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  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 4 févr. 2020

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Vous avez été très nombreux à nous alerter, depuis hier, au sujet du triste sort du château de la commune de Marquise dans le Pas-de-Calais. Depuis quelques jours, les pelleteuses font leur sale travail et détruisent l’édifice. Jusque-là, nous pouvons presque tristement appeler ça « scène de la vie quotidienne du patrimoine du XIXe siècle ».


Sauf que, dans ce cas précis, il n’y avait aucune raison que ce patrimoine disparaisse, car au décès de la propriétaire, une jeune femme s’était fait connaître pour le racheter et avait un projet de réhabilitation solide qui assurait l’avenir de l’édifice. La réhabilitation avait été chiffrée à près d’un million cinq cent mille euros, mais cela ne faisait pas peur à la jeune femme.


Extrait de l’article de La Voix du Nord du 26 octobre 2015 au sujet de son projet :


« Alizée Debou a failli avaler son café de travers. Et pour cause, puisque la jeune entrepreneuse de 28 ans, déjà à la tête du restaurant À l’Opale des caps, ainsi que d’un appart hôtel à Ambleteuse, venait de signer un compromis de vente sur cette propriété de la rue de Verdun quelques jours avant. Avec son père Albert-François, la jeune femme a en effet craqué en août sur cette belle maison bourgeoise du XIXe siècle s’ouvrant sur un charmant parc et un petit bois.


Du moment où elle a glissé un pied dans la propriété, en vente depuis avril dernier suite au décès de Mme Huleu, sa propriétaire, à l’âge de 102 ans, elle a tout de suite vu le potentiel de l’endroit.


Allier tradition et modernité

Dans cette ancienne maison de maître de 600m2, elle imagine à la fois un hôtel de standing sur deux étages, des salles de séminaire et de réception au rez-de-chaussée (notamment pour les mariages). Le tout dans un cadre rénové et restructuré mais gardé dans son jus : beaux plafonds sculptés, parquets anciens, cheminées en marbre, radiateurs de caractère… Plusieurs des chambres ou suites donneraient sur le grand parc arboré qu’Alizée souhaite préserver tel quel, avec son petit bois, ses mares et son potager. Un room service (plateaux-repas de qualité) serait aussi proposé aux clients, préparés par un cuisinier.


Également dans son projet : une résidence hôtelière de 6 à 8 appartements, construits « en bois » sur un des côtés du parc, en retrait du château, et un espace bien-être (Spa…) à aménager dans le blockhaus construit par les Allemands pendant la seconde Guerre mondiale, qui trône au milieu du parc. Enfin, les dépendances situées du côté de la cour d’entrée seraient transformées en appartements loués à l’année.


De lourds travaux de rénovation


Le projet est très ambitieux, surtout quand on voit les travaux nécessaires. Un chantier évalué à 1,5M€. Les intérieurs sont complètement vétustes et les murs et plafonds rongés par l’humidité. Mais cela ne fait visiblement pas peur à notre dynamique entrepreneuse. Pas plus d’ailleurs que la prétendue mérule qui attaquerait le bâtiment. Un rapport d’experts qui vient d’être réalisé établit que le champignon serait circonscrit sur une petite surface dans la cave, dans une structure en bois qui peut être aisément démontée. Reste un problème de taille : la ville de Marquise, qui ne dispose plus de réserves foncières pour réaliser les projets qu’elle souhaite, veut, elle aussi, acquérir la propriété. Elle envisagerait d’ailleurs de démolir l’édifice. Face au risque de préemption, Alizée et son père soulignent les nombreuses qualités de leur projet : la création d’un hôtel -qui plus est de prestige- dans une commune où il n’en existe plus, la création d’emplois, la contribution au tissu économique local et la préservation du patrimoine de la commune. »



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Elle a bon dos la mérule ! Toujours le même prétexte fallacieux employé par les élus qui veulent justifier leurs actes de vandalisme à l’encontre du patrimoine de leur commune.


Nous ne pouvons que déplorer la préemption de l’édifice qui l’a conduit à sa démolition aujourd’hui, au nom de la sacro-sainte réserve foncière. Comme il est énoncé dans cet article, un blockhaus de la seconde guerre mondiale se trouve dans le parc et nous ignorons pour le moment quel sort va lui être réservé.


Nous reviendrons un peu plus tard sur ce sujet dans la journée, car un de nos correspondants a accepté de se rendre sur place pour essayer de voir si les éléments architecturaux ont été mis de côté pour être revendu et espérer une seconde vie ailleurs, ou si tout a été broyé.


Une question se pose encore une fois : à l’heure où dans certaines communes on met en place un « permis de louer » afin de décourager les « marchands de sommeil », à quand un permis de préempter pour les Maires, afin d’éviter les communes d’être privées de leur patrimoine et du potentiel économique que celui-ci pourrait engendrer ?



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Enfin, il ne faut pas rêver, nous n’en avons pas fini de notre « guerre aux démolisseurs », car si l’État nous fait l’aumône de quelques « mesurettes » pour la sauvegarde du patrimoine, jamais personne ne s’inquiète de cette vague de démolition grandissante. D’ailleurs, ne parlons plus de vague, mais plutôt de tsunami, car il ne se passe pas une journée en ce moment, sans que l’on ne détruise un édifice ou qu’on ne le laisse à l’état d’abandon pour mieux le détruire un peu plus tard.


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Lire l’article de La Voix du Nord du 03/02/20 ici.

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 6 mars 2019

Le 15 mars auront lieu les élections municipales.



Il y a bien entendu des sujets plus graves que la sauvegarde du patrimoine, mais un élu qui ne respecte pas l’histoire de sa commune est-il vraiment capable de respecter ses administrés ?


Urgences Patrimoine est née il y a six ans, juste après les municipales en 2014. En six ans, nous avons assisté sur l’ensemble du territoire, à des démolitions souvent injustifiées, la plupart du temps au nom de la réserve foncière.


Nous avons constaté souvent impuissants, à l’abandon manifeste de dizaines d’édifices religieux qui attendent que le glas des pelleteuses sonne pour eux.



Cette situation n’est pas admissible, surtout dans un pays connu dans le monde entier pour la richesse de son patrimoine et la diversité de ses paysages.


Jamais nous ne nous autoriserons à faire de la politique, mais en revanche, nous continuerons, sans relâche, notre guerre aux démolisseurs.


Cette guerre, chacun peut la faire, en commençant par élire un Maire soucieux de l’avenir du patrimoine de sa commune. Un Maire qui aura des projets de réhabilitations intelligentes, qui sera capable d’anticiper certaines dégradations et qui entreprendra des chantiers de mise en valeur de son patrimoine bâti et de son patrimoine naturel.



En agissant ainsi, un élu ne précipitera pas sa commune vers une la ruine. Bien au contraire, il ne pourra que la rendre plus prospère. N’oublions pas que la culture et le tourisme sont des vecteurs économiques importants, et les mépriser, c’est se priver de réelles richesses. Alors peut-être est-il temps de ne pas trop se préoccuper des étiquettes politiques, mais soucions-nous plutôt de l’avenir de notre mémoire collective.



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Crédits photographiques : Photos 1 et 6 : Alexandra Romanski Photo 2 : Le Parisien : Château de Lagny le Sec Photo 3 : Ouest France : Chapelle de Sablé sur Sarthe Photo 4 : Vosges Matin : presbytère de Bussang Photo 5 : Le Journal du Centre : Église d’Asnan

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