top of page
  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 19 févr. 2020

mosaique-isidore-oderico-gazette-patrimoine.jpeg


Cela n’aura sans doute échappé à personne, car nombreux sont ceux qui ont relayé cette information, mais nous souhaitions tout de même insister sur un point important qui semble un peu sous-évalué dans cette affaire du Château Delisse.

« Le Château de la fromagerie Delisse », situé sur la commune de Montauban-de-Bretagne, a été construit par la famille Délisse au début du XXe siècle. Symbole de l’industrie florissante de l’époque, il est aujourd’hui la propriété du groupe Entremont. Ces derniers viennent d’annoncer leur intention de le démolir. Pourquoi le démolir ? On invoque toujours les mêmes prétextes, à savoir, la sécurité. Or, avant qu’un édifice soit dangereux, il faut qu’il ne soit pas entretenu pendant une longue période. C’est sans doute ce qui a été le cas, et bien entendu, on se protège derrière un vague « c’est trop tard, on ne peut plus le restaurer à cause de son état.» D’après la presse locale, la démolition ne serait pas imminente, Rennes Infos Autrement parle même d’un délai de cinq ans. Sauf qu’il semblerait que le permis de démolir soit déjà déposé, et nous savons que la validité d’un permis est de trois ans, avec possibilité de prolongations de deux fois un an. Il nous semble curieux que la procédure soit déjà en cours, si ce n’est pour démolir que dans cinq ans. Cependant, certains diront que des édifices comme celui-ci, il y en a pléthore, donc un de plus ou un de moins cela ne changera pas grand-chose. Mais le plus préoccupant dans cette « banale » histoire de démolition, c’est que l’édifice possède à l’intérieur des mosaïques remarquables du grand Isidore Odorico.





La direction d’Entremont semble affirmer que toutes les précautions seront prises afin que ce patrimoine remarquable soit sauvegardé et puisse trouver une nouvelle destination. Toutefois, par expérience, nous savons que, bien souvent, dans le feu de l’action, on « oublie » ce genre d’engagement et on détruit sans regret, comme nous l’avons vu récemment avec les céramiques de Bigot dans la « Villa Poulain » à Blois. Souhaitons que ces trésors soient préservés et que leur future destination soit connue avant démontage, car, là encore, le risque de les voir remisés dans un entrepôt, puis « oubliés », est une éventualité à ne pas négliger.



Biographie : Mosaïste rennais, Isidore Odorico (1893-1945) était d'origine italienne. Sa famille était arrivée fin XIXe en France, pour le chantier de l'opéra Garnier à Paris. Elle s'installe ensuite à Rennes où elle crée son atelier. Leur style italien (vénitien et romain) illustré par des tesselles de couleurs vives et dorées découpées dans le marbre, le granit ou la pâte de verre assurera leur succès. Après la première guerre mondiale, le fils Isidore Odorico, formé aux Beaux-arts à Rennes, reprend la direction de l'entreprise familiale. Lire l’article du Figaro. Lire l’article de Rennes Infos Autrement. Historique : https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/rennes-redecouvre-ses-mosaiques-odorico_3279449.html

Crédits photographiques : © Alain Amet - Musée de Bretagne

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 18 févr. 2020

C’est le titre du Journal Le Télégramme pour annoncer la fin de la chapelle Sainte Thérèse. Effectivement, comme l’écrivait Beaumarchais, il vaut mieux « se presser de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer ».

Quoi qu’il en soit, la petite chapelle bretonne, située sur les terres des anciennes usines Bolloré à Scaër dans le département du Finistère, n’est plus.


Elle aura fait beaucoup parler d’elle, car déjà en 2007 il était question de la « déconstruire » pour la faire revivre ailleurs. Il y a deux mois, cette fameuse « déconstruction » était toujours annoncée. Le clocher avait été démonté pour des raisons de sécurité, les vitraux déposés et les ardoises retirées.


Mais aujourd’hui, plus aucun doute, la chapelle n’a pas été déconstruite, elle a bel et bien été démolie. Une triste fin pour ce petit édifice, qui était originellement érigée à Coat-Quéau, dans la commune de Scrignac, et que René Bolloré avait acquise et faite reconstruite en 1926, dans l'enceinte des Papeteries de Cascadec. À croire que l’intérêt pour le patrimoine du groupe Bolloré n’est plus le même qu’il y a 94 ans et nous ne pouvons que le déplorer. En savoir plus : https://www.letelegramme.fr/dossiers/travaux-a-la-chapelle-de-cascadec/le-pape-a-demoli-la-chapelle-saint-vincent-14-02-2020-12503661.php https://www.letelegramme.fr/finistere/scaer/chapelle-de-cascadec-un-curieux-chantier-12-11-2019-12431286.php https://www.letelegramme.fr/finistere/scaer/chapelle-de-cascadec-le-demontage-est-possible-19-11-2019-12437106.php

Crédits photographiques : Photos 1 à 5 : Le Télégramme Photo 6 : Ouest France

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 17 févr. 2020

Un petit retour en arrière au sujet de la démolition du Château Hulleu, situé dans la très belle commune de Marquise.


chateau-marquise-demolition-urgences-patrimoine.jpeg

Comme nous pouvons le constater sur cette photo de drone, il ne reste plus rien de l’édifice et des arbres qui l’entouraient. Le bunker présent dans le parc et qui selon le permis de démolir devait être conservé, reste toujours enfoui sous une épaisse végétation à l’extrémité de la propriété (à l’extrême gauche sur la photo) et pour le moment, aucun avenir pour lui.


chateau-marquise-demolition-urgences-patrimoine.jpeg


Le Château n’est plus, et son terrain tant convoité va permettre l’extension du parc voisin pour en faire un « poumon vert », selon les dires de la mairie (alors pourquoi avoir abattu les arbres de la propriété ?)


La mairie envisage également à cet endroit, la construction d’aires de jeux pour enfants ainsi que la construction d’un skatepark. À ce rythme-là, ce ne sera plus Marquise, mais Luna Park.


Une chose est certaine, la commune a les moyens pour les jeux, mais pas pour l’entretien de son patrimoine. La charmante église, qui faisait écho au château, aurait bien besoin de soins, mais faute de budget, toujours selon la mairie, les grands travaux ne sont pas pour demain.


chateau-marquise-demolition-urgences-patrimoine.jpeg

Si elle est toujours accessible au public et que des messes y sont célébrées régulièrement, la voûte est maintenue par des structures métalliques et les paroissiens prient chaque jour un peu plus afin que le ciel — enfin, la voûte — ne leur tombe pas sur la tête.



Si vous vous rendez sur le site de la commune, vous pourrez constater dans la rubrique « Travaux », qu’à part la consolidation d’un muret de l’édifice, aucun travaux n’ont été entrepris.



Sans doute qu’il est prévu dans les prochaines années, quand la voûte se sera effondrée, que les messes soient célébrées en plein air au cœur du « poumon vert », entre un toboggan et un skatepark.



Lire les articles précédents sur ce sujet :



Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à soutenir La Gazette du Patrimoine en cliquant ici.

Subscribe
bottom of page