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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

Cette publication relaie les combats de notre association.

Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Pourquoi faut-il sauver le château de Louvroil ?

La démolition prochaine du Château de Louvroil, est devenu un peu le « feuilleton de l’été », certes sans grands rebondissements pour le moment, mais en tout cas, il affole les médias.



D’ailleurs, même dans l’émission « Les Grandes Gueules », il a eu sa place. Notons que ce passage sur le petit écran a été contreproductif, car les intervenants principaux ne connaissaient pas du tout le sujet.



C’est la raison pour laquelle nous avons jugé bon de donner la parole à un des habitants de la commune, très attaché à l’édifice et qui permet d’édifier tous ceux qui ne connaissent pas la commune et surtout qui ne savent pas que l’enseigne Aldi existe déjà à moins de 500 mètres du lieu convoité pour son nouveau magasin. Ce qui démonte l’argumentaire principal du maire, qui crie à qui veut l’entendre, que sans un Aldi dans sa commune, cette dernière sera perdue. Nous pensons sincèrement qu’après la lecture de cet article, les choses seront bien plus claires pour tout le monde.



Autre argument qui d’après nous n’est pas recevable : le fait que le château soit en vente depuis des années. S’il n’a pas trouvé preneur, c’est simplement que son prix était prohibitif par rapport au prix du marché de l’immobilier.



Urgences Patrimoine se joint aux habitants pour le dépôt du recours, mais nous espérons encore une étincelle de bon sens dans la tête des dirigeants de l’enseigne discount, qui pourrait tout à fait passer du camp des démolisseurs, à celui des sauveurs en revoyant sa copie.



Merci à Pascal Louis de nous faire partager ses observations pleines de bon sens.



Pascal Louis : De formation scientifique, il estime que les mathématiques et les arts n’ont jamais cessé de se côtoyer, de se sublimer. Sa passion pour l’architecture, la sculpture ou encore la peinture en témoigne.Les voyages le nourrissent de cultures différentes et excitent sa curiosité. Il en revient toujours avec un nouveau regard, un « œil neuf ». L’habitude et la routine lui font peur. Pour lui, apprendre à observer une fleur, prendre le temps de tomber en admiration face à un « bel ouvrage » devrait être des apprentissages fondamentaux. La politique, au sens noble du terme le concerne, et tout particulièrement l’interpénétration entre urbanisme et modes de vie.


Rien ne peut justifier la destruction du Château Blanc.



A plus forte raison lorsqu’il s’agit de le démolir pour le remplacer par un parking et sa supérette ALDI.



Cette supérette existe déjà le long de cette même départementale, un peu plus loin en direction de MAUBEUGE. Installée au milieu d’un ensemble immobilier composé de plusieurs immeubles et de cités, le quartier a une densité de population supérieure à celle du centre-ville.


D’autres clients, de passage sur la D 602 fréquentent cette supérette. C’est donc un déménagement qui est prévu avec agrandissement et non une implantation vitale pour les habitants.




En venant s’implanter à la place du Château, ALDI sera sans aucun doute plus visible pour les clients de passage : ceux qui travaillent à MAUBEUGE et qui retournent chez eux dans la campagne voisine et ceux qui vont vers la grande zone commerciale AUCHAN. Il faut voir le nombre de véhicules immatriculés en Belgique qui passent par là. Le 21 juillet, fête Nationale Belge, c’est la folie.LOUVROIL est déjà largement dotée en termes de surfaces commerciales. Un hypermarché AUCHAN y est installé avec son ensemble de commerces satellites. Situé en limite du territoire de la ville, la zone s’étend sur la ville voisine HAUTMONT ; on y trouve des supérettes alimentaires et un vaste chantier est en cours pour accueillir plus de 120 magasins. AUCHAN est la plus grande zone commerciale au Sud du département. La Belgique, particulièrement la région de MONS achalande grandement cette zone commerciale, ce qui explique son implantation et son attractivité.Quelques commerces et supérettes tentent de s’implanter le long des axes passants (LOUVROIL est traversée par 2 axes principaux, la rue Jules Gallois et la route d’Avesnes) pour rejoindre AUCHAN depuis la Belgique, dans l’espoir de capter une partie de la clientèle de passage. L’expérience montre que le choix est risqué. LIDL de LOUVROIL en a fait les frais : voilà 2 ans que cette supérette est fermée. Aujourd’hui, c’est un garage et une exposition de voitures sur le parking. Situation que le Maire de LOUVROIL déplore. ALDI, avec une meilleure exposition et une plus grande surface commerciale espère faire mieux.Mais à quel prix !

  1. Ce choix s’oppose aux directives du PLUi qui stipule, p146 : « faire en sorte de limiter la dispersion des commerces le long des axes de flux ». On comprend pourquoi. Ce type d’implantation s’oppose à une politique de commerces de proximité soutenue par le PLUi. La volonté est de favoriser le regroupement de petits commerces afin de redonner de la convivialité au cœur des bourgs. Preuve par l’expérience, ALDI LOUVROIL, installé depuis plus de 20 ans n’a jamais attiré le moindre commerce autour de lui, pas plus que LIDL en son temps.

