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Encore un patrimoine remarquable menacé de démolition, et nous espérons vivement que ce second confinement ne précipitera pas cette démolition, car nous avons pu remarquer, lors du premier, que les pelleteuses n’avaient pas chômé.



C’est dans un merveilleux village du Gard jusqu’alors assez préservé, que les sirènes de la promotion immobilière se font entendre, emportant avec elles les témoins du passé industriel de la commune. À commencer par l’emblématique usine de pipes Job Clerc, qui a fait la renommée de Saint-Quentin bien au-delà de nos frontières de la fin du XIXe siècle et jusque dans les années 70. Si certains habitants sont résignés à voir disparaître l’ensemble des bâtiments de l’usine, ils se mobilisent depuis plus d’un an pour sauver la cheminée.


Cette cheminée en briques rouges est d’ailleurs protégée au titre des monuments historiques depuis 1989, ce qui atteste bien de son importance au sein du patrimoine local.




L’association « Patrimoine et culture céramique à Saint Quentin La Poterie » nous expose ici les faits :



Dans le bulletin municipal de mars 2019, les habitants de Saint Quentin La Poterie ont découvert le projet immobilier privé sur le site de l'ancienne usine Job Clerc. Hormis pour les quelques riverains, aucune concertation ou information n’a été organisée, alors que ce projet prévoit la destruction de la cheminée de l'ancienne usine. 



Construite à la fin du XIXe siècle et haute de 29 m, cette cheminée a fait l’objet d’une restauration en 2003, pour un montant d’environ 40 000 euros. Elle est la dernière cheminée intacte du village et de ses environs, et représente un symbole de l’industrie de la terre cuite en Uzège. À ce titre, elle est inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel. Depuis le néolithique, l’histoire de Saint-Quentin-La Poterie est liée à la terre cuite grâce aux gisements d'argile et de sables réfractaires de son territoire.



En 2017, une subvention de 40 000 euros a été obtenue dans le cadre d'un projet européen LEADER pour travailler sur l'identité du village et valoriser son patrimoine. Ce programme est actuellement mis en œuvre par une commission qui implique la mairie, l'office culturel, l'association des métiers d’art et l'office du tourisme d'Uzès.




Comment peut-on, simultanément, mener des actions subventionnées par l'Europe et le département en faveur du patrimoine, et détruire cette cheminée, symbole du village et témoin de son passé industriel ? 



Nous sommes bien sûr favorables à la construction d'habitations au cœur du village, mais en intégrant la cheminée au projet immobilier. 



Le 12 novembre 2019, le maire de Saint-Quentin-la-Poterie a signé le permis de construire du projet immobilier initial de l’Espace Job-Clerc, qui prévoit la démolition de la cheminée. Dans ce projet immobilier, la démolition de la cheminée est justifiée par sa dangerosité, son risque d’effondrement. Or M. Aigoin, ingénieur structure spécialiste des monuments historiques, mandaté par la DRAC, a déclaré que la cheminée ne présentait aucun danger dans l’immédiat et pouvait être facilement restaurée.



Depuis mars 2019, nous nous battons pour empêcher la démolition de la dernière cheminée intacte de Saint-Quentin-la-Poterie ( il y en avait jusqu’à 8 au début du XXe siècle ) avec de nombreux soutiens, DRAC, Bâtiments de France, Monuments Historiques……                                                                                                                                                                             


Malgré les 2000 signatures des pétitions, le maire, ses conseillers, et le promoteur choisi refusent toute conciliation. Nous rappelons que nous ne sommes pas contre le projet immobilier, nous demandons seulement que la cheminée soit intégrée au projet : elle est en bordure de propriété, et occupe moins qu’une place de parking. Alors, pourquoi ne pas la garder ?



Nous avons saisi le tribunal administratif, avec deux actions : une en référé, pour la suspension du permis de construire, l’autre au fond, pour la sauvegarde de la cheminée. Bien que le juge des référés ait ordonné la suspension de l’exécution du permis de construire prévoyant la démolition de la cheminée, le juge du fond vient de refuser notre requête parce que l’article 111-27 ne s’applique qu’aux permis de construire et que nous l'utilisons pour lutter contre la démolition de la cheminée, bien que le promoteur immobilier ait déposé un permis de construire (valant démolition). Et c’est bien contre ce permis de construire que nous avons saisi le tribunal administratif de Nîmes.



