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  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 6 févr. 2020


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Voilà un projet de démolition qui fait grand bruit à Sens, dans le département de l’Yonne, et bien au-delà. L’Hôtel de Paris et de la Poste, haut lieu de la gastronomie et de l’hôtellerie de la ville vient d’être racheté et les nouveaux propriétaires n’ont pas l’air d’apprécier ce patrimoine du XVIIIe, jusque-là toujours fièrement debout, malgré les nombreuses guerres et autres événements tragiques de l’Histoire qui auraient pu avoir raison de lui. L’histoire justement. Quand l’on se rend sur le site internet de l’Hôtel de Paris et de la Poste des anciens propriétaires, qui n’a pas été désactivé, voici ce que l’on peut lire en première page : « L'histoire nous concerne tous et nous accompagne au fil des siècles grâce au patrimoine architectural laissé par nos ancêtres. L'Hôtel de Paris et de la Poste, situé au cœur du centre-ville de Sens, représente à lui seul une partie de l'histoire de la ville. Ancienne maison canoniale de 1776 à 1796 occupée par le chanoine de Vaudricourt, elle devient Relais de Poste sous le nom de l'Auberge de la Ville-de-Paris. À partir de 1812, l'auberge qui devient hôtel est cédée de propriétaire à propriétaire jusqu'en 1980 lorsque M. et Mme Godard rachètent l'hôtel. C'est en ces lieux qu'officie Philippe « un Godard 3ème génération », exécutant brillant d'un art culinaire entre tradition et innovation. » Visiblement, ce ne sera pas la politique des nouveaux acquéreurs. Peut-être ne savent-ils pas que le patrimoine et la gastronomie ne font qu’un et qu’un outrage au bâti est un outrage à la mémoire des hommes qui ont fait l’histoire de ce lieu.


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Par la voix du journal l’Yonne Républicaine, l’Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine (l’UDAP) ne dit ne pas être au courant de ce projet de démolition. Pourtant, l’édifice se trouve face à l’Hôtel de Ville et à quelques mètres de la remarquable Cathédrale de Sens ; les bâtiments de France doivent donc obligatoirement se prononcer sur le sujet et donner leur accord. De leur côté, les nouveaux propriétaires affirment que toutes les demandes ont été faites dans le règles de l’art. Nous ne pouvons donc qu’attendre, impuissants, la position de l’Architecte des Bâtiments de France. Pour connaître la rigueur et les exigences des ABF du département, s’agissant de repeindre une porte, de mettre une enseigne sur un commerce ou de faire placer un petit Vélux dans ce secteur protégé, nous serions surpris que l’accord soit donné pour cette démolition. L’Hôtel de Paris et de la Poste attend donc de savoir s’il va tomber au nom d’une pseudo-modernité ou s’il va pouvoir continuer sa route au fil des siècles.

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Suite à un alerte qu’Urgences Patrimoine avait reçu concernant la démolition probable de la tombe du petit Raymond de Bellissen de Bénac, mort à l’âge de 10 mois, et enterré dans ce qui était alors la propriété du Baron de Bellissen de Bénac, nous avons remué ciel et terre pour essayer de trouver une fin heureuse à cette affaire. Comme nous l’expliquions dans l’article du 31 janvier 2019, le château du baron a été rasé dans les années 80 et c’est l’Hôtel du Département qui occupe l’emplacement aujourd’hui, ce qui signifie que cette tombe se situe sur une parcelle qui est la propriété du Conseil Départemental. Suite à notre article, puis à un appel sur les réseaux sociaux, la mobilisation citoyenne a été inespérée et nous a permis de faire avancer rapidement les choses. Un de nos contacts nous a mis en relation avec le député de la circonscription, M. Michel Larive, qui nous a immédiatement communiqué les coordonnées de Mme Christine Téqui, Présidente du Conseil Départemental de l’Ariège — ce qui nous a permis de lui présenter rapidement l’affaire qui nous occupait. Quelques heures plus tard, nous avons eu un contact avec M. Thomas Cantin, Directeur des bâtiments et de la logistique du Conseil Départemental, qui nous a assuré que la démolition de la tombe de Raymond n’était pas programmée.

