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La Gazette du Patrimoine est le média en ligne d'Urgences Patrimoine. 

Cette publication relaie les combats de notre association.

Elle permet la diffusion des informations relatives aux patrimoines et à ses acteurs. 

  • Photo du rédacteurAlexandra Sobczak

Saint-Malo : grandeur et décadence d’une des plus belles villes de France

En cette fin de mois d’août, nous aurions pu faire l’éloge de ce fleuron du patrimoine national qu’est la ville de Saint-Malo. Ses remparts, ses plages, son port et son histoire maritime connus de tous.




Or, c’est un tout autre visage qu’offre la ville, si l’on s’égare en dehors du centre historique.



Une ville ravagée par la promotion immobilière qui est tout bonnement en train de la défigurer. Écoles, presbytères, anciens commerces, maisons de pays, tout est détruit depuis quelques années au profit d’immeubles sans âme où vont s’entasser parisiens en mal d’air iodé ou retraités fortunés.



C’est lors de la mandature du maire précédent que les démolitions ont été les plus nombreuses. Rien que sur l’année 2019/2020, plus de dix chantiers de démolition ont eu lieu ou sont en cours.



Le quartier le plus touché, est celui de La Gare/Rocabey. Progressivement les bâtiments "historiques" et les maisons disparaissent au profit de barre d'immeubles.



A Saint-Malo, on ferme et on démolit les écoles au profit d'immeubles (2 ou 3 écoles ont déjà disparues et il est bien probable que la liste continue a s'agrandir).



Pendant 6 ans, la municipalité a véritablement "bétonné" la ville de Saint-Malo à tour de bras, faisant démolir sans état d'âme (pour le bien de Saint-Malo d'après eux) des quartiers entiers pour faire place à des barres d’immeubles de plus en plus hautes.



Il va sans dire que la ville est devenu la proie de promoteurs immobiliers qui vont jusqu'au harcèlement de certains propriétaires de maisons, pour les encourager (pour ne pas dire forcer) à vendre leur maison comme le dénonce cet article ICI.



La démolition la plus scandaleuse fut celle d'une malouinière du XVIIIe siècle (les malouinières, sont un style de villa, construite par de riches commerçants et négociants au XVIIIème siècle, à St-Malo et ses alentours). Cette villa portant le nom "Tourville" a donc été rasée sans remords et dans la plus grande discrétion, il en fut de même pour la maison voisine, une très jolie villa du début du XXe siècle. A vrai dire, c’est toute une série de maisons (en tout 4 maisons) qui a été rasée pour faire place à une barre d'immeuble extrêmement haute.



En ce moment même, c'est au tour du dernier cinéma historique de Saint-Malo d'être démoli (le cinéma Vauban, construit au début des années 50).

Juste à côté du cinéma eu lieu aussi la démolition du presbytère (datant du XIXème siècle) de l'église Notre-Dame-des-Grèves.



Un autre exemple assez frappant est l'Avenue Franklin Roosevelt, qui est devenue progressivement le fief du groupe Roullier (Société TIMAC). Plusieurs bâtiments sont sortis de terre, et une avenue toute neuve a été tracée (alors même qu'un nombre incalculable de rues de St-Malo sont dans un état déplorable).



Enfin, comme si démolir ne suffisait pas, les deux musées de la ville sont fermés depuis novembre 2019, laissant la Tour Solidor et le Grand Donjon vides et sans destination.


Les collections ont été mises en réserve et la seule bonne nouvelle est que la majorité des œuvres ont été restaurées.



Cette campagne de restauration a d’ailleurs duré de nombreuses années, vidant un peu plus à chaque fois les deux édifices. Une fois restaurées, les œuvres ne retrouvaient pas les collections des musées, mais les réserves.



Lire l’article au sujet de la fermeture des musées ICI.


Pourquoi ? parce que là encore, un projet que l’on pourrait nommer « d’envergure », ou plus objectivement issu d’un délire mégalomane, devrait voir le jour en 2022. Pour un montant pharaonique alors même que l'on se demande comment la commune va pouvoir financer un si lourd projet. D'autant plus en la période de crise que nous connaissons actuellement. C’est d’ailleurs le projet d’un célèbre architecte japonais qui a eu grâce aux yeux de l’ancien maire. C’est donc dans ce bâtiment que les collections seront (un jour peut-être) rendues au public.



Voir le projet  ICI.




Encore une fois, nous n’avons rien contre l’architecture contemporaine, et il faut que le XXIe siècle laisse lui aussi son empreinte, mais nous ne sommes pas certains que ce bâtiment s’intègre bien au paysage.



Nous sommes désolés d’avoir entaché l’image de cette ville qui fut jadis magnifique, et qui gardera tout de même un potentiel touristique incontestable (si, bien entendu, la « démolitionnite aigüe » cesse. Nous ne sommes pas certains que les touristes continuent d’affluer pour admirer des immeubles en béton.



D’ailleurs, la « démolitionnite » est toujours d’actualité avec le projet de démolition de l’ancien camping. Mais les associations locales sont vent debout contre le projet et pour le moment tout est à l’arrêt. Lire l’article d'Ouest France ICI




Espérons que ces dernières auront gain de cause. Sinon, l’on pourra définitivement changer le nom de la ville en la nommant : « Saint-Mal-loti »

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