Nous avons décidé de faire appel auprès du Tribunal d’appel de Marseille.



Urgences Patrimoine a été contactée par le comité de sauvegarde afin de soutenir ce combat. Bien entendu, nous avons répondu présents aussi bien pour l’assistance juridique que pour la communication autour de cette triste affaire. Ce patrimoine est un témoin remarquable de l’histoire de la commune et il ne doit être préservé.



Mobilisons-nous pour dire non à la démolition de la cheminée de Saint-Quentin-la-Poterie notamment en signant et en partageant la pétition mise en ligne par l’association de sauvegarde ICI.


Un peu d’histoire : la Fabrique de pipes Job Clerc



Job Clerc (1854-1935)) est un artisan pipier de Saint-Quentin-la-Poterie  qui s'inscrit dans la tradition de ce village où il créa une  fabrique florissante. Il vend  des pipes inspirées souvent de ses concurrents dans toute la France et dans les colonies (Afrique, Maghreb). Job Clerc fabrique des pipes que l’on nomme « fantaisie » de formes diverses, de la tête d’illustres personnages au pot de chambre en passant par les têtes d’animaux . Cette fabrique produira également des pipes plus simples destinées à servir de cible dans des stands de tir des fêtes foraines, et des figurines pour les cornets surprise que l’on pouvait offrir aux enfants



Après le décès de Job Clerc en 1935, l’entreprise est reprise par ses descendants mais ferme définitivement ses portes dans les années 70.




Urgences Patrimoine avait donné l'alerte grâce à un article dans notre Gazette du Patrimoine le 18 septembre, au lendemain de la publication de celui du journal L'Est Républicain, faisant état de la démolition prochaine de la maison Berweiller, située dans la commune de Sierck-Les-Bains (lire l'article ICI).



C'est cet article de La Gazette du Patrimoine qui a retenu l'attention de nombreux habitants de la commune, et en particulier de Joseph Nousse, fervent défenseur de Sierck et figure locale. Ce sont plus de trois cents personnes qui ont alors partagé sa publication sur les réseaux sociaux et, immédiatement après, un comité de sauvegarde a été créé afin d'éviter la démolition de l'édifice érigé en 1664.



L'affaire a dépassé largement les frontières de la commune et toutes les grandes associations se sont jointes au comité de sauvegarde pour essayer de trouver des solutions rapides et surtout pérennes, afin d'offrir un avenir à l'édifice.



La solution idéale serait, comme nous l'avons déjà évoqué, de trouver un repreneur sérieux, en capacité de réaliser les travaux d'urgence afin de lever au plus tôt l'état de péril. Un groupement d'entrepreneurs luxembourgeois s'est fait connaître et a rencontré Madame la Maire le 20 octobre dernier. Nous ignorons encore quelle sera l'issue de cette rencontre, mais nous l'espérons tous heureuse.



En attendant, un courrier co-signé par l'ensemble des acteurs impliqués dans cette sauvegarde a été envoyé à Madame la Ministre de la Culture afin d'appuyer une demande de protection de l'édifice.



Voici son contenu :



À l'attention de Madame Roselyne Bachelot


Ministre de la Culture Ministère de la Culture


182 rue Saint-Honoré


75001Paris



Objet : Démolition de la maison Berweiller



Madame la Ministre,



Les membres des huit associations que nous représentons ont été surpris d'apprendre récemment le projet de démolition de la maison Berweiller, située au 4 rue de la Tour-de l'Horloge dans la commune de Sierck-les-Bains, en Moselle. Bien que non protégée au titre des Monuments historiques, cette maison datant de 1624 est repérée comme « Intérêt à signaler » sur la Base Mérimée (notice IA00037545). En effet, pour ses qualités architecturales et patrimoniales, la maison Berweiller compte parmi les édifices les plus remarquables de la commune et se trouve intégrée à son parcours historique.



