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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

Cette publication relaie les combats de notre association.

Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Saint-Quentin-la-Poterie : Il faut sauver la cheminée !

Encore un patrimoine remarquable menacé de démolition, et nous espérons vivement que ce second confinement ne précipitera pas cette démolition, car nous avons pu remarquer, lors du premier, que les pelleteuses n’avaient pas chômé.



C’est dans un merveilleux village du Gard jusqu’alors assez préservé, que les sirènes de la promotion immobilière se font entendre, emportant avec elles les témoins du passé industriel de la commune. À commencer par l’emblématique usine de pipes Job Clerc, qui a fait la renommée de Saint-Quentin bien au-delà de nos frontières de la fin du XIXe siècle et jusque dans les années 70. Si certains habitants sont résignés à voir disparaître l’ensemble des bâtiments de l’usine, ils se mobilisent depuis plus d’un an pour sauver la cheminée.


Cette cheminée en briques rouges est d’ailleurs protégée au titre des monuments historiques depuis 1989, ce qui atteste bien de son importance au sein du patrimoine local.




L’association « Patrimoine et culture céramique à Saint Quentin La Poterie » nous expose ici les faits :



Dans le bulletin municipal de mars 2019, les habitants de Saint Quentin La Poterie ont découvert le projet immobilier privé sur le site de l'ancienne usine Job Clerc. Hormis pour les quelques riverains, aucune concertation ou information n’a été organisée, alors que ce projet prévoit la destruction de la cheminée de l'ancienne usine. 



Construite à la fin du XIXe siècle et haute de 29 m, cette cheminée a fait l’objet d’une restauration en 2003, pour un montant d’environ 40 000 euros. Elle est la dernière cheminée intacte du village et de ses environs, et représente un symbole de l’industrie de la terre cuite en Uzège. À ce titre, elle est inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel. Depuis le néolithique, l’histoire de Saint-Quentin-La Poterie est liée à la terre cuite grâce aux gisements d'argile et de sables réfractaires de son territoire.



En 2017, une subvention de 40 000 euros a été obtenue dans le cadre d'un projet européen LEADER pour travailler sur l'identité du village et valoriser son patrimoine. Ce programme est actuellement mis en œuvre par une commission qui implique la mairie, l'office culturel, l'association des métiers d’art et l'office du tourisme d'Uzès.




Comment peut-on, simultanément, mener des actions subventionnées par l'Europe et le département en faveur du patrimoine, et détruire cette cheminée, symbole du village et témoin de son passé industriel ? 



Nous sommes bien sûr favorables à la construction d'habitations au cœur du village, mais en intégrant la cheminée au projet immobilier. 



Le 12 novembre 2019, le maire de Saint-Quentin-la-Poterie a signé le permis de construire du projet immobilier initial de l’Espace Job-Clerc, qui prévoit la démolition de la cheminée. Dans ce projet immobilier, la démolition de la cheminée est justifiée par sa dangerosité, son risque d’effondrement. Or M. Aigoin, ingénieur structure spécialiste des monuments historiques, mandaté par la DRAC, a déclaré que la cheminée ne présentait aucun danger dans l’immédiat et pouvait être facilement restaurée.



Depuis mars 2019, nous nous battons pour empêcher la démolition de la dernière cheminée intacte de Saint-Quentin-la-Poterie ( il y en avait jusqu’à 8 au début du XXe siècle ) avec de nombreux soutiens, DRAC, Bâtiments de France, Monuments Historiques……                                                                                                                                                                             


Malgré les 2000 signatures des pétitions, le maire, ses conseillers, et le promoteur choisi refusent toute conciliation. Nous rappelons que nous ne sommes pas contre le projet immobilier, nous demandons seulement que la cheminée soit intégrée au projet : elle est en bordure de propriété, et occupe moins qu’une place de parking. Alors, pourquoi ne pas la garder ?



Nous avons saisi le tribunal administratif, avec deux actions : une en référé, pour la suspension du permis de construire, l’autre au fond, pour la sauvegarde de la cheminée. Bien que le juge des référés ait ordonné la suspension de l’exécution du permis de construire prévoyant la démolition de la cheminée, le juge du fond vient de refuser notre requête parce que l’article 111-27 ne s’applique qu’aux permis de construire et que nous l'utilisons pour lutter contre la démolition de la cheminée, bien que le promoteur immobilier ait déposé un permis de construire (valant démolition). Et c’est bien contre ce permis de construire que nous avons saisi le tribunal administratif de Nîmes.



Nous avons décidé de faire appel auprès du Tribunal d’appel de Marseille.



Urgences Patrimoine a été contactée par le comité de sauvegarde afin de soutenir ce combat. Bien entendu, nous avons répondu présents aussi bien pour l’assistance juridique que pour la communication autour de cette triste affaire. Ce patrimoine est un témoin remarquable de l’histoire de la commune et il ne doit être préservé.



Mobilisons-nous pour dire non à la démolition de la cheminée de Saint-Quentin-la-Poterie notamment en signant et en partageant la pétition mise en ligne par l’association de sauvegarde ICI.


Un peu d’histoire : la Fabrique de pipes Job Clerc



Job Clerc (1854-1935)) est un artisan pipier de Saint-Quentin-la-Poterie  qui s'inscrit dans la tradition de ce village où il créa une  fabrique florissante. Il vend  des pipes inspirées souvent de ses concurrents dans toute la France et dans les colonies (Afrique, Maghreb). Job Clerc fabrique des pipes que l’on nomme « fantaisie » de formes diverses, de la tête d’illustres personnages au pot de chambre en passant par les têtes d’animaux . Cette fabrique produira également des pipes plus simples destinées à servir de cible dans des stands de tir des fêtes foraines, et des figurines pour les cornets surprise que l’on pouvait offrir aux enfants



Après le décès de Job Clerc en 1935, l’entreprise est reprise par ses descendants mais ferme définitivement ses portes dans les années 70.




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