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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

Cette publication relaie les combats de notre association.

Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Louvroil : Aldi le nouveau sponsor des pelleteuses ?

Rien ne va plus à Louvroil dans le département du Nord où le Maire de la commune et son Conseil Municipal ont signé le permis de démolir du Château Lixon le 24 juin dernier au profit de l’enseigne Aldi, qui souhaite implanter sur le terrain attenant un nouveau magasin.



Dans une interview sur Canal FM, le Maire indique qu’il a absolument besoin de ce magasin à cet endroit. Que cette implantation est capitale pour la commune et qu’il n’a pas pu refuser cette opportunité.



Il se rend compte, néanmoins, que c’est un déchirement pour ses administrés de voir disparaître ce patrimoine emblématique, mais que le coût des travaux d’aménagement aurait été trop lourds à supporter pour la commune, d’autant qu’il n’y avait aucun projet précis en cas de rachat.



Il est vrai que le château appartenant à un propriétaire privé, ce dernier avait le droit de le vendre à qui bon lui semblait. D’ailleurs, ce n’est pas la parcelle du château en lui-même qui a dû séduire l’enseigne, mais les terrains attenants vendus avec, pour une superficie totale d’environ 5000 m2.



Alors pourquoi offrir l’édifice aux pelleteuses ? Tout simplement pour réaménager la rue et mettre un joli rond-point pour faciliter l’accessibilité au nouvel Aldi.



Nous étions habitués à voir raser gratis le patrimoine pour en faire des « zones végétalisées », des parkings ou des zones pavillonnaires, mais le coup du rond-point était encore un inédit pour nous, défenseurs des témoins de notre mémoire collective.




Ne voulant pas passer encore et toujours pour des empêcheurs de tourner en rond (point), nous comprenons tout de même la position des élus, car il n’est pas toujours facile de monter des projets de valorisation d’un édifice qui risquerait de déséquilibrer les finances de la commune.



Cependant, avec un minimum de volonté et en concertation avec la population, il ne fait nul doute que le château aurait pu trouver sa place dans un beau et grand projet municipal, d’autant plus que, lors de la courte période pendant laquelle l’édifice était propriété de la commune, des travaux avaient été effectués. En autorisant la démolition, cela revient un peu à réduit en poussière des milliers d’euros d’argent public.




Maintenant, soyons pragmatiques et analysons froidement la situation, car nous partons du principe qu’à chaque problème il y a une solution.



En fait, dans ce cas précis, nous en voyons plutôt deux, dont une qui mettrait en valeur Aldi et en ferait un pionnier en la matière :



Puisque la parcelle sur laquelle se trouve le château n’est pas celle sur laquelle va être construit le magasin, pourquoi l’enseigne s’obstine à vouloir démolir ? Pour rendre l’accès plus simple vers le parking ? Nous sommes certains qu’avec un peu d’imagination, on peut trouver un autre accès sans détruire plus de 100 ans d’histoire locale. Si le problème de l’accessibilité était résolu, alors Aldi pourrait très bien réhabiliter l’édifice et en faire ses bureaux au premier étage et pourquoi pas laisser accessible au public le bas en y faisant par exemple un lieu d’accueil pour les enfants du personnel et pourquoi pas des clients, notamment le mercredi, ou en mettre une partie à la disposition de la collectivité qui pourrait y organiser certaines manifestations culturelles.



En parlant de culture justement, même si l’enseigne ne dispose pas jusqu’alors d’espaces de ventes dédiées à la culture, pourquoi ne pas faire un « pilote » avec ce château ?



Pourquoi ne pas s’afficher clairement comme un nouvel acteur du patrimoine des territoires, en réhabilitant un édifice lors de chaque construction d’un nouveau magasin ?



Lidl est bien partenaire du Ministère de la Culture pour les Journées Européennes du Patrimoine, alors pourquoi Aldi ne testerait pas un nouveau concept qui ferait de l’enseigne une enseigne « patrimo-responsable » ? C’est moins tendance qu’Éco-responsable, mais agir pour la sauvegarde du patrimoine des territoires, c’est agir aussi pour le bien commun. En parlant d’écologie, nous rappelons que les chantiers de démolition sont une catastrophe écologique à eux seuls.



Pourtant, Aldi se félicite d’avoir des valeurs. Voilà ce que l’on peut lire sur leur site :



«  NOS VALEURS : ALDI tout simplement. C'est notre modèle d'entreprise qui nous distingue et qui guide nos décisions. Trois valeurs clés le définissent : « simplicité, responsabilité et fiabilité ». Notre politique de responsabilité sociétale est à la base de notre gestion d'entreprise. »



« Simplicité, responsabilité, fiabilité » ? Nous trouvons sincèrement que ces valeurs ne correspondent pas au projet de Louvroil, car détruire ce patrimoine nous semble totalement irresponsable. En revanche, la simplicité est au rendez-vous, puisqu’il est bien plus simple de détruire que de réfléchir à une solution alternative qui satisferait tout le monde. Quant à la fiabilité, elle est quand même fortement entachée par ce projet.



La seconde option qui permettrait de conserver l’édifice, serait tout simplement de construire dans une autre zone. Deux sont déjà identifiées dans des zones très passantes. Monsieur le Maire aurait donc son Aldi et le château ne serait pas détruit.



Sauf que pour cette seconde option, il faudrait que le propriétaire actuel trouve un nouvel acquéreur.



La solution idéale serait donc que la commune rachète la parcelle sur laquelle se trouve le château et qu’ensuite elle lance un appel à projet. Cette affaire aura mis Louvroil au cœur de toutes les discussions, il ne fait nul doute que des solutions apparaîtrons si cette option de rachat est retenue.



Bien évidemment, Urgences Patrimoine a répondu présente aux dizaines d’alertes reçues ces derniers jours et nous allons tout mettre en œuvre pour que le Château Lixon reste debout, à commencer par un recours gracieux, car pour une fois, l’alerte a été donnée suffisamment tôt et nous avons jusqu’au 24 août pour effectuer cette démarche, ce qui, hélas, n’était pas le cas lors de notre combat contre la démolition de la chapelle Saint-Joseph à Lille, où les délais de recours étaient dépassés depuis plus d’un an.



Cela dit, si après le recours gracieux, nous étions obligés de déposer un recours contentieux, nous le ferons sans hésiter.



Comme nous préférons toujours l’optimisme au défaitisme, nous pensons sincèrement qu’Aldi aura l’intelligence de renoncer à cette démolition, tout comme l’a fait Lidl il y a trois mois en renonçant au projet de construction d’un nouveau magasin, qui devait sacrifier de nombreux arbres, le seul moulin de la commune et une maison de maître.



Le slogan : « Le bon sens près de chez vous » est déjà pris, mais nous espérons qu’il inspirera Aldi !



En tout cas, nous remercions très sincèrement Romain Vitrand, qui a eu la bonne idée de lancer une pétition et qui ne ménage pas ses efforts pour empêcher cette démolition. Pétition que nous vous invitons à signer ICI si ce n’est pas déjà fait.



Bien évidemment, nous vous tiendrons informés de la suite des événements. En attendant, si vous souhaitez apporter vos témoignages, vos souvenirs, vos photos et nous dire pourquoi vous êtes attachés à cet édifice, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à : urgences.patrimoine@gmail.com



Tout ce qui pourra nous être utile pour le recours sera le bienvenu.



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