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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

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Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Belfort : quel avenir pour le Grand Hôtel du Tonneau d’Or ?

Le Grand Hôtel du Tonneau d’Or est une institution pour les Belfortains. C’est d’ailleurs une habitante de la ville qui nous a alerté, car elle s’inquiète du devenir de ce patrimoine remarquable. Les informations révélées par la presse locale, il y a quelques mois, n’étaient guère encourageantes et c’est la raison pour laquelle elle a souhaité que nous relancions un peu le débat.



Si sa destination change, comme certains bruits le font entendre, qu’adviendra-t-il des éléments architecturaux remarquables qui le caractérisent et, surtout, que deviendront les vitraux du célèbre Maître verrier Gruber ?



En attendant d’approfondir le sujet dans un prochain article, un peu d’histoire et quelques informations relatives à l’avenir incertain du Tonneau d’Or que notre contact nous a communiquées :



A deux pas du centre historique, il a fière allure, avec ses drapeaux et ses balcons fleuris, c’est une image incontournable de Belfort, il fait partie de l’histoire de la ville depuis l’année de son inauguration en 1907... et que dire de ce que l’on découvre en poussant la porte ? Un majestueux escalier, une coupole, de splendides vitraux…Un décor à couper le souffle.



Un peu d’histoire :



L’hôtel a été ouvert en 1907 par Eugène Garteiser. Il voulait créer un établissement de grand standing de 100 chambres, avec plusieurs salles à manger, dont une pouvant accueillir 200 convives, un escalier monumental, une coupole et des vitraux du maître nancéien Jacques Gruber, celui-là même qui réalisa ceux de la Villa Majorelle.



Mais Eugène Garteiser a vu trop grand et a dû céder l’hôtel en 1925 au Bisontin Denis Michalland. L’établissement tournait alors avec 42 employés et de nombreuses personnalités y ont séjourné (voir les anecdotes du Tonneau d’Or). M. Michalland, faisant partie d’un important réseau de Résistants, s’est enfui dans le Rhône. L’établissement a été réquisitionné par l’occupant pour servir de « Soldaten Heim ». Les étages abritaient les officiers et le rez-de-chaussée les soldats. Les Michalland ont récupéré leur hôtel après l’arrivée des troupes françaises.



Vendu à l’office HLM en 1961 Le Tonneau d’Or a retrouvé sa grandeur. Des cars entiers de touristes allemands, américains, belges et hollandais y ont dormi, avant de poursuivre leur route vers l’Italie ou la Côte d’Azur.



En 1950, après le décès de Denis Michalland, son épouse Jeanne et son fils Clément ont poursuivi l’activité jusqu’au 16 décembre 1956. Ce jour-là, un violent incendie s’est déclaré dans les étages alors que se déroulait l’arbre de Noël des enfants du personnel de la société Gauthier. Les dégâts furent considérables et l’hôtel a dû fermer.



Clément Michalland a entrepris des travaux et a rouvert. Mais plus rien ne fut comme avant. Il finit par céder l’hôtel à un homme d’affaires de Neuilly-sur-Seine, Isaac Amar. C’est à lui que l’office HLM l’a racheté en 1961 pour y installer son siège. En 1990, l’organisme logeur (qui deviendra Territoire Habitat) l’a cédé à son tour avant d’emménager dans un nouveau siège aux 44 et 46 rue Parant.



Patrick Zannolfi et son associé Michel-Vincent Viry ont acquis le bâtiment de 4 200 m² pour 15 millions de francs à l’office HLM. Leur ambition était de rendre ses lettres de noblesse au Grand Hôtel du Tonneau d’Or, trente-cinq ans après sa fermeture. Ce fut chose faite et à nouveau les personnalités et les touristes du monde entier y feront une halte ou un séjour. Il sera d’ailleurs répertorié dans les plus prestigieux guides touristiques. A l’heure actuelle il figure toujours sur TripAdvisor.


L’avenir du Grand Hôtel du Tonneau d’Or est aujourd’hui menacé comme le confirme cet article de L'Est Républicain publié en octobre 2020 :



Depuis le 16 mars 2020, l’hôtel du 1 rue Général Reiset est fermé, à cause de la crise sanitaire, puis de travaux de rafraîchissement. Il y a quelques jours, la direction a proposé aux salariés une négociation sur une rupture conventionnelle de leur contrat de travail.



Le Grand hôtel du Tonneau d’Or rouvrira-t-il un jour ? La question se fait de plus en plus pressante depuis la fermeture de l’établissement rue Reiset à Belfort, le 16 mars dernier.


