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Notre opération « Un Geste à l’Édifice » permet à des communes ou à des petits musées de bénéficier de la restauration gracieuse de certaines œuvres, dans le cadre du mécénat de compétences. Lorsque le porteur de projet n’a aucun budget pour faire restaurer une œuvre, alors Urgences Patrimoine, à travers ce dispositif, permet la réalisation de la restauration avec l'intervention de professionnels qualifiés.


Aujourd’hui Sophie de Joussinneau et Osanne Darantière ont réceptionné dans leur atelier du XVe arrondissement de Paris ce tableau, en provenance de l’église de Courlon dans le département de l’Yonne.


Nous avons eu un peu de retard suite au désistement de la restauratrice qui devait intervenir sur cette œuvre, mais il est à présent entre de bonnes mains et va pouvoir bénéficier des soins nécessaires à sa restauration.



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Ces actions bénévoles de la part des professionnels du patrimoine devraient être plus souvent soulignées, mais hélas, en France, l’acte de générosité est souvent perçu comme suspect, notamment par les institutions habituées aux lancement d’opérations coûteuses, que l’argent public peine à financer.


C’est pour cette raison qu’il faut savoir explorer d’autres pistes, comme celle du mécénat de compétences. Le sujet n’est pas de faire perdre des marchés rémunérés aux artisans, mais ce sont ces mêmes artisans qui souhaitent apporter leur contribution à la sauvegarde du patrimoine en péril « oublié » des territoires. Saluons leur action, sans polémiquer.




Tout ce qui peut être utile au patrimoine est important et remercions celles et ceux pour qui le mot générosité signifie encore quelque chose.


Rappelons que nos « fées des pinceaux » en sont à leur troisième tableau en convalescence, dans le cadre « d’Un Geste à l’Édifice ».


En savoir plus sur nos deux restauratrices :


  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 4 févr. 2020

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Vous avez été très nombreux à nous alerter, depuis hier, au sujet du triste sort du château de la commune de Marquise dans le Pas-de-Calais. Depuis quelques jours, les pelleteuses font leur sale travail et détruisent l’édifice. Jusque-là, nous pouvons presque tristement appeler ça « scène de la vie quotidienne du patrimoine du XIXe siècle ».


Sauf que, dans ce cas précis, il n’y avait aucune raison que ce patrimoine disparaisse, car au décès de la propriétaire, une jeune femme s’était fait connaître pour le racheter et avait un projet de réhabilitation solide qui assurait l’avenir de l’édifice. La réhabilitation avait été chiffrée à près d’un million cinq cent mille euros, mais cela ne faisait pas peur à la jeune femme.


Extrait de l’article de La Voix du Nord du 26 octobre 2015 au sujet de son projet :


« Alizée Debou a failli avaler son café de travers. Et pour cause, puisque la jeune entrepreneuse de 28 ans, déjà à la tête du restaurant À l’Opale des caps, ainsi que d’un appart hôtel à Ambleteuse, venait de signer un compromis de vente sur cette propriété de la rue de Verdun quelques jours avant. Avec son père Albert-François, la jeune femme a en effet craqué en août sur cette belle maison bourgeoise du XIXe siècle s’ouvrant sur un charmant parc et un petit bois.


Du moment où elle a glissé un pied dans la propriété, en vente depuis avril dernier suite au décès de Mme Huleu, sa propriétaire, à l’âge de 102 ans, elle a tout de suite vu le potentiel de l’endroit.


Allier tradition et modernité

Dans cette ancienne maison de maître de 600m2, elle imagine à la fois un hôtel de standing sur deux étages, des salles de séminaire et de réception au rez-de-chaussée (notamment pour les mariages). Le tout dans un cadre rénové et restructuré mais gardé dans son jus : beaux plafonds sculptés, parquets anciens, cheminées en marbre, radiateurs de caractère… Plusieurs des chambres ou suites donneraient sur le grand parc arboré qu’Alizée souhaite préserver tel quel, avec son petit bois, ses mares et son potager. Un room service (plateaux-repas de qualité) serait aussi proposé aux clients, préparés par un cuisinier.


Également dans son projet : une résidence hôtelière de 6 à 8 appartements, construits « en bois » sur un des côtés du parc, en retrait du château, et un espace bien-être (Spa…) à aménager dans le blockhaus construit par les Allemands pendant la seconde Guerre mondiale, qui trône au milieu du parc. Enfin, les dépendances situées du côté de la cour d’entrée seraient transformées en appartements loués à l’année.


