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La place de la Madeleine est un lieu historique et emblématique de la commune de Béziers, située dans l’Hérault (34500). Lors du sac de Béziers en juillet 1209, pendant la « croisade » contre les Albigeois, de nombreux Biterrois périrent incendiés dans l’église de la Madeleine. Reconstruite, elle subira d'autres épreuves au fil des siècles comme la réalisation d’un parking souterrain au milieu des années 80 qui entraînera sa fermeture pendant de longues années, ébranlée par les travaux de creusement. Rappelons au passage que l’édifice est classé Monument Historique depuis 1987.



Si l’église a été restaurée, retrouvant son architecture romane initiale, la place, elle, n'a pas survécu à l'abattage des platanes qui s'y trouvaient.



Dans le cadre du programme de rénovation urbaine (PRU) des quartiers du centre-ville, la mairie a récemment vendu trois immeubles situés derrière l’église, à l'angle des rues Cassan et Saint-Esprit, à un promoteur immobilier de Vendargues, la société Envol, filiale de l'aménageur Hectare. Un permis de démolir (les immeubles ont été déclarés insalubres en 2008) a été délivré en décembre 2019.



Le permis de construire est affiché sur place depuis le 25 juin. L'immeuble dit « contemporain » qui doit être construit comporte un local commercial au rez-de-chaussée et sur cinq niveaux, cinq appartements (un studio, trois T3 et un T4 en duplex sur deux niveaux). Cette construction sera « emblématique et deviendra le symbole du renouveau de ce quartier », affirme la municipalité.


Un tel projet ne devrait pas être accepté dans un site aussi emblématique de l’histoire du patrimoine biterrois et ce pour plusieurs raisons :



1/ Il ne présente aucune préservation du patrimoine bâti (une façade en pierres de taille devrait être conservée ainsi que des arcades médiévales en rez-de-chaussée).



2/ Les matériaux de constructions employés ainsi que les dimensions de l’immeuble ne permettent pas son intégration :


  • façade en béton

  • persiennes en aluminium thermo laqué couleur bronze vieilli qui ferait soi-disant « le lien avec l’environnement historique »

  • absence de toiture en tuiles

  • non-alignement avec la façade mitoyenne

  • hauteur du faîtage maximale atteignant 19,70m bien supérieure aux immeubles voisins et une morphologie du bâtiment qui vient perturber la lecture du paysage de la place en créant notamment un deuxième point d’appel.


L'Architecte des Bâtiments de France avait dans son avis reconnu que le projet de construction en l'état n'était pas conforme aux règles prévalant pour ce site remarquable, en indiquant toutefois qu'il pourrait y être remédié.



Or, force est de constater que le permis délivré en juin dernier ne respecte en rien les règles qui auraient dû être observées étant donné le caractère patrimonial exceptionnel d'un site situé en plein cœur du centre ancien. L'examen du projet montre que l'on est bel et bien loin d'un quelconque souci de préservation du patrimoine. Pourtant, selon les intentions du promoteur, cette construction « respecterait l'image que la Ville souhaite donner à cette entrée majeure du quartier »… Cela nous laisse perplexes.



Une pétition a été mise en ligne ICI pour dire non à ce massacre patrimonial, merci de la signer et de la diffuser largement.




À l’occasion de notre « Tour de France » des démolisseurs, nous vous présentons aujourd’hui une liste non exhaustive de patrimoines hôteliers qui subissent de plus en plus les assauts des pelleteuses. Une fois encore, nous nous étonnons du nombre grandissant de ces démolitions qui touchent la plupart du temps des édifices emblématiques, pourtant sacrifiés au profit de projets immobiliers. Ils étaient parfois centenaires, d’autres, pour les plus récents, dataient des années 50, mais tous jouaient un rôle prépondérant, aussi bien dans le cœur des clients que dans celui des villes.



Certes, dans le cadre de la redynamisation des centres-villes et notamment des centres anciens, il faut sans doute augmenter l’offre locative, mais s’agissant de villes à valeur touristique et patrimoniale, diminuer l’offre hôtelière intra-muros s’avère être une grosse erreur.



Nous assistons ici au même phénomène que pour le commerce de proximité, délaissé au profit des offres des grandes enseignes situées en périphérie de ville. De nombreux hôtels se partagent des espaces dans ces zones commerciales déshumanisées et qui semble profiter à tous, sauf à la dynamique souhaitée en cœur de ville. Résultats, les touristes passent une nuit ou deux, mais ne s’arrêtent pas et, surtout, ne consomment pas.


Détruire un hôtel restaurant du XIXème siècle pour faire un parking ou construire un immeuble semble aller totalement à contresens d’une quelconque dynamisation en faveur du tourisme et de l’économie de nos centres-villes.

Alors, certes, la construction d’immeubles permet de loger des personnes, mais à part le moment des travaux, le processus ne créera pas d’emplois et ne participera pas à l’essor économique ni à une quelconque dynamique. N’oublions pas que faire d’une ville une « cité dortoir », c’est la conduire à sa perte.


