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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

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Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Pour ne pas oublier les enfants d’Izieu

Il est rare que nous communiquions sur des projets qui ne sont pas les nôtres, mais nous ne pouvions pas ne pas mettre en lumière celui-ci. Un film d’animation va mettre en scène de précieux documents. Jérôme Duc-Maugé, producteur délégué du projet, nous en présente les grandes lignes :



Jérôme Duc-Maugé est diplômé de l’IAE de Lyon avec un Master de Management et Stratégie Commerciale après une formation initiale à l’ESRA et à l’INA. En 2002, il fonde « Cocottes minute » avec laquelle il a produit jusqu’ici une soixantaine de documentaires, récemment Interpol, une police sous influence ? (ARTE), Les cobayes du cosmos, confidences d’astronautes (France 5), Marseille, ils ont tué mon fils (France 2). Puis il crée « Parmi les lucioles » pour produire des films de fiction et d’animation — plusieurs courts-métrages dont celui d’Hélène Friren Au poil et la série d’animation Juliette Génération 7.0 (ARTE) et La femme canon (Canal+). Entre autres, il produit actuellement le prochain long-métrage d’animation d’Alain Gagnol et Jean-Loup Félicioli, Les contes du hérisson. En 2018, il a effectué la formation Directeur Littéraire au CEEA.



A Izieu, petite commune du département de l'Ain, Sabine et Miron Zlatin investissent, dès mai 1943, une maison pour y accueillir des enfants soustraits au péril. Victimes de la persécution nazie et du régime de Vichy, ces enfants juifs réfugiés, séparés de leurs parents et condamnés à l'exil, trouvent refuge dans ce hameau. Ils étaient d'origine allemande, polonaise, belge ou encore française, de métropole ou d'Algérie.



Dans la maison d'Izieu, lieu bucolique « du bout du monde », la vie s'organise au rythme des saisons, des jeux, des bonheurs et des tristesses. Les enfants se racontent, écrivent et dessinent des histoires inspirées de personnages folkloriques, de récits romanesques et autres bandes dessinées qui leur font rêver d'un autre monde.



Accompagnés par le jeune cuisinier de la Colonie, Philippe Dehan, qui à 21 ans leur transmet son amour du cinéma, les enfants créent des histoires sous forme de rouleaux dessinés, destinés à être projeté à la lueur d'une bougie selon le principe de la lanterne magique (instrument d'optique qui sert à projeter des images sur un écran ou sur un mur, comme une bobine de film). Les enfants accompagnaient cette projection par la lecture de leurs récits, véritables scénarios dont ils interprétaient les dialogues et créaient les bruitages. Leurs dessins prenaient ainsi vie devant eux, lors de ces veillées où l'on imagine que le temps se suspendait.




Le 6 avril 1944, la lanterne magique s'est éteinte. Après la rafle commanditée par Klaus Barbie qui a conduit les 44 enfants et 7 éducateurs encore présents à la déportation à Auschwitz-Birkenau (dont seule une adulte reviendra), Sabine Zlatin retourne sur les lieux saccagés quelques semaines plus tard. Elle conserve précieusement chaque document retrouvé, lettres mais surtout dessins.



78 ans après la rafle des enfants de la Colonie d’Izieu, leurs dessins reprennent vie avec un court-métrage d’animation sensible et inédit.



« Parmi les lucioles films », en partenariat avec l’école Emile Cohl, adapte actuellement pour La Maison d'Izieu une restitution des rouleaux dessinés dans l’esprit de ce qu’en avaient fait les enfants de la Colonie, en film d’animation. Pour retrouver les conditions d’écoute de ces histoires que les enfants se racontaient ensemble, la bande son est réalisée par une classe d’enfants réfugiés allophones du collège Aimé-Césaire de Vaulx-en-Velin, formés spécialement par des techniciens du cinéma à poser leur voix et à effectuer les bruitages du film.



Ces rouleaux nous projettent dans le temps, un soir de veillée, où ces enfants interprétaient leurs récits en les faisant dérouler à la lueur d’une bougie. Document unique, témoin de leur complicité juste avant la tragédie, c’est cet instant d’insouciance qu’il s’agit de donner à vivre à nos contemporains. La singularité de ce projet est à la fois une force et une faiblesse. En effet, ce court métrage ne rentre pas dans les cases habituelles des financements audiovisuels (ni TV, ni CNC). De nombreux partenaires nous ont déjà rejoints pour financer cette première réalisation. Leur engagement a été décisif, mais il ne permet pas de couvrir la totalité des coûts de production de l’œuvre animée. 



Ainsi, nous comptons sur votre soutien pour donner de la visibilité à cette campagne et mener le projet à la hauteur de nos ambitions !  


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