Située à quelques mètres de l'église et du château, elle se situe également en abord d'un Monument historique. Par ses proportions effilées, sa façade en angle et les délicates modénatures de ses ouvertures avec sculptures et ornements à formes animales, cette maison est en mesure de tenir la comparaison avec bon nombres d'édifices civils protégés au titre des Monuments historiques à Metz et dans le département de la Moselle.



Elle constitue un des rares exemples d'habitation de drapiers du XVIIe siècle, encore conservés dans la région. Des problèmes structurels importants ont affecté l'édifice. Leur cause semble trouver son origine dans la rupture de l'équilibre général suite à la démolition de la maison voisine, après la Seconde Guerre mondiale.



Cependant, et bien qu'impressionnants, ces désordres semblent aujourd'hui provisoirement atténués voire contenus grâce à trois tirants. Des témoins au plâtre mis en place en 1978 renseignent sur la faible évolutivité de ces désordres.



La maison est actuellement la propriété d'une famille en grande difficulté financière. Suite au récent décès de leur mère, les héritiers ont souhaité se séparer de la maison que la commune s'est proposée de racheter et de démolir, aidée par l'Etablissement Public Foncier de Lorraine.



Pour ce faire, un arrêté de péril a récemment été pris par la commune et ce, bien que les désordres soient contenus depuis plusieurs années. Comme vous le savez, la récente loi ELAN ôte tout pouvoir à l'Architecte des Bâtiments de France face à un arrêté de péril.



Seule l'action de la Conservation régionale des Monuments historiques, par la mise en instance de classement, peut désormais permettre d'envisager un sursis pour cet exceptionnel édifice.



Deux courriers ont été adressés le 5 octobre aux CRMH de Metz et de Châlons-en-Champagne et sont restés sans réponse… La démolition programmée de la maison Berweiller nous apparaît ainsi doublement injustifiée : tant d'un point de vue structurel que patrimonial. Cette démolition représenterait une perte patrimoniale inestimable pour la commune et le vide laissé par sa disparition tendrait à fragiliser l'organisation urbaine de Sierck-les-Bains. Qui plus est, si l'une des plus belles maisons de la commune peut être ainsi démolie, quel exemple cela renvoie-t-il aux Sierckois et plus largement aux citoyens français ?



Nous souhaitons également attirer votre attention sur l'aide fournie par l'EPFL, établissement public. Par ce courrier, nous souhaitons ainsi vous alerter sur la grande valeur de ce patrimoine et attirer votre attention sur le sacrifice que constituerait sa démolition.



C'est pourquoi, nous venons solliciter de votre part la mise en instance de classement portant sur la 4 rue de la Tour-de-l'Horloge afin de suspendre dans les plus brefs délais et durant un an ce projet de démolition. Une recherche de financements pourra également être menée en parallèle ; nous sommes déjà engagés dans ces démarches.



Nous vous remercions de l'attention et de la considération que vous voudrez bien porter à notre requête et vous prions d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de notre haute considération.




Alphonse Schneider Président de Renaissance du Vieux Metz et des Pays Lorrains


Jean-Yves Chauvet Président de Maisons Paysannes de Moselle


Béatrice Reimeringer Présidente de l'Association des Pierres et des Hommes pour la sauvegarde du patrimoine Sierckois


Joseph Nousse Comité de sauvegarde de la Maison Berweiller


Alexandra Sobczak-Romanski Présidente fondatrice d'Urgences Patrimoine


Joël Beck Président de la Société d'histoire et d'archéologie de la Lorraine


Christel de Wendel Déléguée départementale Vieilles Maisons Françaises Moselle


Jean-François Michel Délégué grand-Est Sites et Monuments SPPEF



Pourtant les avis sont unanimes. Ceux des habitants, ceux des défenseurs du patrimoine, mais également ceux des professionnels de l'architecture et du patrimoine.



