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Nous avions évoqué cette bien jolie maison et son avenir incertain dans un de nos précédents articles, au mois de février.


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Profitant de la période de confinement, qui nous éloigne tous des préoccupations patrimoniales, M. Emmanuel Darcissac, le maire d’Alençon, a fait procéder ce jour à la démolition de l’édifice, sans doute pour que celle-ci passe inaperçue.



Soyons clairs. Alors que l’on nous ordonne de rester confiné pour des besoins de santé publique, nous ne pensions pas qu’une démolition était un acte prioritaire. D’autant que la maison n’était pas une menace pour la sécurité des biens et des personnes et que, s’agissant des personnes justement, elles sont chez elles, donc aucune urgence particulière, à part sans doute pour Monsieur le Maire. Car c’est bien l’incompréhension qui règne aujourd’hui chez tous les défenseurs du patrimoine de la commune.



Incompréhension doublée d’une profonde inquiétude concernant les maisons à pans de bois frappées d’un arrêté de péril et qui risquent de subir le même sort dans les jours à venir. Lire notre article du 08/04/20. La prolongation de la durée du confinement va sans conteste être une aubaine pour les élus de la commune, qui vont pouvoir sans doute se délecter du réjouissant spectacle des pierres chargées d’histoire broyées comme de vulgaires parpaings.

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Cela nous amène à nous inquiéter d'un autre dossier. Celui du presbytère de Mamers, puisque M. Darcissac, membre du conseil de surveillance du Centre hospitalier Intercommunal Alençon Mamers, lors d’un échange téléphonique avec Urgences Patrimoine, nous avait assuré de son intérêt pour ce dossier. Quand on voit, aujourd’hui, le sort réservé au patrimoine d’Alençon, on ne peut qu’être inquiet. (Lire l’article ici ) Si aujourd’hui nous ne pouvons plus rien faire pour la maison démolie, nous devons absolument nous mobiliser pour les maisons à pans de bois menacées du même sort, à travers, entre autres, la pétition mise en ligne par Les Amis du Vieil Alençon. Pour signer cliquez ici.


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C’est en janvier 2017 qu’un incendie a fortement endommagé le château de Divonne-les-Bains. La toiture et les deux derniers étages ont été totalement détruits. L’eau des lances à incendie a également causé d’importants dégâts, notamment au niveau des tissus et des boiseries. Heureusement l’incendie n’a fait aucune victime.


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Ce château, propriété de la famille La Forest-Divonne depuis plusieurs siècles, était exploité par une société spécialisée dans l’hôtellerie haut de gamme qui était locataire de l’édifice. Juste après l’incendie, tout le monde espérait une renaissance rapide de ce fleuron culturel, économique et touristique de la ville. En effet, l’incendie étant d’origine accidentelle, les assurances allaient couvrir le montant des travaux. Or, rien ne s’est passé comme prévu. Les importants projets de réhabilitation, notamment celui d’hôtel cinq étoiles, n’ont pas vu le jour. La société qui exploitait l’hôtel a été contrainte de renoncer à une reprise de son activité après les travaux (s’ils avaient été effectués), puisque son bail n’a pas été renouvelé. La commune, ayant la propriété de l’exploitation de l’édifice suite à un legs, est dans l’attente d’un accord avec les propriétaires, mais ceux-ci restent injoignables, malgré les nombreuses démarches entreprises.

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Le château n’étant plus hors d’eau, il se dégrade chaque jour un peu plus et son avenir est bien incertain. Il y a fort à penser que certains détails nous échappent, et que la situation est bloquée à cause de conflits internes, créant des tensions entre tous les partis concernés.


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Nous n’avons plus qu’à espérer que les propriétaires historiques de ce joyau du patrimoine de la ville auront rapidement à cœur de le « soigner » et de le faire revivre. Historique du château ici.

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak
    Alexandra Sobczak
  • 7 avr. 2020

Il ne s’agit ni de châteaux spectaculaires, ni d’églises remarquables, juste de « modestes » maisons à pans de bois, comme il en existait beaucoup, mais comme il en existe de moins en moins. La défiguration des centres anciens est très à la mode. On se réfugie derrière une vétusté ignorée pendant des années et sans crier gare, à grands coups « d’état de péril », on démolit sans la moindre compassion et sans le moindre état d’âme ces petits témoins de l’histoire locale et, souvent, sans le moindre projet derrière, laissant un trou béant en lieu et place, comme pour gommer la trace d’un passé pourtant glorifié à quelques pas de là. La ville d’Alençon montre le mauvais exemple en projetant de façon imminente la destruction de plusieurs de ses maisons « historiques », alors qu’à quelques mètres de là, une maison identique est protégée au titre des Monuments Historiques. Entre incohérences et précipitation, voici le constat que dresse Jean-David Desforges, historien du patrimoine : Au cœur de la ville d’Alençon, quelques terrains vagues coexistent au-côté de maisons en déshérence, comme rue du Château et rue Bonette. En janvier 2020, M. Darcissac, maire d’Alençon, a signé un arrêté de péril imminent pour un ensemble de bâtiments. On pourrait souscrire à l’idée qu’il y ait danger si… si cela ne faisait pas 12 ans que personne ne se préoccupe de ces maisons vides. Les propriétaires sont des octogénaires, le principal vivant à Nantes. A Noël, des squatters ont fait voler en éclats les vieilles vitres. Des tessons de verre jonchent le trottoir. Un premier expert a conclu à des chutes de matériaux, justifiant la sécurisation par la destruction. Un deuxième a vu un trou dans le toit. Le troisième a entériné l’avis des deux autres. C’est implacable sur le plan administratif.

