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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

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Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Emmenez-moi : le Conservatoire des anciens cépages de Saint-Pourçain

En 2020, Fabien Malavaud, un jeune homme de vingt-six ans, marié, un enfant, prend les rênes de la présidence du Conservatoire des Anciens Cépages de Saint-Pourçain. Originaire du département du Var, il s'est installé à Saint-Pourçain-sur-Sioule en 2019 après avoir exploité un domaine viticole à La-Londe-les-Maures près de Hyères sa ville d'origine.



Saint-Pourçain est un vignoble d'avenir d'après lui : "Authentique, à taille humaine, il reflète typiquement ce que les consommateurs recherchent de plus en plus, c'est à dire des vins de terroir, de qualité et au juste prix".



Fabien Malavaud a pour ambition de faire du Conservatoire des Anciens Cépages une vitrine pour le vignoble : "Mais une vitrine vivante !" insiste-t-il.



"Nous devons être plus visibles et mieux connus, la vente de La Cuvée du Conservatoire doit être développée car elle est un moyen de faire parler de nous".


En plein cœur du Bourbonnais, dans le département de l'Allier, le vignoble de Saint-Pourçain, l'un des plus vieux de France, est depuis 2009 reconnu en Appellation d'Origine Contrôlée.



En 1896, le phylloxera a gravement touché et ravagé le vignoble de Saint-Pourçain. Les viticulteurs ont dû replanter en greffant sur des porte-greffes résistants à cet insecte. Il a fallu rechercher de nombreuses espèces.



C'est l’histoire de ce vignoble qui a poussé les vignerons de cette province royale à créer un conservatoire, afin de préserver certaines variétés de vignes aujourd'hui disparues au profit de cépages plus courants et plus adaptés à la vinification.



Disparues, pas tout à fait, puisque c'est sous l'impulsion d'une poignée de passionnés de la vigne - vignerons et amateurs - et d'anciens viticulteurs, et grâce à l'appui des élus locaux, que le Conservatoire des Anciens Cépages de Saint-Pourçain a vu le jour en 1995. Il est situé dans les dépendances du Château de Chareil-Cintrat. Véritable jardin de ceps à flanc de coteau qui surplombe le château, le conservatoire préserve la mémoire du vignoble Saint-Pourcinois.



Les cépages qui composaient autrefois les vins de Saint-Pourçain sont cultivés sur un peu plus d'un hectare. Au total, quatorze variétés de plants de vignes offertes par les pépiniéristes et les vignerons locaux sont cultivées sur les coteaux de Chareil-Cintrat: Le Saint-Pierre-Doré, le Meslier-Saint-François, le Melon et le Romorantin sont les cépages les plus anciens. A ceux-ci s'ajoutent l'Aligoté, le Pinot-Chardonnay, le Sauvignon, les Pinots Gris et Blanc, les Gamay Lyonnais et Beaujolais, Gamay et Chaudenay et le Pinot Noir. Avec une mention particulière pour le Sacy appelé Tressallier, cépage blanc purement local encore très utilisé sur le vignoble et qui fait la fierté des vignerons.



L'association entretient aussi la mémoire des anciennes méthodes de culture : plantations à "pessiaux" (échalas) ou à "paillas" (treilles lattées), vendanges à "la bacholle", et anime dans l'une des dépendances du château un lieu d'échange et de convivialité.


Le fruit de cette récolte est valorisé chaque année avec La Cuvée du Conservatoire. Elaborée avec les cépages blancs, la première cuvée a vu le jour en 2007. Les vendanges sont exclusivement faites à la main et la récolte est vinifiée par un vigneron de Saint-Pourçain. La cuvée a un "gout d'autrefois" disent les connaisseurs. L'assemblage qui lui donne un goût unique et des arômes généreux et curieux se fait à la vendange et regroupe dix variétés d'anciens cépages blancs précieusement travaillés sur le coteau dominant le château. Tous les ans, la sortie de la cuvée a lieu le premier week-end de juin.



L'emplacement du Conservatoire des Anciens Cépages de Saint-Pourçain n'a pas été choisi au hasard ! En effet, il jouxte le Château de Chareil-Cintrat. Propriété des Monuments Nationaux, cet édifice du XVIème siècle classé Monument Historique, est ouvert aux visiteurs tout comme les parcelles de vignes du conservatoire.


Cette ancienne propriété de la famille de Bourbon présente un remarquable décor intérieur marqué par la seconde renaissance française : cheminées monumentales, peintures murales inspirées de l'Antique représentant des scènes mythologiques, astrologiques et un ensemble de grotesques unique en France par son ampleur et sa finesse d'exécution.



"Il est vraisemblable que le château de Chareil-Cintrat ait été à l’origine, une forteresse médiévale, appartenant aux sires de Bourbon, puis à une famille éponyme du lieu attestée dans les textes au XIVe siècle.



Au milieu du XVIe siècle, apparaît Claude Morin, Contrôleur Ordinaire des Guerres qui passe pour avoir été le commanditaire des grands travaux d’embellissement du château. Ceux-ci consistèrent non seulement en l’adjonction d’éléments décoratifs d’inspiration italienne comme les peintures, mais aussi en une restructuration de l’édifice avec un escalier central à quatre volées droites voûtées en berceau continu. Des cheminées richement décorées agrémentèrent les pièces du château.



L’ensemble de la décoration sculptée fut organisée selon un strict respect de l’étagement des ordres architecturaux, issu de l’époque gréco-romaine. Cette caractéristique fait du château de Chareil un monument de la seconde renaissance française.



En 1589, à la fin des guerres de Religion, les protestants assiégèrent l’édifice sans que le bâtiment en souffre.



En 1752, la propriété passa par mariage dans la famille Langlois de la Ramentière qui la conserva jusqu’en 1815, date à laquelle elle fut vendue à la famille Thonnier.


À la première guerre mondiale, les aciéries Schneider firent l’acquisition du monument mais ne l’occupèrent jamais.



En 1958, après plusieurs décennies d’abandon, l’édifice fut acquis par l’État et classé parmi les monuments historiques. De gros travaux de restauration commencèrent alors. Les architectes des Monuments historiques s’employèrent tout d’abord à rétablir la structure de l’édifice, avant de s’occuper dès 1973 de la restauration des peintures."



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