Mais à qui la faute ? Aux promoteurs sans doute, avides de ces précieux terrains sur lesquels ils peuvent empiler des dizaines d’appartements, vendus parfois à prix d’or en fonction de la situation géographique. Mais ce ne sont pas les seuls coupables. En effet, si la clientèle était moins consommatrice de « design », nos hôtels au charme suranné de province auraient le succès qu’ils méritent, et ne finiraient pas en tas de gravats. Car de nos jours le client veut du « moderne », du lisse, du fonctionnel et le confort d’un lit XXXXXL, ce que n’offrent pas toujours les petits ou grands hôtels indépendants de centre-ville.



Pourtant, une chambre vue mer, meublée dans le style art déco ou un hôtel en pleine campagne meublé avec du mobilier ancien c’est bien plus en harmonie qu’avec un décor signé Ikéa.


Enfin, un dernier facteur, et pas des moindres, s’est invité au débat : Airbnb. Tout le monde de nos jours peut jouer les hôteliers « du dimanche » en toute impunité, ou presque. Et, maintenant, l’on peut même louer un bout de jardin à des campeurs, là aussi en toute légalité, sans se préoccuper de la concurrence faite à une profession aujourd’hui à bout de souffle à cause de la Covid-19. Certes, cet été l’on vous aura conseillé de visiter la France, mais on a oublié de préciser qu’il fallait aussi aller dans des hôtels pour donner un peu d’oxygène à des hôteliers et à des restaurateurs placés sous « assistance respiratoire », par le truchement de quelques mesurettes gouvernementales.


Pour cet article, nous avons dix exemples d’hôtels ou d’hôtels restaurants démolis depuis le début de l’année 2020. Mais si la prise de conscience n’est pas rapide, voir instantanée, combien d’établissements situés en plein cœur des villes et des villages subiront le même sort dans les années à venir ?


C’est souvent avec beaucoup de nostalgie, voire d’émotion que certains assistent à la démolition de ces petits patrimoines qui ont fait l’histoire locale. Mais, à ce rythme-là, c’est l’hôtellerie « traditionnelle » que nous évoquerons bientôt avec nostalgie, en réservant notre séjour de rêve… sur une plateforme en ligne…



La France, le pays des contradictions ?



Sans doute. En tous les cas, il est urgent que tous ceux qui signent des rapports ou autres livres blancs afin de trouver quelque solution pour ne pas voir mourir nos communes de France commencent à se poser de vraies questions, celles qui leur permettrons d’avoir enfin de vraies réponses et de mettre en œuvre (peut-être) des mesures concrètes.



La première mesure n’étant certainement pas de développer le foncier à tout prix, sinon ce sera « terminus » pour les centres-villes.




  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak
    Alexandra Sobczak
  • 6 août 2020

« La route est belle », le lieu incontournable de la Nationale 6, avant que nos autoroutes nous facilitent l’accès au Sud de la France.



C’est en 1936 que ce charmant bistrot avait ouvert ses portes à l’entrée d’Auxerre. Mercredi, il a dit adieu à la ville après 84 ans de bons et loyaux services. Trois générations se sont succédées à la tête de l’établissement et c’est la mort dans l’âme que les derniers propriétaires ont dû se résigner à fermer et à vendre en 2019.



D’autant qu’ils savaient qu’en vendant ils signaient la fin d’une histoire, de leur histoire… L’acheteur n’est autre que leur « voisin », un concessionnaire automobile bien connu de la ville, à qui ils ont demandé une dernière « faveur ». Celle d’être présents le jour de la démolition.



C’est donc vers 5h30 du matin, le mercredi 5 août, que « La route est belle » est tombée sous les pelleteuses.



À l’heure où tout le monde parle de la redynamisation des centres-villes et s’insurge contre la défiguration des entrées de villes due à la présence de grandes enseignes, nous avons là un bel exemple à ne pas suivre. Ce « bistrot » aurait très bien pu être réhabilité par le concessionnaire qui aurait pu en faire un bureau à la « gloire » de cette Nationale 6 tellement « Française ».



Mais lorsqu’on vend des voitures allemandes et japonaises, on ne doit pas être très sensible au patrimoine national. Tellement peu sensible que faire un joli parking à la place de ce commerce « suranné » était une évidence.



Nous entendons déjà les commentaires des grands diseurs de l’architecture et du patrimoine : « ce bâtiment n’avait aucun intérêt, on ne peut pas tout conserver, il y a des choses plus graves dans la vie… » Certes, mais à force de ne trouver aucun intérêt à rien et de laisser détruire tous ces petits témoins de notre histoire collective, c’est notre mémoire que l’on efface peu à peu. La Nationale 6 ne passe plus par le centre-ville depuis longtemps, mais nombreux sont ceux qui vouent à cette route un véritable culte, et qui n’oublieront pas qu’à Auxerre, « La route ÉTAIT belle »…



Lire l’article de L’Yonne Républicaine ICI.


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