C'est le cas notamment de Monsieur Philippe Tondon architecte, membre de la commission Urbanisme et Patrimoine de l'Académie Nationale de Metz, qui nous livre ici sa réflexion :



Sierck-les-Bains, Démolition des immeubles 2 et 4 rue de la Tour de l'Horloge,



« On achève bien le tissu urbain… en démolissant des maisons »



La pandémie n'arrête pas les démolisseurs ! Pourtant ces deux maisons du quartier de la Tour de l'Horloge à Sierck-les-Bains en ont déjà connu des épidémies. La commune a entrepris la rénovation du quartier de la Tour de l'Horloge, situé devant la porte du même nom, en contrebas de son château. Elle prévoit dans ce cadre la démolition de deux immeubles, le numéro 2 qui est un immeuble du XVIIIe siècle et le 4, la maison du drapier Berweiller construite en 1624 (voir extrait du N°26 Images du Patrimoine sur le canton de Sierck-les-Bains aux éditions Serpenoise, d'ailleurs cette photographie montre, dans les années 80, un bâtiment dans un état déjà assez proche de celui d'aujourd'hui).



Le programme de rénovation du quartier d'un budget de 2 M€ est financé par l'Europe, la Région, le Département et la Communauté de Communes, sous maîtrise d'ouvrage déléguée de l'EPFL.




Il prévoit la rénovation des espaces publics, avec entre autres l'aménagement du parvis de l'église de la Nativité. C'est dans ce cadre que la démolition des deux immeubles permettra, pensez donc ! la création d'un parking et probablement la mise en œuvre de cette pensée désuète du XIXe, consistant au dégagement des monuments. Comme il est écrit dans le bulletin municipal d'août dernier (en annexe 2 pages extraites de celui-ci) la municipalité a édité deux arrêtés de péril et elle a probablement engagé un permis de démolir, soumis entre autres à la D.R.A.C., par l'intermédiaire de l'U.D.A.P. le service de l'A.B.F.



Il est vrai que cette maison est déstabilisée depuis la démolition des constructions sur les trois parcelles qui se situaient entre celle-ci et l'église, d'où le décrochement de son pignon ouest. Mais il suffirait de reconstruire contre pour la maintenir. L'erreur venait déjà de cette première intervention sur le tissu.



L'origine de ce faubourg date du XIVe siècle, il s'organisait entre l'entrée de ville depuis Thionville, les berges de la Moselle et les évolutions de l'église. Elle était à l'origine une chapelle édifiée en 1236, à l'emplacement de l'actuelle sacristie, pour les Chevaliers de l'Ordre Teutoniques à l'initiative du Duc de Lorraine Mathieu II. Elle fut ensuite transformée en église paroissiale (deuxième quart du XVe siècle) à l'initiative de Arnold VI de Sierck.



Ces bâtiments sont et peuvent être préservés, surtout parce qu'ils font partie d'un tissu urbain caractéristique, cohérent et que la suppression d'une partie, aussi infime qu'elle puisse être, constitue un appauvrissement de la cohérence d'ensemble, pour la cité, comme pour ce faubourg du XIVe siècle.



Cette décision est d'autant plus surprenante que la maison du drapier arbore, contre sa porte caractéristique du XVIIe siècle, l'étiquette d'un circuit du patrimoine et pire encore, sur le Plan Local d'Urbanisme (en extrait également) elle est classée à juste titre en 2018 comme un « bâtiment remarquable », comme d'autres du centre de Sierck-les-Bains (étoile rouge sur le P.L.U.), au même titre que l'église. Si ce n'était le changement de Maire, cette incohérence serait juridiquement incompréhensible, mais plus encore avec l'aval timide et ennuyé des services de l'état (dans un périmètre de protection et au pied du château). Pour en terminer avec les contradictions, la communauté de communes des trois frontières a participé en 2017 à un programme du Cerema sur la revitalisation des centres bourgs, avec comme levier, le développement touristique par le patrimoine et la résorption de l'habitat indigne, notamment au travers de la création d'une Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat.



Nous ne comptons plus les témoignages de soutiens locaux et même nationaux qui s'opposent à la disparition de l'édifice.À ce sujet, si vous aussi vous souhaitez dire non à cette démolition, vous pouvez signer la pétition mise en ligne. Nous vous rappelons qu'il est inutile de faire un don au moment de la signature comme la plateforme vous invite à le faire.



