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  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 24 févr. 2020

La semaine dernière, vous êtes nombreux à avoir été indignés par la démolition de la chapelle Sainte-Thérèse à Scaër, dans le Finistère. Malheureusement, cette démolition n’est pas un cas isolé, et bientôt démolir un édifice religieux sera relégué à la rubrique des « faits divers ». Un peu partout sur notre territoire, des édifices semblables à la chapelle Sainte-Thérèse, attendent impuissants que les pelleteuses viennent mettre fin à leur lente agonie. Agonie résultant d’années d’abandon et de désintérêt et que l’absence d’entretien conduit un peu plus chaque jour vers la benne. Triste destin que celui de finir en gravats, quand on a été désiré et que l’on a pourtant parfaitement rempli sa mission pendant des décennies, voire des siècles.

Pourquoi détruire ce qu’on a eu tant de mal à construire ? Parce que restaurer un édifice très endommagé coûte cher. Pourtant, un entretien régulier permettrait d’assurer l’avenir d’un édifice, mais depuis près de 50 ans, cet entretien n’est plus une priorité. Secrètement sans doute, on se dit que cela peut attendre encore quelques années, et que quelqu’un, plus tard, entreprendra les travaux. Sauf que cette politique du « après moi le déluge », conduit inexorablement nos pierres vers leur fin. « Il est toujours plus tard qu’on le pense », c’est aussi valable pour le patrimoine.

Si bien souvent ce sont les maires qui sont responsables de ces démolitions, les Diocèses ne sont pas plus exemplaires. Il est évident que l’argent manque dans tous les cas, mais encore une fois, si le patrimoine était entretenu de façon régulière, les sommes à engager seraient moindres.

Ce qui nous surprend le plus, ce sont les discours qui accompagnent les projets de démolition. Comme lors de celle de la Chapelle Saint-Bernard à Clairmarais en 2017, où le représentant du Diocèse expliquait que « cette chapelle ne servait plus à rien, car les pèlerins qui venaient par milliers se recueillir à Clairmarais devant la grotte, venaient pour être au grand air et pas pour être enfermés dans une chapelle ». Un regret peut-être ? Celui de ne pas avoir vendu la chapelle à la commune qui avait à un moment exprimé le souhait d’en faire l’acquisition.

Cette pauvre chapelle fut donc détruite. « Du passé faisons table rase », c’est bien connu. D’ailleurs, profitons du souvenir de Clairmarais pour évoquer celui de la Chapelle Sainte-Thérèse et la Chapelle des Goëlands, toutes deux propriétés du Diocèse de Luçon et situées à Saint-Jean-de-Monts. L’une a fait place à une chapelle plus « moderne », l’autre a laissé sa place encore toute chaude à un lotissement.


Pour « s’excuser » de ce genre de pratique, le discours est toujours le même : « L’Église ce n’est pas le bâtiment, ce sont les fidèles ». Certes, mais pourtant, ces « bâtiments » ont bien été construits pour quelque chose relevant de l’éternel et du sacré, et certainement pas pour être des édifices éphémères. Nous ignorons quel sera le prochain sur la liste à tomber, mais nous savons qu’hélas cela ne saurait tarder. Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à soutenir La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Crédits photographiques 1 à 4 : La Voix du Nord ; 6 : Le Courrier Vendéen.

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 22 févr. 2020

La France n’a, hélas, pas le monopole des démolitions.

Dans quelques jours, cette maison située à Huy en Belgique, sera rasée pour faire place à un ensemble immobilier sans âme qui dénaturera un peu plus le quartier. La commune n’a pas souhaité l’acquérir pour la sauver, laissant la préférence au promoteur.



Malgré une mobilisation forte de L’association Historia, une pétition qui a réuni 1700 signatures et des appels à l’aide auprès des services de la Culture, il ne restera plus rien, ou presque, de cette demeure.


Seule maigre satisfaction, quelques éléments seront prélevés, pour « peut-être » être réutilisés un jour.






















Historique :

La maison Janssens fut construite en 1903, elle est le véritable symbole et début de l’art nouveau dans la ville de Huy. Elle a été propriété de la famille Renard et Topet. Occupée par les troupes allemandes en mai 40, elle devient propriété de la célèbre famille Heine et Janssens en 1952. Elle se transmettra sur plusieurs générations, jusqu’à sa vente à un promoteur.



L’association Historia organise un ultime rassemblement pour dire « Non » à cette démolition le dimanche 1er mars.


Voici le communiqué du Président de l’association Historia, Virgil Declercq :


« Deux projets refusés, 1700 signatures contre la démolition, pose de bâches de protestation, enquête publique négative... Les actions n'ont pas manqué pour défendre cette maison située à Huy, avenue Godin Parnajon. Pourtant le Collège autorise la démolition pour le profit d'un promoteur et d'un architecte. Une maison récupérée une bouchée de pain qui va laisser place à des appartements qui coûteront les yeux de la tête... Le patrimoine hutois semble se résumer à ça aujourd'hui ?


Nous vous lançons un appel de détresse pour une dernière action de protestation devant la Maison Janssens. Rendez-vous le 1er mars à 10H00 devant la Maison Janssens, avenue Godin Parnajon. »



Lire l’article de RTBF.BE ici.


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Crédits photographiques : Communauté Historia















  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 18 févr. 2020

C’est le titre du Journal Le Télégramme pour annoncer la fin de la chapelle Sainte Thérèse. Effectivement, comme l’écrivait Beaumarchais, il vaut mieux « se presser de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer ».

Quoi qu’il en soit, la petite chapelle bretonne, située sur les terres des anciennes usines Bolloré à Scaër dans le département du Finistère, n’est plus.


Elle aura fait beaucoup parler d’elle, car déjà en 2007 il était question de la « déconstruire » pour la faire revivre ailleurs. Il y a deux mois, cette fameuse « déconstruction » était toujours annoncée. Le clocher avait été démonté pour des raisons de sécurité, les vitraux déposés et les ardoises retirées.


Mais aujourd’hui, plus aucun doute, la chapelle n’a pas été déconstruite, elle a bel et bien été démolie. Une triste fin pour ce petit édifice, qui était originellement érigée à Coat-Quéau, dans la commune de Scrignac, et que René Bolloré avait acquise et faite reconstruite en 1926, dans l'enceinte des Papeteries de Cascadec. À croire que l’intérêt pour le patrimoine du groupe Bolloré n’est plus le même qu’il y a 94 ans et nous ne pouvons que le déplorer. En savoir plus : https://www.letelegramme.fr/dossiers/travaux-a-la-chapelle-de-cascadec/le-pape-a-demoli-la-chapelle-saint-vincent-14-02-2020-12503661.php https://www.letelegramme.fr/finistere/scaer/chapelle-de-cascadec-un-curieux-chantier-12-11-2019-12431286.php https://www.letelegramme.fr/finistere/scaer/chapelle-de-cascadec-le-demontage-est-possible-19-11-2019-12437106.php

Crédits photographiques : Photos 1 à 5 : Le Télégramme Photo 6 : Ouest France

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