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Nous l’avions déjà évoqué dans une publication le 3 février dernier et nous avions fait part de nos inquiétudes quant à la menace de démolition pesant sur cette maison art déco surnommée « La Chapelle » par les habitants du quartier, même si elle n’a jamais eu une quelconque fonction religieuse. Il s'agit d'un bâtiment situé dans le quartier de la rue des Soupirants et de la rue Edgard Quinet. Il fut érigé dans les années 1930 sous la direction de l’architecte Roger Poyé. Cet architecte est l’auteur de plusieurs édifices de la ville, protégés au titre des monuments historiques (Bourse du Travail [photo ci-dessous], Maternité, école du P'tit Quinquin).

Si certains internautes avaient jugé cet édifice « sans intérêt », pour d’autres, et notamment pour bon nombre de Calaisiens, ce patrimoine qui est un peu le leur ne doit en aucun cas être livré aux engins de démolition. Jugé en « mauvais état » par la commune qui ne veut engager aucun frais, l’édifice devrait pourtant être démoli. Mais un collectif a lancé une pétition afin de dénoncer la disparition prochaine de cette maison, et entend bien obtenir sa sauvegarde. À l’origine de cette initiative, deux enseignantes pour qui le devoir de mémoire passe par le respect du patrimoine bâti. L’édifice n’est pas grand et son état ne semble pas être aussi calamiteux que le prétend la ville. Ville qui rappelons- le, s’est vu décerner le label « Ville d’art et d’Histoire » très récemment. Peut-on prétendre à ce label quand on veut démolir certains éléments architecturaux emblématiques de la ville ? C’est une grande question et pourtant, il semblerait que oui. Hasard du calendrier, la Région Hauts-de-France lançait le 3 avril sa nouvelle édition du « Printemps de l’Art Déco ». 12 communes y participent (virtuellement pour des raisons de confinement), mais Calais manque à l’appel. Aidons le collectif en signant la pétition ici. Lire notre article du 3 février 2020 sur le même sujet.


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Depuis plusieurs années, la ville de Béziers a engagé une politique de restauration de son habitat ancien afin de rendre son cœur de ville attractif, en favorisant la réoccupation de logements vacants. Le conseil municipal de la ville de Béziers a notamment approuvé en 2008 les objectifs poursuivis par la convention pluriannuelle du Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés (P.N.R.Q.A.D) : rénover le bâti existant, améliorer la qualité de vie, renforcer l’attractivité commerciale, restaurer la confiance et le bien-être, etc. C’est dans ce contexte, que l’Association pour la Protection du Patrimoine Biterrois (APPB), fondée en septembre dernier, a, parmi ses objectifs, la volonté profonde de s’assurer de la qualité des futurs aménagements qui seront engagés pour le bien-être des biterrois et de leur patrimoine architectural (privé ou public) et historique. Le projet qui nous occupe, est situé dans le Site Patrimonial Remarquable de la ville de Béziers (235 hectares). En janvier 2019, le journal municipal de la ville de Béziers met en avant une première esquisse d’une future résidence dans le quartier Saint-Jacques : 59 logements contemporains dessinés par un architecte de renom, le montpelliérain François Fontès.


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Sur le fond, il est difficile de s’opposer au projet. Le quartier a besoin d’être redynamisé et cette construction vient s’implanter sur un ancien îlot vétuste détruit en 2015, il faut donc requalifier cet espace. Le bât blesse en ce qui concerne l’accès à ces futurs appartements. Il est prévu de faire monter les voitures par la rue de la Tible, une rue étroite, en pente et peu adaptée à la circulation. Pour faciliter l’accès aux futurs propriétaires, 4 maisons vont alors être détruites ! A l’origine, une seule maison était concernée. Ces démolitions sont prévues dans les semaines qui viennent alors qu’aucun permis de construire n’a encore été déposé pour l’immeuble en question. Pourtant d’autres possibilités existent, que ce soit par la rue des Capucins ou le boulevard Jean Macé. Pour la mairie, cette perspective n’est pas réalisable. Effectivement, cela ne l’est pas si le projet reste tel quel… mais on préconise seulement de repenser l’accès aux parkings.


Ce quartier a déjà subi moult dégradations du même type par le passé, encore récemment, avec des résultats peu probants, il faut l’avouer (voir photo ci-dessous).

