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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

Cette publication relaie les combats de notre association.

Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

« C’est Mon Patrimoine »: 600 collégiens assistent à la démolition de la chapelle Saint-Joseph

Souvenons-nous de la grande opération du Ministère de la culture visant à sensibiliser les jeunes au patrimoine et à sa sauvegarde. On peut dire qu’au Ministère de la Culture on a beaucoup d’humour.


Voici la présentation officielle de cette opération sur le site du Ministère :



L’accès de tous à la culture et au patrimoine



En s’adressant à des jeunes issus des territoires prioritaires, urbains mais aussi ruraux, C’est mon patrimoine ! a pour ambition de les sensibiliser aux patrimoines et à l’histoire à travers une offre culturelle de qualité.



Ce sont ainsi chaque année plusieurs centaines de sites (monuments, musées, archives, villes et pays d’art et d’histoire, patrimoine industriel, sites archéologiques ou patrimoines immatériels) qui leur sont ouverts pour une découverte privilégiée et une pratique artistique et culturelle de qualité.



C’est mon patrimoine ! permet aux enfants et adolescents de développer leur goût du patrimoine et des arts, d’enrichir leurs connaissances et les aide à mieux comprendre l’intégration d’un lieu patrimonial dans son environnement géographique et culturel.



Si l’idée première est tout à fait louable, il serait peut-être bon de réfléchir comment ne pas déstabiliser les jeunes en leur présentant quasi quotidiennement des démolitions.



Ces jeunes qui sont censés être les gardiens du patrimoine de demain doivent se poser bien des questions quant à la valeur de « leur patrimoine », lorsque celui-ci finit sans remords sous les crocs des pelleteuses.



Imaginez donc ce que doivent penser les 600 collégiens du collège Saint-Paul qui assistent depuis mercredi, alors qu’ils sont en cours, à la démolition de l’édifice.



Longtemps Junia (l’école d’ingénieur à l’origine de la démolition) avait indiqué que, pour des raisons de sécurité, les opérations de démolition ne seraient pas réalisées en présence des élèves mais, sans doute par peur du résultat de notre ultime référé dont la date avait été fixée au 18 février, la sécurité n’est apparemment plus de mise et les travaux ont été avancés.



Si cette démolition va, nul doute, entraîner de vives réactions de la part de tous ceux pour qui le patrimoine et sa sauvegarde ont du sens, qu’en est-il de ces jeunes adolescents à qui l’on offre un tel spectacle ?



Est-ce là une façon de faire d’eux des adultes engagés pour la mémoire collective ? Est-ce là la façon de les sensibiliser à la cause du patrimoine ?



En tout cas, c’est la façon que l’Université Catholique de Lille pense être la meilleure pour leur apprendre le respect du passé, avec la bénédiction du Ministère de la Culture qui s’illustre ici de façon magistrale dans le rôle du donneur de (mauvaises) leçons, en criant haut et fort que seul le patrimoine dit « remarquable » doit être conservé et que le patrimoine des territoires, même s’il s’inscrit dans un contexte architectural cohérent, peut être mis par terre.



Nous ignorons quelle est l’opinion de ces collégiens qui assistent à ce spectacle affligeant depuis les fenêtres de leurs classes, mais ce que nous savons, c’est qu’ils respirent la poussière dégagée par ces travaux de démolition.

Nous pensons qu’il est grand temps que Madame Bachelot débaptise cette opération du Ministère de la Culture et que désormais on la nomme « C’était Mon Patrimoine ».

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