  2. Passage en force : « C’est à la place du Château Blanc ou ALDI quitte LOUVROIL ». La pression mise sur le Maire par le promoteur lui a-t-il permis de prendre sereinement sa décision ? Ce n’est un secret pour personne puisque c’est le Maire en personne qui justifie son choix de cette manière. Tant que les règles d’Urbanisme et d’Architecture seront dictées par les promoteurs, faisant fi du schéma directeur du PLUi, quel avenir réserve-t-on pour nos villes ?

  3. En limite de l’implantation du magasin, se trouve une maison Art-Déco, propriété classée « élément de patrimoine bâti repéré au titre de l’articleL151-19 du code de l’urbanisme » dans le PLU. Ce site patrimonial pourrait être doté d’un plan de gestion : un plan sous la forme d’un plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine (PVAP) qui crée une servitude d’utilité publique, par exemple. Dans le PC du magasin, l’ABF n’a pas été sollicitée. Que faut-il comprendre, alors que cette maison Art Déco est identifiée depuis 2007 ? Le bâtiment ALDI sera implanté perpendiculairement à la D 602, s’étirant le long de la propriété Art Déco (hauteur 6 m + garde-corps de la toiture). Clairement parlant, ce patrimoine est totalement dévalorisé, caché du grand public et d’un tourisme potentiel.


Le mépris pour ce patrimoine est d’autant plus flagrant que le bâtiment est un vulgaire hangar habillé de bardage coloré. Alors que dans la ville voisine, à HAUTMONT, le magasin ALDI est construit en briques rouges et couvert d’une toiture à plusieurs pans en ardoises, effort architectural dans le respect du bâti à proximité.


  1. ALDI en s’installant à l’intersection de la route d’Avesnes D 602 et l’avenue (= rue relativement étroite) de Montfort en Chalosse, crée un point noir en termes de sécurité sur l’avenue Montfort en Chalosse, sur la voie publique (piétons & cyclistes) à l’endroit de l’entrée-sortie du parking.Pas de possibilité d’accès sécurisé, pas de permis accordé. C’est aussi simple que cela. En effet, aujourd’hui l’accès sur la D 602 n’est plus autorisé pour 2 raisons : d’une part, le flux de circulation est conséquent, d’autre part, il se ferait entre un carrefour et un virage caché par les habitations, ces derniers distants de 200 m. Dans le carrefour, face au château, Il y a une interdiction de tourne à gauche : en venant d’Avesnes ou du contournement, direction Valenciennes, les véhicules, et notamment des camions de livraison n’ont pas la possibilité de rentrer dans l’avenue Montfort en Chalosse. (Voir plan de masse annoté) L’accès au parking ne pouvant se faire qu’à partir de l’avenue de Montfort en Chalosse, les camions devraient traverser la ville pour accéder au parking. Problèmes de sécurité routière, nuisances matinales causées par les allers et venues des camions de livraison deviendront rapidement des problèmes insolubles.


A noter, le ALDI actuel donne sur la D 602, avec une large emprise de voirie, une grande visibilité. Le ALDI de demain donne sur une rue étroite (emprise de moitié) sans aucune visibilité.




L’entrée au parking (voir le plan de masse ci-joint), est situé à 30 m du feu tricolore qui gère le carrefour. Quand 4 ou 5 véhicules attendent aux feux tricolores, l’entrée et la sortie sont bloquées. De l’autre côté, à 50 m de l’accès, il y a un virage à angle droit caché par un bâtiment industriel, virage accidentogène car plusieurs routes convergent vers celui-ci. Vous l’avez compris, sans l’encart sur le plan de masse, où le Département propose un giratoire, jamais le permis n’aurait été accordé. Mais ce giratoire n’apporte pas de réponse au virage sans visibilité, ou convergent plusieurs voies et déjà fort accidentogène



Double peine : du patrimoine est détruit avec de l’argent public.



Et tout ça pour un projet qui peut être éphémère, le business alimentaire dans le centre de LOUVROIL n’a toujours pas fait ses preuves, malgré plusieurs tentatives. (SHOPI, LIDL, et maintenant ALDI, motif en apparence de son déménagement)



P.S. La Mairie dit ne pas avoir de terrain à proposer. Pourtant,


  • derrière le château, une vaste surface ouverte sur les 2 rues précédemment citées et occupée par de vieux bâtiments industriels, ceux-ci n’ayant plus vocations à avoir une activité industrielle dans le tissu urbain.

  • à la sortie de LOUVROIL, proche des accès au contournement et le long de cette même D 602, il existe une grande surface commerciale inoccupée. Elle est disponible à la vente. S’il fallait encore une preuve que l’activité commerciale est difficile en dehors de la zone AUCHAN.



N.B. Le château de style renaissance offre une perspective unique en son genre sur la D 602 (précédemment N2 PARIS-BRUXELLES). De nombreuses photos à travers l’histoire en témoignent.




Au cœur de la Ville, il est situé face au parc public qui lui-même ouvre sur la place Général de Gaulle et la médiathèque de LOUVROIL.



Quant au bâtiment, sa structure est saine et la toiture à moins de 20 ans (à l’époque et suite à un incendie, la charpente et la couverture ont été refaites comme à l’origine, en respectant volumes et matériaux).



Actuellement, il est occupé par plusieurs locataires.



Un appel à projets qui respectent le cadre de vie, l’architecture et le patrimoine tout en privilégiant des activités pérennes, parait une démarche plus censée.



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