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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

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Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Aucun avenir pour la rotonde SNCF de Laon ?

L’emblématique Rotonde SNCF de Laon a failli disparaître, mais c’était sans compter sur la passion d’un homme, Monsieur Jean-Claude Dehaut — à l'époque président des Amis de Laon — qui a réussi en 2015 à faire protéger ce patrimoine remarquable, évitant ainsi de justesse sa démolition. Un permis de démolir avait été déposé en 2012 par la SNCF, mais la DRAC en a décidé autrement, en actant l’inscription au titre des Monuments Historiques de l’édifice.




Malheureusement, la SNCF, toujours propriétaire, n’a pas l’air de se décider à offrir un avenir à cette rotonde. Elle est toujours à l’abandon et son accès est totalement fermé au public, alors que, jusqu’à son inscription, on pouvait la visiter lors des journées du patrimoine. Nous avons demandé au responsable du patrimoine de la SNCF si un projet était envisagé, mais il ne nous a pas répondu pour le moment.



En revanche Monsieur Éric Delhaye, maire de Laon, a accepté de s’exprimer sur ce sujet, puisque certains bruits courraient sur le possible rachat de la rotonde par la ville :



« Il n’y a pas de projet de la ville sur la Rotonde qui se trouve excentrée au nord- ouest de la ville, dans une vaste friche appartenant la SNCF, non accessible par la route et non desservie par les réseaux. La Ville concentre ses investissements et projets sur la réhabilitation de son patrimoine (remparts, chapelle des Templiers retenue par la mission Bern, Cathédrale de Laon, Abbaye Saint Vincent, places urbaines du Cœur de Ville, musée etc.... ). Nous n’avons pas les moyens d’intervenir sur la Rotonde qui appartient qui plus est à la SNCF. Une étude de reconversion devait être menée par leurs soins. La Rotonde ne peut être qu’un projet à définir de long terme mais sur laquelle la Ville n’est pas en capacité d’intervenir aujourd’hui compte tenu des enjeux qu’elle a sur son propre patrimoine et son Cœur de Ville. »



De son côté, le Président de l’Association SOS Laon Monsieur Jean-Jacques Simon, nous fait part d’un projet inspiré de la réhabilitation de l’ancienne rotonde de la ville de Düsseldorf, en Allemagne, en Musée de la Voiture Ancienne :



« Proposition : un pôle d’exception de la voiture ancienne, autour d’un musée consacré aux véhicules historiques. En France, le marché de la voiture ancienne s’établit autour de 2 à 3 milliards d’euros par an, il n’est donc pas déraisonnable de vouloir en capter une partie sur l’Agglomération de Laon. LAON bénéficie d’une notoriété internationale en la matière, grâce à « La Montée Historique », et sur le plan au moins régional d’autres associations de véhicules anciens sont très actives (par exemple le Tour de L’Aisne).




LAON n’est pas très loin de Paris (et de l’Île de France) où de nombreux et fortunés collectionneurs de vieilles voitures rencontrent de grandes difficultés pour stationner leurs véhicules en lieux sûrs. Si l’Agglomération de Laon pouvait leur offrir un garage sécurisé qui serait en même temps un musée, cela permettrait de créer un nouveau pôle d’attraction autour duquel toute une Cité de la Voiture Ancienne pourrait s’animer.



Pourquoi un « garage/musée » : cela permet d’avoir des véhicules en exposition sans avoir à les acheter (ce que l’on appelle généralement « le fond d’un musée » et qui coûte très cher).Le pôle d’excellence que constituerait ce musée s’articulerait autour d’un centre technique, avec des ateliers spécialisés en voitures anciennes pour la mécanique, la carrosserie, la peinture, la sellerie, et un magasin en bourse d’échanges et ventes de pièces détachées. Ces ateliers pourraient fonctionner en partenariat avec une section spécialisée du CFA pour former des ouvriers reconnus dans ce domaine spécifique.



Cette Cité pourrait également contenir une salle des ventes avec un podium qui servirait aussi bien pour les voitures de collections que pour les voitures d’occasions courantes ou de flottes des Administrations, LAON devenant une ville réputée pour son site d’enchères de voitures.



Le site de la Rotonde comporte aussi un grand bâtiment qui pourrait accueillir des salles de conférences ou séminaires, un restaurant.



La parcelle sur laquelle est implantée la Rotonde est très grande ; elle pourrait servir à recevoir des manifestations comme la présentation des véhicules de La Montée Historique, ou être les points de départ et d’arrivées de rallyes automobiles.



Mais cette parcelle immense pourrait aussi accueillir la fête foraine de « La Cité des Cheminots » (c’est aussi un lieu important pour les anciens cheminots), ce qui permettrait de libérer toutes les rues occupées et plus ou moins détériorées lors de cette fête annuelle.



Ce Musée apportera un flux important de touristes et de chalands qu’il conviendra d’accueillir et d’accompagner, en particulier au niveau de l’hôtellerie. On ne peut imaginer que des personnes se déplaçant de Paris pour faire « tourner » leur vieille Jaguar ou Roll Royce, ou la faire entretenir, ne viennent que pour quelques heures : alors la présence d’un hôtel de caractère sur le site de l’ancienne abbaye Saint-Vincent prendra tout son sens ainsi que l’impact d’une rénovation urbaine en Cœur de Ville Médiévale (limitée aux immeubles situés entre la rue Devisme et le parvis de la cathédrale).



Voilà un vrai programme d’Agglomération qui devrait enthousiasmer toute sa population, à commencer par ses conseillers communautaires qui doivent se mettre au travail pour trouver l’adhésion de tous, intervenants, investisseurs, financiers, artisans spécialisés, élus, opérateurs, futurs clients et visiteurs !



En conclusion, si aujourd’hui l’action c’est la lutte contre la pandémie de Covid-19, l’urgence est de préparer l’avenir par un projet structurant, porteur de notoriété et de retombées économiques pour le Pays de Laon. »

Si un tel projet ne peut pas être porté par la ville, ce qui peut se comprendre vu l’ampleur de son patrimoine, d’autres opérateurs publics pourraient s’y intéresser, ou pourquoi pas un opérateur privé ?



Quoi qu’il en soit, il serait urgent d’agir si l’on ne veut pas voir disparaître de témoin de l’histoire locale en déshérence.



Ne serait-il pas temps pour la SNCF de remettre enfin ses pendules à l’heure de son patrimoine ?





Accéder au document dans son intégralité ICI.


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