Non à la vente de Clairvaux! L'abbaye de Clairvaux doit rester propriété des Français

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Après « l’affaire Grignon », voici un nouveau combat pour les défenseurs du patrimoine qui souhaitent que l’État revoie sa copie et ne cède pas un joyau du patrimoine national. Nous sommes les premiers à souhaiter voir renaître et vivre notre patrimoine remarquable, mais avant de le céder, a-t-on au moins réfléchi à un projet plus « populaire » et moins irréversible qu’un projet hôtelier de luxe.

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Certes, s’il n’existe pas d’autre solution, il faudra s’y résoudre, mais la « grande braderie » du patrimoine national commence à devenir inquiétante. Nous relayons donc ici un premier communiqué du collectif « Préservons la Vallée de Clairvaux » qui s’oppose farouchement au projet de cession.
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Tous les membres de « Préservons la Vallée de Clairvaux » et moi même, Patrick Lorne, remercions chaleureusement La Gazette du Patrimoine de nous offrir ses pages afin d'y exprimer notre lutte pour la conservation de l'Abbaye de Clairvaux dans le giron de la Caisse des Monuments Historiques. 

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L'Abbaye de Clairvaux, créée par Bernard de Cîteaux en 1115, plantée entre Champagne et Bourgogne, l'un des berceaux de la civilisation occidentale, est sur le point d'être mise en vente par l'Etat !

Cette toute première Abbaye de l'Ordre Cistercien avec ses 80 « abbayes-filles » et 343 « petites-filles » réparties dans toute l'Europe, devenue forteresse carcérale ces 200 dernières années, ne peut devenir l'Hôtellerie de Luxe présumée où le commun des français n'aura plus le droit de cité !

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La tentative de vente avortée en 2020 au travers de la Boite à Idées « Clairvaux 2022 » se transforme en solution tout aussi problématique ; une concession ad vitam aeternam dans le genre de la privatisation des autoroutes Paris-Rhin-Rhône par Chirac-Villepin au profit de Vinci-Eiffage.

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Un projet mené par les citoyens de la Vallée de Clairvaux à destination d'un public le plus large aurait pourtant toute chance de réussite au travers d'une solution administrative à élaborer entre toutes les parties concernées par le devenir de ce site. Sans en oublier aucune !

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Vers 1120, Bernard avait acheté le vieux moulin délabré de Ville-sous-la-Ferté situé à 1 km de l'Abbaye. Il le fit restaurer et y fit moudre de la farine. On distribua du pain aux pauvres. Aujourd'hui, il ne s'agit plus de pain mais de Culture nourricière, de Patrimoine, de pérennisation d'un bien appartenant à tous et dont le destin n'est pas et ne doit pas devenir propriété privée recluse et dorée pour fortunes en vue. 900 ans plus tard, le même moulin, encore fier excepté quelques restaurations d'usage à entreprendre, est lui aussi condamné à la braderie programmée.

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Pour ce faire, l'Etat se retranche derrière un concept faisant largement débat : la continuité écologique ! Les quotas d'effacement des barrages, vannages et retenues d'eau décidés par l'Etat au travers de ses services sont une catastrophe écologique à venir pour toutes nos régions et pour les habitants y résidant.

Si les rivières sont livrées sans contrôle aux sécheresses d'été de plus en plus sévères et aux hivers de plus en plus humides, c'est l'assurance de mise à mal irrémédiable de tous les écosystèmes aquatiques en place depuis toujours.

Rompre les retenues d'eau assurant l'humidité des plaines alluvionnaires et la recharge des nappes phréatiques, c'est programmer toutes les conditions de leur mort lente assurée.

Plutôt que prendre de tels risques, ne pourrait-on pas réfléchir plus sereinement à des solutions alternatives tout à fait envisageables.

Sur les 100.000 moulins répartis sur l'ensemble de notre territoire au 18ème siècle, il en restait qu'approximativement 40.000 en 1850.

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Les centrales nucléaires données comme solution quasi univoque en terme de production d'énergie — dossier dans lequel où l'on oublie allègrement BURE et les 300.000 ans d'enfouissement de déchets toxiques — poussent au fossé les 20.000 moulins existant encore en France à l'heure actuelle. Celui de Ville-sous-la-Ferté, attaché à Clairvaux, produirait 150 KW en constant si on y installait une simple centrale hydro-électrique. Deux autres points de production de même type pourraient tout à fait être joints au premier sur l'entier domaine de Clairvaux. Soit 450 KW d'énergie verte, inépuisable et gratuite après investissement rentabilisé à 6 ans. Imaginez 40.000 postes de production sur tout le territoire ! Nous aurions ainsi compensation d'une partie de la production d'énergie nucléaire. Bien sur, pas la totalité ! Mais n'est-ce pas avec les petits ruisseaux que l'on fait les grandes rivières !

Au delà de ces considérations majeures, le site de Clairvaux et son domaine fermé de 3 km de murs d'enceinte mérite de rentrer propriété de tous et dans le giron de la Caisse des Monuments Historiques ; Caisse trop peu présente dans la région Grand-Est - Château de la Motte-Tilly dans l’Aube et Palais du Tau à Reims. Mais, sans doute, la peuple se doit de rester à sa place et regarder passer les carrosses !Et bien non ! Nous ne laisserons pas vendre Clairvaux !

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Une lettre ouverte a d’ores et déjà été adressée à Madame la Ministre de la Culture :

Madame la Ministre,

« L’abbaye de Clairvaux, fondée par Saint Bernard, devenue une prison célèbre, est en détresse… C’est dans cette France, abandonnée de la capitale » (Daniel Rondeau, Arrière-pays [Grasset] 2021) que se joue le drame que vous pouvez éviter, Madame !

Nous venons implorer votre aide pour transformer Clairvaux en une réalisation capable de ressusciter un territoire moribond, d’en faire un nouveau phare éclairant le paysage culturel patrimonial français et de redonner l’espoir à tout un peuple

Ce site mérite de rentrer dans le giron de la Caisse des Monuments Historiques ; Caisse trop peu présente dans la région Grand-Est (Château de la Motte-Tilly dans l’Aube et Palais du Tau à Reims.)

Par ailleurs un dossier UNESCO serait tout à fait défendable ! Cette organisation classe bien à Champignol, les vignes de Champagne situées à 4 km de Clairvaux

Une abbaye-ex-prison serait l’exemple unique à développer avec un nouveau type de gestion à inventer grâce à la participation citoyenne des forces vives de la région.

Quoi qu’il en soit, et quoi qu’il en coûte, l’État ne peut se dessaisir d’un tel trésor, car ce serait renier les racines et les valeurs de la France.

Nous comptons sur vous et votre baguette magique de bonne fée pour étendre la main secourable de la République et faire tomber une pluie d’euros sur ce désert où Bernard n’est plus là pour réaliser ses miracles.

Jean-Claude Czmara 
Membre de PLVC, Préservons la Vallée de Clairvaux


Merci à nouveau à Urgences Patrimoine pour sa généreuse offre de diffusion !


Crédits photographiques :
Photos 1et 6 : Patrick Lorne ; photo 2 : Archives de l’Aube ; photo 3 : Boite à idée ; photos 4 et 5 : Collectif PLVC

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