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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

Cette publication relaie les combats de notre association.

Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Chapelle Saint-Joseph à Lille : tant que les pelleteuses ne sont pas là, continuons le combat!

Ce n’est plus un secret pour personne, le ministère de la culture a rejeté la demande de protection d’urgence de la chapelle Saint-Joseph au prétexte que celle-ci ne représente pas suffisamment d’intérêt architectural pour bénéficier de ladite protection.



Or, pas à un seul instant, le ministère ne se prononce sur l’intérêt architectural d’un point de vue local.


C'est au mois de mai qu'Urgences Patrimoine a lancé l'alerte afin de stopper le projet de démolition de la chapelle Saint-Joseph. Jusqu’alors, personne n’avait eu l’air de s’émouvoir du sort de l’édifice dont le permis de démolir avait été signé, rappelons-le, deux ans auparavant. Personne n’a déposé de recours gracieux à l’époque où il était possible de le faire.



Nous nous sommes employés à alerter l'opinion, les instances politiques, la presse, afin de préserver cet édifice. Certes, nous ne sommes pas Lillois, mais notre intérêt pour le patrimoine ne fait pas de de sélection en fonction de sa situation géographique. Nous défendons Le Patrimoine et en particulier celui qui, comme la chapelle Saint-Joseph, ne bénéficie d’aucune protection.



C'est Étienne Poncelet, architecte Lillois renommé, qui s'est fait porteur de notre demande de mise sous protection d'urgence de l'édifice auprès du ministère de la culture, afin de laisser un peu de temps pour trouver un terrain d'entente avec Yncréa, qui souhaite démolir la chapelle pour installer une serre à la place, dans le cadre du projet CAMPLUS de l'Université Catholique de Lille.



Urgences Patrimoine a d'ailleurs proposé un projet contradictoire permettant de conserver la chapelle pour un coût inférieur à la démolition/reconstruction et surtout, dans une démarche plus écologique.



Pour consulter ce projet cliquez sur le lien ICI.



Or, si l'ancien Ministre de la culture avait été sensible à ce projet en annonçant un sursis pour la chapelle le 5 juin 2020, la nouvelle Ministre semble se désintéresser du sujet, au prétexte qu'on ne peut pas tout conserver. Sauf que sa décision s'appuie uniquement sur le fait que la chapelle ne présente pas suffisamment d'intérêt architectural par rapport à des critères nationaux. Pas à un seul instant, la valeur de l'édifice n'a été prise en compte dans un contexte local, dans un secteur protégé à proximité du Palais Rameau. Nous savons que certaines inscriptions sont délivrées sur les critères d'intérêts locaux, alors pourquoi pas pour la chapelle Saint-Joseph ?



Parce que l'Université Catholique de Lille est très riche et puissante et que l'État ne souhaite pas entraver ses projets de démolition ?

Une chose est certaine, Monsieur Stéphane Bern qui s'était joint à notre combat en mai et qui semblait être un des acteurs clé de ce sursis, n'a visiblement plus aucun pouvoir auprès des instances en charge des décisions.



Il semblait être confiant après la décision de Franck Riester, même lorsque nous avions exprimé nos doutes quant à sauvegarde de l’édifice. La preuve nous est hélas donnée aujourd'hui que le pouvoir supposément confié à Monsieur Bern, quelle que soit son implication ou son indignation, est politiquement limité. En nommant un "Monsieur Patrimoine" notre Président pensait sans doute uniquement à faire rentrer de l'argent dans les caisses de la Fondation du Patrimoine et, en aucun cas, à sauver le patrimoine de la démolition, alors que reconnaissons-le, Stéphane Bern mérite bien mieux qu’un simple statut « d’apporteur d’affaires », tant il est sincèrement passionné par le patrimoine.



Après un instant de découragement et de sidération suite à l’annonce de refus de protection de l’édifice, nous avons décidé de contester la décision du ministère de la culture. Même si cette démarche connaît peu, si ce n'est aucun précédent, Urgences Patrimoine à travers la voix de son avocat Maître Théodore Catry a décidé de lancer une procédure.



En parallèle, le classement n'étant pour l'heure pas obtenu, Urgences Patrimoine mobilisera le dernier recours administratif encore ouvert, à savoir une demande d'inscription aux Monuments Historiques auprès du préfet de région.



Pour mener à bien cette action, nous avons besoin que tous ceux qui sont opposés à cette démolition nous rejoignent.



Nous refusons de politiser notre action, comme nous l’avons toujours fait, mais nous appelons tous les représentants de notre république opposés à cette démolition à se faire connaître et à nous rejoindre. Nous invitons bien entendus toutes les associations de sauvegarde du patrimoine, locales ou nationales à se joindre à nous, car l’heure n’est pas à la division mais à l’action commune en faveur d’un patrimoine qui doit garder sa place comme témoin de la mémoire collective.



Enfin, nous invitons tous les Lillois, qui sont les principaux concernés à prendre position contre la démolition de LEUR patrimoine.


C’est une fois de plus Victor Hugo qui nous rappelle :



« Il faut arrêter le marteau qui mutile la face du pays. Une loi suffirait. Qu'on la fasse. Quels que soient les droits de la propriété, la destruction d'un édifice historique et monumental ne doit pas être permise à d'ignobles spéculateurs que leur intérêt imbécile aveugle sur leur honneur ; misérables hommes, et si imbéciles qu'ils ne comprennent pas qu'ils sont des barbares ! Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, à vous, à moi, à nous tous. Donc, le détruire, c'est dépasser son droit. » [Victor Hugo, "Guerre aux démolisseurs", Revue des deux mondes, 1er mars 1832]



Nous vous invitons à nous contacter par mail à cette adresse urgences.patrimoine@gmail.com afin que vous puissiez nous apporter votre soutien écrit.



Enfin, un recours signifie que nous allons engager des frais. C'est la raison pour laquelle nous prenons d'ores et déjà l'initiative de mettre en ligne une cagnotte afin que tous ceux qui sont opposés à cette démolition puissent soutenir notre démarche.





Sans un minimum de participations, nous ne parviendrons pas à mener à bien la procédure. Nous avons jusqu'alors travaillé plus de cent heure bénévolement mais aujourd'hui, nous comptons sur vous pour dire Non à la démolition de la chapelle Saint-Joseph.



« Le Patrimoine ne peut pas lutter, ensemble nous pouvons ».



ATTENTION : Certaines associations profitent de la situation pour faire appel à la générosité publique au profit de la sauvegarde de la chapelle Saint-Joseph. Nous rappelons que depuis le 20 mai, Urgences Patrimoine est la SEULE association à avoir agi pour sauver la chapelle, nous appelons donc à la vigilance.



En cas de doute, contactez nous : urgences.patrimoine@gmail.com



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