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C’est terminé, l’édifice est en train de périr sous les pelleteuses.



Cette maison, signée par l’architecte Roger Poyé à Calais, est rend son dernier souffle. Dans quelques jours il ne restera plus rien de ce témoin du patrimoine art-déco, malgré une mobilisation forte des calaisiens et bien au-delà.



Près de 3000 personnes ont répondu à l’appel de Magali Domain et ont signé sa pétition de la dernière chance, pour dire « non » à la démolition de ce patrimoine emblématique de la ville, laissé à l’abandon pendant des années, puis revendu à l’Office Public de l’Habitat-Terre d’Opale Habitat.



Les délais de recours étant passés, cette mobilisation citoyenne était le dernier espoir permettant de sursoir à la démolition, mais malgré tous les efforts des défenseurs du patrimoine, la démolition a bien eu lieu. Comble de l’inconvenance : une réunion devait avoir lieu aujourd’hui à 14 heure en mairie avec tous les acteurs concernés, y compris un représentant de l’Office Public de l’Habitat et l’Architecte des Bâtiments de France qui a donné un avis favorable à la destruction de l’édifice, mais au dernier moment sans véritable motif, cette réunion a été annulée.




Quant au label Ville d’Art et d’Histoire, nous espérons que le jury qui l’a décerné à la ville de Calais va revoir sa copie, car effectivement, « la chapelle » de Roger Poyé figure bien dans le dossier de candidature de la ville à la page 66.



Un comble quand on voit l’édifice finir en tas de gravats un an après l’obtention de ce label. La ville de Calais, durement touchée par les destructions des deux guerres mondiales, avait tout à gagner en conservant au moins la façade de cet immeuble, œuvre d’un architecte reconnu.



Sa sauvegarde aurait également contribué à la protection d’un pan du patrimoine régional lié à l’univers ouvrier. Toutefois, à partir du moment où l’Architecte des Bâtiments de France avait donné sa « bénédiction », il était difficile de sauver ce témoin de la mémoire calaisienne. D’ailleurs, nous ne comprenons toujours pas la position des services de la culture actuellement, car ils semblent peu réceptifs à nos appels désespérés concernant la sauvegarde du patrimoine.



La semaine dernière nous avons essayé de contacter le Président de la Région Hauts-de-France, Monsieur Xavier Bertrand, pour avoir au moins son avis quant à cette démolition et plus généralement sur la politique patrimoniale de sa Région, mais nous n’avons obtenu aucune réponse de sa part.



Bien entendu, en premier lieu, c’est vers notre Ministre de la Culture, Madame Roselyne Bachelot, que nos espoirs résidaient, car il lui suffisait d’une signature pour suspendre la démolition et ordonner une mesure de protection d’urgence. Hélas, là aussi, nous n’avons obtenu aucune réponse de sa part.



Nous qui placions tant d’espoirs lors de sa nomination, nous commençons à nous inquiéter. Quand nos édiles entendront-ils enfin « la voix du peuple » qui ne souhaite pas voir disparaître son patrimoine commun ? En tout cas, pas aujourd’hui.



Enfin, en parlant de nomination, que Madame Natacha Bouchart, la Maire de Calais, ne s’inquiète, nous avons décidé de lancer cette année le grand concours des « Pelleteuses d’or » et son nom devrait figurer en bonne place.


C’est l’une des affiches que l’on trouve sur l’édifice surnommé « La chapelle », œuvre de l’architecte Roger Poyé, condamnée à la démolition dans les jours qui viennent.



Deux professeurs sont à l’origine d’une pétition qui a recueilli près de 3000 signatures afin de faire entendre la voix de ceux qui considèrent que détruire un édifice pensé par l’un des plus célèbres architectes Calaisiens, est un non-sens, surtout après que la ville puisse s’enorgueillir d’avoir été labellisée « Ville d’art et d’histoire », notamment grâce aux édifices emblématiques de cet architecte.



Pour signer la pétition ICI.



Elément intéressant : même les nièces de Roger Poyé ont demandé « grâce » à Madame la Maire, mais leurs appels sont restés sans réponse.



Rappelons que ce patrimoine condamné doit laisser place à « un espace vert », alors qu’il aurait pu très bien profiter d’une réhabilitation intelligente, offrant des logements de qualité, même s’il s’agissait de logements dit « sociaux ».


La question se pose aujourd’hui de la toute-puissance des « élus démolisseurs », qui à partir du moment où une décision est actée, n’ont pas l’humilité et la bienveillance nécessaire pour admettre qu’ils sont peut-être allés trop vite quant à la délivrance du permis de démolir. « La voix du peuple » est toujours méprisée et nous ne pouvons que le déplorer.