Pour signer la pétition, cliquez ICI.



Passés ces « détails techniques », ce qui nous donne de l'espoir dans ce combat contre ce que nous appelons le « déni de patrimoine », c'est d'avoir pu, chose hélas rare, se rassembler pour défendre une même cause. Nous savons pourtant tous que « l'union fait la force », mais mettre en application cette maxime n'est pas chose aisée. En revanche pour la maison Berweiller nous avons réussi à nous unir. Espérons que cela conduira à la survie de l'édifice — tel est notre souhait commun.



« Le Patrimoine ne peut pas lutter, ensemble nous pouvons ! »

Depuis le 22 juillet Urgences Patrimoine œuvre à la sauvegarde de l’église Sainte-Germaine à Calais.



Notre pétition, créée en collaboration avec Magali Domain membre de l’association Environnement et Patrimoines du Calaisis et également correspondante d’Urgences Patrimoine, rencontre un certain succès.



Nous poursuivons nos démarches de demande d’inscription de l’édifice afin qu’il ne soit pas démoli, et nous ne ménageons pas nos efforts pour orienter les représentants du Diocèse afin qu’ils s’orientent vers la vente de l’église plutôt que de la démolir.



Aujourd’hui, nous avons tenu à publier un article rédigé par un ancien paroissien, dont la mère fut l’une des principales actrices de la levée de fonds organisée afin de faire ériger l’édifice. C’est donc en toute légitimité que Robert Jourdain nous parle de cette église et des sacrifices que certains ont fait pour que l’église Sainte-Germaine voit le jour.



Car bien évidemment, une église n’est pas qu’un « tas de pierre ». Elle est aussi l’âme de ceux qui l’ont construite et un témoin de l’histoire locale qui ne mérite en aucune façon de finir en poussière sous les pelleteuses.



Je suis du Pont du Leu et Sainte Germaine , c’est notre Patrimoine !!! Le projet tel que dessiné par les architectes.



A l’heure où singulièrement « on » dit que la destruction de l’Eglise Sainte Germaine serait pour bientôt, il est toujours intéressant de noter à quel point une église est liée à l’histoire du site sur laquelle elle est construite.



Alors je vous propose non pas l’histoire architecturale, ni la démarche de construction mais bien celle des habitants d’un quartier atypique dans l’histoire Calaisienne, tant sur le plan de la cité que sur le plan paroissial.



Etes -vous prêt ? Alors allons regardons la géographie du quartier.



Le pont du leu ( pont du loup) est situé à l’entrée de la ville de Saint-Pierre qui ne fera plus qu’un avec Calais à la fin du XIXe siècle. On peut imaginer qu’aux origines c’étaient des terres marécageuses avec très peu d’habitations.



En 1912 il fut décidé la création d’une paroisse confiée à l’abbé Holuigue qui décida la construction d’une Eglise en bois montée par les charpentiers de l’orphelinat du Quai de l’Yser sous l’autorité de l’abbé Damelencourt .



En 1919 L’abbé Constant Hanse, vicaire de St Pierre, est nommé officiellement curé de Sainte Germaine à Calais. Ce jeune prêtre aussitôt démobilisé va se charger de l’implantation de la paroisse aux contours particuliers, puisqu’elle prendra sur le marais de coulogne , le marais de coquelles et le pont à trois planches qui séparait coquelles et Coulogne de Frethun.




Sur ce territoire l’abbé Hanse voit les filés de calais s’installer sous la houlette de deux frères, Messieurs Désiré et Raymond Devos qui seront à l’origine de Courtaulds France et de Courtaulds Angleterre qui deviendra Courtauls limited . Cette usine va permettre la création de nombreux logements sur le pont du leu, tout un chacun voulant vivre auprès des lieux de son travail.



La pratique religieuse étant telle à cette époque que l’église envisagée par Mr l’abbé Hanse allait devenir réalité. Alors quelle stratégie adopter ? L’abbé Hanse réunit à ses côtés toutes les bonnes volontés. La paroisse crée un bulletin de liaison : La Voix de Sainte Germaine. Ce bulletin permettait de voir l’évolution des dons au mois le mois !