Difficultés financières Les causes sont multiples. L’hôtel de 52 chambres est confronté à des difficultés financières. Après plusieurs semaines de fermeture en raison de la crise sanitaire, l’établissement, qui comme bien des hôtels doit faire face à des problèmes de rentabilité, n’a plus de trésorerie. Des charges ont été reportées par l’État mais devront être payées.



Dans le même temps, d’autres factures n’ont pas été réglées malgré plusieurs relances des débiteurs. Il y a nécessité d’apurer les dettes.



Par ailleurs, l’établissement souffre d’un manque d’entretien. « Il n’y a pas eu de gros travaux ces dernières années », confirme un ancien salarié. « Quand j’y travaillais encore, nous avions des plaintes de clients sur le manque d’entretien des chambres. »



Conscient du problème, Patrick Zannolfi, nouveau gestionnaire depuis le mois de juin, a décidé de profiter de l’incertitude ambiante pour rafraîchir et embellir les lieux. À la fin du printemps, il a engagé des travaux dans le hall d’accueil l, du sol au plafond. Une mise aux normes du bâtiment et une rénovation des chambres devaient suivre, dans la perspective d’une réouverture en janvier 2021.



« C’est vrai que l’hôtel a continué de recevoir des demandes de réservation pour des chambres, des séminaires ou des groupes », indique un ancien salarié. « Nous avions des clients qui aimaient y venir pour son cadre et la proximité du centre-ville et de la vieille ville. Nous avons été obligés de refuser leur réservation. »



Mais les travaux se sont arrêtés. Et les salariés ont été conviés à une réunion avec leur patron.



Officiellement pour parler de l’avenir de l’hôtel prestigieux et majestueux. En fait les entretiens individuels visaient à proposer aux employés une rupture conventionnelle de leur contrat de travail.



« On nous a proposé de la signer », indique un ancien salarié. « Quelques collègues ont accepté.



D’autres hésitent ou attendent un éventuel licenciement économique...



Une résidence « Seniors » ? Des appartements 4 étoiles ?... Selon nos informations, le gérant, que nous n’avons pas réussi à joindre, réfléchirait à la possibilité de transformer l’établissement en une résidence « Seniors » ou en appartements standing. « À mon avis l’hôtel va fermer ce qui mettra fin à une aventure commencée le 24 août 1992 », déplore un ancien salarié. « C’est triste pour Belfort, ses habitants et nos clients. »



Des personnalités illustres



Des hôtes prestigieux ont séjourné au Grand Hôtel du Tonneau d’Or. Edmond Miellet ou le général Maxime Weygand étaient des clients assidus. Winston Churchill y a séjourné. Tout comme le Dr Schweitzer, le maréchal de Lattre de Tassigny, la reine Astrid, le sultan du Maroc Moulay Youssef ou Pierre II de Yougoslavie, le roi Baudoin et la Reine Fabiola, le Prince Rainier de Monaco.



Fernandel y a fait quelques caprices de star. Joséphine Baker, Pierre Blanchard, Charles Trenet, Guy Bedos y ont passé quelques nuits. Il y a quelques années, nous y avions rencontré lors de son passage à Belfort Arnaud d’Aunay, descendant de Sébastien Leprestre, Marquis de Vauban, plus connu sous le nom de Maréchal Vauban qui, de sa fenêtre, pouvait contempler l’ouvrage de son illustre ancêtre.


Une anecdote célèbre du Tonneau d’Or



Bagarre dans la rotonde :



Un des salons particuliers de l’hôtel équipé d’une rotonde et d’une belle verrière a été le théâtre d’une bagarre entre André Tardieu, qui fut président du Conseil, et Edmond Miellet, ministre des Pensions et député du Territoire de Belfort. C’est une conversation passionnée qui a dégénéré en rixe. Tardieu en a perdu ses lorgnons et Miellet sa fameuse jambe de bois.



Fin de l’histoire ?



Ce serait vraiment dommage que cet établissement perde son âme pour devenir une résidence « senior » ou des appartements en copropriété ... Il pourrait sans doute y avoir d’autres solutions. La proximité de la Suisse, de l’Allemagne, de l’Alsace avec Strasbourg l’Européenne, pourrait ouvrir des perspectives culturelles non négligeables ...Il serait un écrin prestigieux pour des rencontres, séminaires, conférences, expositions, salons etc.… d’autant qu’il dispose aussi d’un restaurant au rez-de-chaussée du bâtiment, également fermé bien entendu, mais il suffirait d’un nouveau chef au fourneaux !... Il pourrait devenir un des plus grands centres d’attraction de tout le Grand Est, et même recevoir des événements internationaux avec la Suisse et l’Allemagne toutes proches.



À suivre…

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