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Rue du Château à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020). Le quartier où se situent ces bâtiments a déjà été bien malmené dans les années 1960-1970. Un mouvement de citoyens avait fini par avoir gain de cause sur le massacre urbain. Cinquante ans après, on recommence. Ces maisons à pans de bois sont édifiées sur de petites parcelles caractéristiques du tissu urbain médiéval intra-muros. Les éléments que j’ai pu observer en façade pour l’une d’elle sont assez comparables à ceux de la maison des Sept Colonnes, en face d’elle dans la rue, inscrite ISMH, et en cours de restauration. Cette maison de la fin du XIVe siècle est un dossier privé qui intéresse beaucoup la ville, du fait de son état et de sa forte valeur symbolique pour l’histoire locale. Ce n’est pas le cas pour ses voisines, en revanche.

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La maison des Sept Colonnes, angle de la rue du Château et de la Grande rue à Alençon (J.-D. Desforges, janvier 2020). Si les pièces de bois de ces maisons sont taillées et marquées comme celles de leur prestigieuse voisine, elles sont cependant en position secondaire. En effet, les façades sur rue ont été frappées d’alignement vers 1760. Nous sommes donc en présence de maisons de la fin du Moyen Âge, partiellement remaniées au XVIIIe siècle. Cela enlève-t-il de l’intérêt à ces constructions ? Non, aucun, du fait qu’Alençon ne possède presque plus de maisons à pan de bois. Elles sont devenues rares. Si l’on regarde les maisons médiévales à façade pans de bois remontées au XVIIIe siècle, nous en faisons vite le tour.


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Les n° 9 et 11, rue du Château à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020).


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Le n° 13, rue du Château à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020).

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Carte de répartition de l’architecture à pans de bois à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020). Ainsi, Grande rue, près de Notre-Dame, le remplissage est en briques. On voit bien une poutre maîtresse sciée apparaître en façade : c'est un indice de transformation entre 1755 et 1770. Les encorbellements ont disparu au profit d’une façade plane, alignée avec ses voisines.

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Le n° 57, Grande rue à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020). Un peu plus loin Grande rue, nous avons une construction contemporaine de la maison des Sept Colonnes. Des éléments en bois conservés à l'intérieur jusqu'à il y a peu, vont d'ailleurs servir de modèles pour reconstituer ce qui y a disparu : les fenêtres à croisées. Là aussi, la façade est remontée avec des pièces de bois médiévales.

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Le n° 79, Grande rue à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020). Toujours Grande rue, regardons à présent ce Monument Historique, qui ferme la Cour Cochon, daté du milieu du XVe siècle. L'étage a été remanié vers 1755-70. La structure est un mélange de pièces en place et d'assemblages du XVIIIe siècle.

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Le n° 137, Grande rue à Alençon (J.-D. Desforges, mars 2020). Mais comment argumenter que ce sont des maisons transformées à la même période ? Avec cet assemblage formant le panneau sous les fenêtres, qui se retrouve dans trois des exemples connus, rue du Château puis Grande rue, est-il nécessaire d'en écrire davantage ? Mêmes charpentiers, même époque, même problématique. Pour la maison couverte d'un enduit rue du Château, et dont on devine les pans de bois, regardons les baies, avec un linteau un peu cintré. Là aussi, nous sommes dans les années 1755-1770. Ce serait dommage de découvrir un pan de bois intéressant le jour de la destruction, n'est-ce pas ?

A gauche, le 157, Grande rue (MH) et à droite, le 13, rue du Château (J.-D. Desforges, mars 2020). Sur l’arrière, en second rideau, une grande bâtisse des années 1770-1780 se dresse encore. Nous n’avons pas eu confirmation du fait qu’elle serait aussi touchée par l’arrêté de péril imminent. Alors que faire ? Puisque des fonds publics sont engagés pour ces maisons, pourquoi ne pas les sécuriser ? Un architecte y verrait-il un chantier insurmontable ? Pourquoi détruire et créer une friche pour les 50 ans qui viennent alors que la maison des Sept Colonnes en face, va retrouver son lustre ? Nous sommes face à une stratégie urbaine déséquilibrée dans la même rue, en face à face. Une maison est restaurée, deux autres sont détruites. La maison visée par toutes les attentions va se retrouver dans une semaine face à un terrain vague, un véritable « coin à pisse » et décharge sauvage comme on en voit d’autres à moins de 100 m, perdurant depuis des décennies. Ces maisons ont une place, une histoire, un rôle à jouer dans notre environnement. Donc non, ne les démolissons pas. Bien que les jours soient comptés avant le début du chantier de démolition, une pétition a été lancée par « Les amis du vieil Alençon », afin d’interpeler les services de la culture et bien entendu, la municipalité. Merci de signer et de partager le plus possible ici.

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