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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

Cette publication relaie les combats de notre association.

Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Rouen : patrimoine VS matrimoine ?

Au départ, le Napoléon rouennais devait quitter la place qu’il occupe depuis 156 ans pour se refaire une beauté, car une des pattes de son fidèle destrier montrait quelques signes de faiblesse. C’était sans compter sur le sémillant maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, qui, décidément, doit avoir une dent contre cette figure emblématique de l’Histoire de France.



Nous aurions pu appeler ça le « Le Rossignol et l’Empereur », sauf que l'histoire qui ici est en train d’être écrite risque de mal se terminer — avec un nouvel exil à la clef, non pas à Sainte-Hélène, mais à l’île Lacroix, un lieu de Rouen qui se situe suffisamment loin de la place de l’Hôtel de Ville.



La raison invoquée de ce déboulonnage en règle est la volonté de « féminiser » l’espace public, qui serait dépourvu de représentations adéquates. La place de l’Hôtel de ville ne pourrait-elle pas accueillir une grande et belle statue de Gisèle Halimi, sans pour autant déloger Napoléon ? La culture, ce n’est pas mettre au placard ce qui fait l’identité d’une ville. La culture, c’est enrichir cette identité en ajoutant des œuvres, sans en soustraire aucune. Et Jeanne d'Arc au fait ? …




Mais au-delà de la polémique du déboulonnage de Napoléon, s’est invitée dans le débat, la question du « matrimoine ». L’étymologie du mot « patrimoine » nous renvoie à « ce qui vient du père », donc des hommes. Mais les « vieux réacs » que nous sommes interprèteront cela comme « ce qui vient de l’Homme », dans le sens « être humain », sans distinction de sexe. Au passage, on peut commencer à s’inquiéter pour l’avenir du « Musée de l’Homme » à Paris dont le nom, sous certaines pressions féministes, pourrait bien changer.



Cette notion de matrimoine est une « fausse barbe », qui permet de se désintéresser un peu plus du « patrimoine » et de se donner bonne conscience pour le faire disparaître ou le laisser à l’abandon. Nous aimerions bien savoir ce que Madame Laura Slimani, l’adjointe en charge de l’égalité homme/femme à la mairie de Rouen qui défend bec et ongles la mise au rebut de Napoléon, a fait pour la sauvegarde du patrimoine. Pour nous, défenseurs de la mémoire des Hommes (hé oui, encore), le matrimoine est un terme qu’ont réinvesti des « bobos-intellos » afin de « moraliser » notre histoire collective. Inutile de nous rappeler que le mot matrimoine existe bien dans la langue française, et ce depuis le moyen-âge, mais, depuis les années 2000, une étrange dialectique consiste à l’opposer au mot « patrimoine » — et ce n’est pas en créant des oppositions et des idéologies séparatistes qu’on fait avancer la cause.



En tout cas, si Nicolas Mayer-Rossignol voulait faire briller Rouen dans les médias, c’est réussi, mais nous ne sommes pas certains que cette ville magnifique au riche PATRIMOINE, ait besoin de ce genre de publicité, surtout lorsqu’on prétend au titre de Capitale Mondiale de la Culture.




Ce sera aux rouennais de trancher cette question de la féminisation de l'espace via une consultation publique en ligne, en espérant que le bon sens et surtout l’amour du territoire — tel qu’il est — remettront Napoléon sur la place de l’Hôtel de Ville. Et si cette statue gêne autant Monsieur le Maire, nous lui suggérons de laisser son fauteuil à une femme ! C’est vrai ça, à quand une « Mairesse » de Rouen ?



Comme on n’est jamais trop prudent, et que les résultats des consultations de ce genre peuvent réserver des surprises, Urgences Patrimoine va quand même demander une mise en instance de classement de la statue et de son socle. Si le Ministère de la Culture juge que cette œuvre mérite une protection, alors Napoléon restera à sa place.



À suivre…



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