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Ancien Monoprix de Saint-Brieuc : « On fait quoi pour lui aujourd’hui ? »

Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
Alexandra Sobczak-Romanski
26 févr. 2020
2 min de lecture


Ce slogan de la marque Monoprix, « on fait quoi pour vous aujourd’hui », n’est pas vraiment d’actualité, puisque pour ce bâtiment emblématique de la ville, on ne peut plus rien faire. Une histoire à moult rebondissements qui ne se termine pas vraiment bien.

Construit en 1880 il avait tout d’abord abrité un Grand Magasin de confection et, dans les années 50, c’est Monoprix qui avait pris place dans ce grand bâtiment du centre-ville. Fermé en 2009 et racheté par le Crédit Agricole il était à l’abandon depuis. En 2015, la banque avait présenté un projet immobilier comprenant une vingtaine de commerces et une vingtaine de logements, mais le permis de démolir avait été refusé suite au rapport délivré par l’Architecte des Bâtiments de France, l’édifice se situant dans un secteur protégé. Ce projet n’ayant pas abouti, il a fallu de nombreuses concertations entre le propriétaire (le Crédit Agricole), la ville et l’ABF, pour arriver à l’hypothèse de l’installation d’une médiathèque, mais rien n’a été arrêté. La ville a envisagé un temps l’acquisition du bien pour 1 euro symbolique, mais cela n’a pas abouti non plus. Quoiqu’il en soit, le bâtiment s’étant fortement dégradé faute d’entretien, un arrêté de péril imminent a été déclaré et l’heure est désormais à la démolition et plus aux concertations. Le permis de démolir a été accordé et nous en sommes aujourd’hui à la mise en place du calendrier du chantier de démolition.

Sauf que démolir un édifice de 1700 m2 en plein centre-ville n’est pas chose aisée, d’autant que l’Architecte des Bâtiments de France souhaite que les pierres de la façade soient conservées, ce qui induirait une « déconstruction » presque entièrement manuelle de cette partie du bâti. Mais cette méthode « douce » risque de ne pas être compatible avec un arrêté de péril imminent, et il est fort probable que ce soit une fois encore les pelleteuses qui fassent le travail, au risque de fortement endommager les éléments à conserver. Du côté des habitants de la ville, l’heure est aux souvenirs et nombreux regrettent cette démolition. « C’est un morceau de l’âme de Saint-Brieuc que l’on va détruire » disent certains. D’autres, qui qualifiaient l’édifice à l’abandon de « verrue », sont soulagés que les travaux soient enfin entrepris. Quoiqu’il en soit, le Mon’op aura fait couler beaucoup d’encre, mais si le bâtiment avait été entretenu, sa démolition n’aurait jamais été d’actualité, et après 140 ans de bons et loyaux services, on aurait pu envisager un meilleur avenir pour lui.

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Crédits photographiques Le Télégramme : Valentin Boudet et Benoît Tréhorel.

3 commentaires


Invité
24 août

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Invité
23 août

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Guest
01 août 2025

L'architecture commerciale du XXe siècle : un patrimoine en péril


Cet article sur l'ancien Monoprix de Saint-Brieuc soulève une problématique majeure de notre époque : la préservation du patrimoine commercial du XXe siècle. Ces édifices, témoins de l'évolution urbaine et sociale, subissent aujourd'hui le même sort tragique que bien d'autres bâtiments historiques à travers l'Europe.


Les grands magasins : marqueurs d'une révolution sociale


Construit en 1880, ce bâtiment incarnait la démocratisation du commerce. Les grands magasins de confection représentaient alors une véritable révolution, permettant l'accès aux vêtements confectionnés pour les classes moyennes. Cette transformation sociale s'accompagnait d'innovations architecturales remarquables : grandes verrières, structures métalliques, circulation fluide des clients.


"L'architecture de ces édifices commerciaux révolutionnait l'art de vivre urbain, créant de…

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