En 1923 les briques arrivent et en 1928 pose de la première pierre. Brillante cérémonie autour de l’Evêque d’Arras où toute la population est présente. Et là on va intensifier la recherche de dons : un grand nombre de gens de paroissiens va utiliser les liens familiaux et amicaux ! on va pédaler. eh oui, ils en feront des kilomètres à vélo tout le temps de la construction, afin de faire en sorte que celle-ci ne s’arrête pas, même si la crise de 1929 et les grèves de 1936 ont créé des difficultés notables, la générosité populaire ne s’est jamais démentie. Qu’ils soient ingénieurs, cadres ou ouvriers, tout le monde a mis la main à la pâte . Pour toute la population c’était une nécessité ! Dans le quartier vont apparaître les cités sncf qui vont venir agrandir la démographie. Une figure du pont du leu parcourra le département, voire la France, car elle descendra jusqu’à Pibrac en stop jusqu’au village de sa sainte Patronne. C’est Melle Germaine Dubois, qui sera jusqu’à sa mort un des pivots de la paroisse.




Puis viendront les grandes kermesses qui aux plus belles époques duraient 2 week-end : 1er dimanche et deuxième dimanche de mai avec restaurations, stands multiples, buvette, alimentation, lingerie , fleurs, jouets, manèges , loteries, jeux extérieurs etc.



C’est là que l’on pouvait voir le dévouement d’un nombre important de bénévoles heureux de se retrouver pour financer leur église et son entretien…… Ils seront attentifs à la vie de leur concitoyens les patronages qui ont regroupé jusqu’à 150 garçons et une centaine de filles aux meilleures périodes, deux mois d’été et tous les jeudis scolaires. Des ateliers de trousseau pour les futurs mariés, une chorale brillante sous la houlette de Mr l’abbé Boucher organiste…



Enfin, une école viendra se greffer en 1942 après la destruction de Calais Nord où elle était installée.



L’Abbé Ducatel, qui succédera au chanoine Hanse entretiendra le patrimoine, mettra en place des obligations qui lui permettront de continuer les travaux et de terminer le clocher qui fut Béni par Mgr Derouet. L’abbé sillonnera le quartier avec son solex, son béret et sa vareuse noire. De temps en temps on le retrouvait sur les toits pour entretenir l’édifice … Tous les habitants le connaissaient et l’attendaient. Il a su mettre en place des équipes et leur faire partager son attachement à la paroisse. Paroisse où ils faisaient bon vivre, l’abbé avait su unir la population. Il aimait les gens et ils lui rendaient bien.



Une petite idée au niveau patrimoine construit ou mis en œuvre par l’abbé : une Salle paroissiale, une école , une salle de cinéma, le clocher de l’église et bien entendu son entretien et une fresque de la Résurrection dans l’église par une artiste locale.



Aujourd’hui on envisagerait de détruire l’élément majeur qui est l’église. Bien sûr l’Eglise n’est pas un bâtiment, mais bien le rassemblement de chrétiens voulu par le Christ. Mais les bâtiments sont aussi autre chose que des briques les unes sur les autres, ils sont les témoins de l’histoire et de la volonté créatrice des hommes. Mais si au lieu de détruire on envisageait un autre usage ? Si pouvoirs publics, église, habitants du quartier et bonne volonté, pouvions nous retrouver autour d’une table pour envisager sereinement l’avenir ? serait-ce possible ? Je pense à ces prêtres et ces bénévoles qui de là-haut nous regardent et qui pourraient nous dire un jour : « Tout cela pour ça ».



Le seul tort de Ste Germaine c’est d’être née après 1905. Mais c’est un des plus beaux monuments de cette époque par sa construction, son architecture et sa décoration. Le marbre d’hydrequen utilisé est d’une rare beauté, simple mais vrai. Les vitraux, le monument aux morts … etc Alors qu’attendons-nous pour sauver Sainte-Germaine ?



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