les touristes amateurs d’œuvres d’art se voient offrir là une belle « excuse » pour visiter notre belle France des territoires, et redonner un peu de souffle à son économie.

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Crédits photographiques :
Photo 1 :
La Gazette du Patrimoine
Photo 2 : Mucem-St Jean Lamy