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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

Cette publication relaie les combats de notre association.

Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Carquefou : quand une commune piétine sa propre histoire

Nous avons été alertés de la démolition prochaine de l’un des édifices les plus anciens de la commune. Nous allons tout tenter aux côtés du collectif de défense du patrimoine local pour empêcher cet énième « patrimonicide », même si les délais de recours sont hélas largement dépassés.




 


La Ville de Carquefou est propriétaire d’un certain nombre d’édifices situés en cœur de bourg. Lancé il y a maintenant 10 ans, un projet de réhabilitation du bourg est en marche. Des bâtiments vont être détruits pour y construire des immeubles dont une tour historique de l’histoire de Carquefou : la Tour de la Banchetière (photo 1). La maire de Carquefou a estimé que cette tour « n’avait aucun intérêt patrimonial ». Retour sur une commune qui prévoit, avec de l’argent public, la destruction d’une partie de son histoire.





Un emblème de Carquefou menacé



La Tour de la Blanchetière est l’un des bâtiments les plus anciens de la commune. Construite avant la Révolution sur le point le plus élevé de Carquefou, elle a servi longtemps de tour de guet pour prévenir soit des inondations dues aux débordements du Charbonneau (fleuve proche), soit d’incendies dans les marais l’été, soit de mouvements éventuels de troupes. Au fur et à mesure du temps, elle s’est intégrée à un ensemble de bâtiments attenants à la maison Libeau, construite en 1840 (photo 3 et photo 4).






Une démolition sans consentement citoyen



Dans le cadre du projet, la Ville a racheté peu à peu des parcelles dont la Tour de la Blanchetière en 2013-2014. En 2022, le conseil municipal a voté une partie des démolitions, en tranche ferme et une tranche « optionnelle » incluant la Tour, en 2022. Depuis ce vote, le conseil municipal s’est prononcé sur un scenario de projet sans mention des bâtiments à détruire. Au printemps 2022, des ateliers participatifs étaient organisés par la Ville pour recueillir des avis citoyens. Les participants se sont exprimés massivement en faveur de la préservation de la Tour.



En septembre 2023, Mme la maire a déclaré que « cette tour n’a[vait] aucun intérêt patrimonial » et qu’elle s’était « appuyée sur des experts, l’association le Temps qui passe » (cf. Conseil municipal 28/08/23). Cette association met en lumière l’histoire et le patrimoine de la Ville. Quelques jours après cette déclaration, les responsables de l’association ont démenti cette information par voie de presse en indiquant « être tombés des nues », et que ce « n’était pas la position de l’association ». Ils ont affirmé haut et fort : « Cette tour a intérêt patrimonial » . En définitive, ni la voix des citoyens, ni la voix des défendeurs du patrimoine n’ont été écoutées.





Une restauration possible : l’exemple de la Tour de la Massonerie à 7 kilomètres (Sainte-Luce-sur-Loire)



A quelques kilomètres à peine, la Tour de la Massonerie, située à Sainte-Luce-sur-Loire, a vécu un programme de restauration en 2019. Initialement un escalier menant au presbytère à laquelle elle était attachée, la tour-escalier a désormais une vocation ornementale. En effet, la Ville de Sainte-Luce-sur-Loire a décidé d’intégrer ce bâtiment historique datant du XVIIe siècle au cœur d’un quartier en plein renouvellement. Le pari est réussi : redonner vie à un vestige du passé et l’intégrer à un renouvellement urbain.




Le patrimoine : un trait d’union entre le passé et l’avenir



Au-delà de son attrait historique et architectural, la tour de la Blanchetière symbolise le Carquefou d’antan. Elle a résisté à l’envahissement du Duc de Normandie en 1341, puis au dépouillement lors de la Révolution française et s’est intégrée aux activités de négoce en vin de la famille Libeau de la fin du XIX e à la moitié du XX e siècle. Aurait-on imaginé qu’un jour, désormais propriété de la Ville, elle soit rasée grâce à des deniers publics à des fins de rentabilisation du foncier ?





Comment pourrons-nous justifier la décision de détruire des témoins de notre histoire commune aux futures générations ?



Comme le disait Saint Exupéry, l’avenir, tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre, permettons un avenir à la Tour de la Blanchetière pour transmettre aux générations futures un bout de notre territoire d’autrefois. Oui à la sauvegarde de la Tour de la Blanchetière !



Jéromine DA PRAT, conseillère municipale à Carquefou



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