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Nous remercions infiniment l’ensemble des élus pour leur collaboration et leur réactivité. Pour nous, défenseurs du patrimoine, il est agréable de constater que certains d’entre-eux sont sensibles à notre cause. Ce fut le cas en Ariège. Nous remercions également tous les artisans qui ont proposé d’intervenir dans le cadre du mécénat de compétences pour restaurer l’édifice, qui a beaucoup souffert depuis 2014, dates à laquelle avaient été prises les photos qui nous avaient été communiquées. Merci enfin à tous les internautes qui nous ont aidé grâce notamment à leurs partages de publications et à leurs propositions de nous venir en aide lors du futur chantier. Il va y avoir un vrai travail de restauration si nous voulons remettre cette tombe dans son état d’origine, mais le petit Raymond le vaut bien.

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Mais avant d’envisager le chantier de restauration, il va falloir passer par la « case administration », car même si ce chantier se fait dans le cadre du mécénat de compétences et, donc, ne demande aucun argent public, une commission doit se réunir pour donner son accord. Nous ne doutons pas que cet accord nous sera donné, car il s’agit tout de même de la tombe du bébé d’un homme qui, jadis, fit beaucoup pour la ville de Foix, ville qui s’est notamment opposée au projet de démolition du château des Comtes de Foix et qui a ainsi permis à la ville de conserver un de ses trésors architecturaux. Cela vaut bien la restauration de la tombe de son enfant. Et puis savoir respecter les morts est un premier pas vers le respect des vivants…

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant des suites données à ce dossier, mais à priori, Raymond pourra reposer en paix.


Crédits photographiques :Photos 1 et 4 : Olivier Munin Photos 2 et 3 : Jules Allais

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 5 févr. 2020

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Suite à notre publication d’hier, un habitant d’une commune voisine s’est rendu sur le chantier de démolition, notamment pour vérifier si les éléments intérieurs de l’édifice avaient été conservés, ou s’ils avaient fini dans les gravats. Les photos sont là pour nous prouver que rien n’a été conservé et qu’en plus de la démolition, nous pouvons constater que des arbres du parc ont été abattus.

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Autre étonnement de notre part suite à la lecture du permis de démolir. Le terrain n’est « que » de 3280 m2 et le bunker de la seconde guerre mondiale est conservé. Pour la construction de futurs logements, le terrain « occupé » nous semble bien petit. Il faudra donc être vigilant quant à l’avenir de ce témoin de la guerre, qui par manque de place risque de disparaître.


Enfin, encore une fois, même si cet édifice n’était pas « le château de Versailles », il pouvait renaître à travers le projet hôtelier proposé et devenir un vecteur économique et touristique pour la ville. Mais cette solution simple et efficace n’a pas eu grâce aux yeux des élus locaux qui ont préféré dépenser l’argent public pour le mettre par terre. Dont acte.

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Voici le commentaire de Loïck Bouvier qui s’est rendu sur place : « Constat visuel le mardi 4 février 2020, 14h, à Marquise, rue de Verdun. Analyse visuelle : l'on peut constater la dégradation à certains endroits, au niveau de la toiture, mais pas étonnant si cela n'a pas été entretenu volontairement depuis des années. Le coût de rénovation peut se chiffrer entre quelques milliers d'euros et quelques dizaines de milliers d'euros, pas plus. Le tas de la charpente, même à distance de plusieurs mètres, montre une bonne qualité de bois, poutres en chêne, bois rouge, magnifique escalier probablement. La supposée maladie semble être la parade facile et semble être un gros mensonge. Les gros blocs de pierres blanches, malheureusement détruits, démontraient une solidité éternelle. Certaines parties extérieures pouvaient être démontées comme l'architecture autour des fenêtres, mais il est plus facile de détruire avec l'engin. Le lieu est sous surveillance et interdit au public. "

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Crédit photographiques: Loïck Bouvier



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