Demain n’appartiendra pas à l’ancien Carmel de Sète
- Alexandra Sobczak-Romanski

- 30 janv. 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 nov. 2023

Il venait d’avoir cent ans, mais cet anniversaire sera tristement fêté dans le fracas des pelleteuses. L’ancien Carmel de Sète a été mis à mort cette semaine pour laisser place à un charmant ensemble immobilier, composé d’immeubles de quatre étages et d’un joli parking de trois cents places. On se consolera en observant que la façade de l’édifice sera « reconstruite » au milieu des espaces verts. Certains y verront un hommage — pour notre part, nous y voyons plutôt un trophée, semblable aux massacres de cerfs ornant les murs des chasseurs. Les sœurs avaient quitté les lieux en 2011 et, depuis, l’édifice était en proie aux squatteurs. Malgré la mobilisation des amoureux du patrimoine sétois et de quelques élus, le Carmel a été vendu à un promoteur. Fin de l’histoire. Nous émettons tout de même des doutes quant à la reconstruction de la « façade trophée », car il est bien possible qu’au nom de la laïcité, certains opposants dénoncent cette « reconstruction ». Mais nous ne sommes pas dupes et nous entendons déjà les commentaires de certains, qui nous expliqueront que cet édifice n’avait « que cent ans » et que son intérêt architectural était limité. Si la commune en avait eu la volonté, elle aurait racheté l'édifice et en faire un agréable poumon vert et un lieu de vie culturel, mais les cubes de béton, c’est tellement mieux et tellement plus attrayant pour les habitants de la ville et les touristes. Cependant, n'accablons pas la mairie, car si elle est coupable d'avoir signé le permis de démolir, c'est la Fondation des monastères qui était propriétaire et qui a vendu le Carmel au promoteur en 2016. Blanche Chavasse, veuve d'un riche industriel sétois, avait permis d'édifier ce Carmel par donation. Nul doute qu'elle n'imaginait pas que, 100 ans plus tard, sa généreuse action finirait en poussière. Vidéo ici. Crédits photographiques : Le Midi Libre





Oui, c'est vraiment dommage cette démolition du Carmel. Ce qui m'interpelle le plus, c'est la question de la conservation du patrimoine urbain et son équilibre avec le développement immobilier.
Historiquement, les édifices religieux comme ce Carmel, construits au début du XXe siècle, témoignent souvent d'une architecture qui reflétait les valeurs et les dynamiques sociales de leur époque. Même si sa valeur architecturale était moins spectaculaire que d'autres monuments, c'était un repère historique pour Sète.
Ce genre de situation pose la question plus large : comment valoriser le patrimoine sans sacrifier le développement urbain ? Des villes comme Lyon ou Montpellier ont trouvé des équilibres intéressants. Vous pouvez voir des approches similaires ici et consulter plus de ressources.
Quelle tristesse cette démolition... Le Carmel de Sète symbolise vraiment la perte progressive de notre identité architecturale. Tu soulèves un point crucial : comment justifier qu'un bâtiment d'à peine cent ans soit considéré comme "pas assez ancien" pour être préservé ?
Ce qui m'interpelle, c'est cette tendance à sacrifier le patrimoine urbain pour des parkings et des immeubles génériques. Les villes perdent progressivement leur âme, leur singularité. Sète avait une opportunité d'en faire un lieu de vie culturel, un musée, un centre communautaire... mais voilà, les cubes de béton l'emportent toujours.
La responsabilité est partagée, tu le mentionnes bien. La Fondation des monastères qui a vendu en 2016, la mairie qui a signé le permis, les promoteurs qui n'y voient…
Merci pour cet article éclairant sur l'avenir incertain du Carmel de Sète. Cette problématique illustre parfaitement les défis contemporains de préservation du patrimoine religieux en France. Au-delà de ce cas spécifique, il est fascinant d'observer comment l'architecture conventuelle influence encore aujourd'hui nos codes esthétiques, notamment dans la mode nuptiale où la simplicité monastique inspire les créateurs contemporains.
L'héritage architectural des ordres contemplatifs
Les carmels, à l'instar de celui de Sète, représentent un patrimoine architectural unique développé par les ordres contemplatifs depuis le XIIIe siècle. Ces édifices, conçus selon des principes rigoureux de clausure et de méditation, adoptent une esthétique dépouillée qui privilégie la fonctionnalité spirituelle à l'ornementation. Cette approche minimaliste, caractérisée par des lignes épurées et des volumes géométriques simples,…