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Il est fondamental que les projets immobiliers, quels qu’ils soient, s’adaptent à leur environnement urbain, architectural et historique, et non l’inverse. Dans le cas présent, on ne respecte pas ce « principe ». Qui plus est, l’avis des habitants du quartier n’a jamais été pris en compte alors que ceux-ci sont les premiers concernés. Aujourd’hui, cette tribune offerte par La Gazette du Patrimoine, permet de témoigner de cette situation qui n’est pas isolée à Béziers et en France. Au nom de la qualité de vie et de la modernisation nécessaire, on justifie bien trop régulièrement la destruction. Cela témoigne de l’absence d’une véritable politique à l’échelle des quartiers. Ces derniers doivent être délimités, puis requalifiés dans leur ensemble, pour conserver une unité et une authenticité. Il est également fondamental de faire émerger une vision partagée pour le bon devenir d’un territoire. En 2020, au sein de son Site Patrimonial Remarquable, à moins de 500m de deux Monuments Historiques que sont la cathédrale Saint-Nazaire et Saint-Celse et l’église Saint-Jacques, aux abords de la Via Domitia, il est aberrant de voir la ville prendre une telle décision. Un équilibre architectural et pittoresque de cet ancien quartier risque d’être rompu pour faciliter la circulation automobile d’une « nouvelle population » qui ne vit pas actuellement dans cet endroit et de fait n’y est pas attachée. Comme mis en avant dans le journal de la ville, « ce qui se fait de mieux » — la « modernité » et « un architecte de renom » — ne doit pas devenir un argument pour se débarrasser d’un patrimoine laissé à l’abandon depuis des décennies. Il est à noter que des maisons similaires non loin de là ont été préservées et restaurées. Il faut donc assumer l’héritage des précédentes municipalités et relancer une réelle politique d’aménagement urbain pour le bien de la population et non pour des intérêts privés. Hadrien Ginouvez Président de l’Association pour la Protection du Patrimoine Biterrois (APPB)

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 26 mars 2020


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À Blendecques (62), la réélection du maire sortant, Rachid Ben Amor, condamne le Château de Westhove.

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Alors que l’élu prévoit la construction d’une nouvelle salle des fêtes et d’un établissement pour personnes âgées, il n’est toujours pas question pour lui de faire restaurer le Château qu’il a abandonné depuis des années. Il est important de rappeler que l’édifice est protégé dans son intégralité au titre des Monuments Historiques, depuis le 16 décembre 2011. Nous nous interrogeons quant à la valeur de cette protection, car à quoi sert-elle et que fait la DRAC ? En théorie, le propriétaire d’un édifice protégé est contraint de faire réaliser les travaux d’entretien et de restauration. Or, dans le cas de Westhove, l’abandon du bâtiment par la commune est chose manifeste et aucune action n’est prévue à ce jour sauf celle de le raser. Urgences Patrimoine avait contacté la personne en charge de ce dossier à la DRAC des Hauts-de-France, mais aucune réponse de sa part. Aucune réponse non plus de la part de François Decoster, pourtant fervent défenseur du patrimoine du pays de Saint-Omer. Le Château de Westhove semble désespérément abandonné de tous, même des plus hautes instances.

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Une question se pose quand-même. Que Monsieur le Maire ne souhaite pas restaurer l’édifice et qu’il n’ait aucun intérêt pour le patrimoine de sa commune, c’est une chose, mais pourquoi vouloir absolument démolir ce château ? Pourquoi ne pas le vendre à quelqu’un qui saura lui donner un avenir? Même une vente à l’euro symbolique permettrait à la commune de se « délivrer » de ce dossier, sans dépenser d’argent public. Car on nous dit que la restauration coûterait trop cher, mais on oublie souvent de parler des frais de démolition, qui sont souvent très importants.

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Alors si Monsieur Ben Amor respecte ses administrés, il ne devrait pas utiliser l’argent public pour démolir un château qui dans d’autres mains, pourraient sortir de sa torpeur. Urgences Patrimoine attendait les élections pour « relancer » les démarches pour la sauvegarde de Westhove, est espérant qu’une autre équipe municipale se mette en place, mais comme le maire sortant a été réélu, tout est à refaire et, sans doute cette fois, de façon très urgente. N’oublions pas que cette affaire est le combat d’une association locale depuis des années et nous avons une pensée particulière pour son Président, Monsieur André Bideaux.

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À l’heure où les priorités sont ailleurs, et c’est bien légitime, n’oublions pas qu’il y aura un « après » et que le combat contre les démolisseurs ne devra pas cesser. Une pétition avait été mise en ligne, n’hésitez pas à la signer ici. Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à soutenir La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Crédits Photographiques : Photos 1-2 : La Voix du Nord Photos 3-4 : André Bideaux

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