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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

Cette publication relaie les combats de notre association.

Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

L’Hallali a sonné pour la « chapelle » de l’architecte Roger Poyé

C’est terminé, l’édifice est en train de périr sous les pelleteuses.



Cette maison, signée par l’architecte Roger Poyé à Calais, est rend son dernier souffle. Dans quelques jours il ne restera plus rien de ce témoin du patrimoine art-déco, malgré une mobilisation forte des calaisiens et bien au-delà.



Près de 3000 personnes ont répondu à l’appel de Magali Domain et ont signé sa pétition de la dernière chance, pour dire « non » à la démolition de ce patrimoine emblématique de la ville, laissé à l’abandon pendant des années, puis revendu à l’Office Public de l’Habitat-Terre d’Opale Habitat.



Les délais de recours étant passés, cette mobilisation citoyenne était le dernier espoir permettant de sursoir à la démolition, mais malgré tous les efforts des défenseurs du patrimoine, la démolition a bien eu lieu. Comble de l’inconvenance : une réunion devait avoir lieu aujourd’hui à 14 heure en mairie avec tous les acteurs concernés, y compris un représentant de l’Office Public de l’Habitat et l’Architecte des Bâtiments de France qui a donné un avis favorable à la destruction de l’édifice, mais au dernier moment sans véritable motif, cette réunion a été annulée.




Quant au label Ville d’Art et d’Histoire, nous espérons que le jury qui l’a décerné à la ville de Calais va revoir sa copie, car effectivement, « la chapelle » de Roger Poyé figure bien dans le dossier de candidature de la ville à la page 66.



Un comble quand on voit l’édifice finir en tas de gravats un an après l’obtention de ce label. La ville de Calais, durement touchée par les destructions des deux guerres mondiales, avait tout à gagner en conservant au moins la façade de cet immeuble, œuvre d’un architecte reconnu.



Sa sauvegarde aurait également contribué à la protection d’un pan du patrimoine régional lié à l’univers ouvrier. Toutefois, à partir du moment où l’Architecte des Bâtiments de France avait donné sa « bénédiction », il était difficile de sauver ce témoin de la mémoire calaisienne. D’ailleurs, nous ne comprenons toujours pas la position des services de la culture actuellement, car ils semblent peu réceptifs à nos appels désespérés concernant la sauvegarde du patrimoine.



La semaine dernière nous avons essayé de contacter le Président de la Région Hauts-de-France, Monsieur Xavier Bertrand, pour avoir au moins son avis quant à cette démolition et plus généralement sur la politique patrimoniale de sa Région, mais nous n’avons obtenu aucune réponse de sa part.



Bien entendu, en premier lieu, c’est vers notre Ministre de la Culture, Madame Roselyne Bachelot, que nos espoirs résidaient, car il lui suffisait d’une signature pour suspendre la démolition et ordonner une mesure de protection d’urgence. Hélas, là aussi, nous n’avons obtenu aucune réponse de sa part.



Nous qui placions tant d’espoirs lors de sa nomination, nous commençons à nous inquiéter. Quand nos édiles entendront-ils enfin « la voix du peuple » qui ne souhaite pas voir disparaître son patrimoine commun ? En tout cas, pas aujourd’hui.



Enfin, en parlant de nomination, que Madame Natacha Bouchart, la Maire de Calais, ne s’inquiète, nous avons décidé de lancer cette année le grand concours des « Pelleteuses d’or » et son nom devrait figurer en bonne place.


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