Les personnes à l’origine de la pétition ont contacté la SPPEF pour tenter une ultime action, nous ignorons si celle-ci permettra de bloquer cette démolition imminente.



Puisque nous suivons cette affaire depuis le mois de mars, juste avant que la pétition soit lancée, nous allons également tenter une action de la dernière chance, mais en ce qui concerne le patrimoine, « il est toujours plus tard qu’on ne le pense », hélas…


Sauf si, bien entendu, Madame la Ministre de la Culture avait la bonne idée de signer une mise sous protection d’urgence de l’édifice, ce qui permettrait de débattre de l’avenir de l’édifice plus sereinement.





Lire l’article de la SPPEF.


Samedi 11 juin, les principaux acteurs du collectif de sauvegarde de l’ancien presbytère de Mamers étaient conviés par Vincent Gomas, premier adjoint au Maire de la commune en charge du patrimoine, afin d’évoquer l’avenir de l’édifice toujours menacé par le projet de démolition de son propriétaire, le Centre Hospitalier Intercommunal Alençon-Mamers.



En effet, le « CHIC » souhaite démolir le presbytère depuis de nombreuses années afin de procéder à une éventuelle extension du foyer pour personnes âgées qui se trouve juste derrière. Pourtant, l’établissement, qui est fortement endetté, n’a pas forcément les moyens de ses ambitions, mais il s’obstine à vouloir détruire cet emblématique témoin de l’histoire locale.



Il y a un peu plus d’un an, la démolition avait d’ailleurs commencé. De nombreuses boiseries intérieures avaient été retirées et une grande partie des fenêtres démontées, laissant béantes certaines ouvertures et précipitant ainsi les dégradations dues en partie aux infiltrations d’eau.



Les prémices de cette démolition avaient été stoppées net grâce à l’intervention de l’Architecte des Bâtiments de France qui devait donner son accord, puisque le presbytère se trouve dans un périmètre protégé et qu’il n’avait pas été consulté avant le début des travaux.



Il existait bien une solution « miracle » pour sauver l’édifice. Le faire protéger au titre des Monuments Historiques. Hélas, malgré le travail remarquable effectué par Jean-David Desforges et Frédéric Poupry, mettant en lumière l’intérêt historique et architectural de l’édifice, celui-ci a été « recalé » en Commission Régionale du l’Architecture et du Patrimoine. Seule préconisation lors de cette commission : conserver les éléments de façade.



Comme le « CHIC » n’est pas à son premier projet de démolition, nous pouvons aisément nous rendre compte du résultat de ce genre de préconisation, puisqu’en se rendant dans la rue derrière, nous pouvons contempler le résultat de ce « façadisme », puisqu’un autre édifice a déjà été détruit et qu’il ne reste de lui qu’un petit élément de façade « collé » contre le bâtiment principal du centre hospitalier, comme on peut le voir sur la photo qui suit.




Sauf que dans le cas du presbytère, si son ensemble n’est pas maintenu dans son intégralité, il y a fort à parier que la façade ne résistera pas. Nous avons suggéré à plusieurs reprises,depuis les débuts de « l’affaire », que le propriétaire fasse restaurer le presbytère pour l’intégrer à son projet d’extension, mais cette proposition a toujours été refusée.


Reste l’option « intelligente » de céder le presbytère à la ville qui est prête à prendre en charge sa réhabilitation. Le CHIC pourrait très bien procéder à la construction d’un étage sur l’hôpital existant. Mais cette solution simple n’est pas du goût de la direction, du moins jusqu’à présent.



C’est en partie pour cette raison que Monsieur Gomas nous a reçu, puisqu’il va rencontrer dès la rentrée le Directeur du Centre Hospitalier afin d’essayer de trouver une ultime fois, un accord pour sauver l’édifice.



Cette sauvegarde est d’autant plus importante pour la commune de Mamers, que celle-ci souhaite accéder au label « Petites citées de caractères ». La disparition du presbytère remplacé par un cube de béton face à l’église classée, compromettrait de facto cette labellisation.


En attendant, le presbytère, bien que mutilé, résiste aux assauts des éléments et attend fébrilement d’être fixé sur son avenir. À l’issue de cette réunion cordiale, nous avons décidé de poursuivre notre demande de mise sous protection de l’édifice, car même si la Commission Régionale de l’Architecture et du Patrimoine l’a « recalé », nous allons solliciter Madame la Ministre de la Culture qui sera en mesure de statuer une bonne fois pour toute sur l’avenir de ce patrimoine remarquable.


Notre pétition est donc plus que jamais active et nous vous invitons à la signer ICI.

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