De lourds travaux de rénovation


Le projet est très ambitieux, surtout quand on voit les travaux nécessaires. Un chantier évalué à 1,5M€. Les intérieurs sont complètement vétustes et les murs et plafonds rongés par l’humidité. Mais cela ne fait visiblement pas peur à notre dynamique entrepreneuse. Pas plus d’ailleurs que la prétendue mérule qui attaquerait le bâtiment. Un rapport d’experts qui vient d’être réalisé établit que le champignon serait circonscrit sur une petite surface dans la cave, dans une structure en bois qui peut être aisément démontée. Reste un problème de taille : la ville de Marquise, qui ne dispose plus de réserves foncières pour réaliser les projets qu’elle souhaite, veut, elle aussi, acquérir la propriété. Elle envisagerait d’ailleurs de démolir l’édifice. Face au risque de préemption, Alizée et son père soulignent les nombreuses qualités de leur projet : la création d’un hôtel -qui plus est de prestige- dans une commune où il n’en existe plus, la création d’emplois, la contribution au tissu économique local et la préservation du patrimoine de la commune. »



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Elle a bon dos la mérule ! Toujours le même prétexte fallacieux employé par les élus qui veulent justifier leurs actes de vandalisme à l’encontre du patrimoine de leur commune.


Nous ne pouvons que déplorer la préemption de l’édifice qui l’a conduit à sa démolition aujourd’hui, au nom de la sacro-sainte réserve foncière. Comme il est énoncé dans cet article, un blockhaus de la seconde guerre mondiale se trouve dans le parc et nous ignorons pour le moment quel sort va lui être réservé.


Nous reviendrons un peu plus tard sur ce sujet dans la journée, car un de nos correspondants a accepté de se rendre sur place pour essayer de voir si les éléments architecturaux ont été mis de côté pour être revendu et espérer une seconde vie ailleurs, ou si tout a été broyé.


Une question se pose encore une fois : à l’heure où dans certaines communes on met en place un « permis de louer » afin de décourager les « marchands de sommeil », à quand un permis de préempter pour les Maires, afin d’éviter les communes d’être privées de leur patrimoine et du potentiel économique que celui-ci pourrait engendrer ?



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Enfin, il ne faut pas rêver, nous n’en avons pas fini de notre « guerre aux démolisseurs », car si l’État nous fait l’aumône de quelques « mesurettes » pour la sauvegarde du patrimoine, jamais personne ne s’inquiète de cette vague de démolition grandissante. D’ailleurs, ne parlons plus de vague, mais plutôt de tsunami, car il ne se passe pas une journée en ce moment, sans que l’on ne détruise un édifice ou qu’on ne le laisse à l’état d’abandon pour mieux le détruire un peu plus tard.


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Lire l’article de La Voix du Nord du 03/02/20 ici.

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 3 févr. 2020

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Encore un patrimoine menacé au nom de la modernité. Nous avons été alertés il y a quelques jours et nous nous devions de partager cette alerte. Les carrières souterraines de craie de Meudon, creusées au début du XIXe et classées en site scientifique et artistique depuis 1986, vont être détruites de moitié ! Nous connaissons tous les crayères de Champagne, classées au patrimoine mondial de l'Unesco. À Meudon nous possédons les mêmes, à quelques kilomètres de Paris.


Cela fait 40 ans que divers projets successifs veulent venir à bout de ce « sous-sol gênant », dans un secteur ou la valeur foncière ne fait qu'exploser. 2020 sonne le glas, puisque le Ministre de la transition écologique et solidaire a validé les travaux de comblement via les apports de déblais issus des chantiers d’Ile de France. C'est la moitié d'un dédale de 8 kilomètres de galeries qui va disparaître sous les remblais du nouveau métro Grand-Paris-Express. Ces galeries souterraines sont d'une qualité architecturale inestimable : taillées dans la masse de craie à la main et au pic par les Maîtres carriers de l'époque, ces galeries font en moyenne de 3 à 7 mètres de haut, avec un ciel vouté en plein cintre. Aux intersections de chaque galerie se dévoilent de somptueuses croisées d'ogives souterraines. Le souci du détail lors de la création de cette carrière souterraine a amené les carriers à peigner les parois des galeries, de manière à obtenir des finitions artistiques des plus parfaites. Ce sont tous ces détails qui donnent à l'ensemble l'ampleur d'une cathédrale romane.


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À cet intérêt architectural s'ajoute un intérêt acoustique exceptionnel. Les études du CNRS révèlent une qualité acoustique digne des plus grandes salles de spectacles et grandes cathédrales. En 1988, des enregistrements de l'ensemble Venance Fortunat ont démontré l'intérêt d'écoute tout à fait particulier de ce lieu. Enfin, l'intérêt scientifique est aussi très important, puisque ce site est célèbre dans toute la littérature géologique internationale. De nombreux chercheurs du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, de l'Université Pierre et Marie Curie et du CNRS y ont mené des travaux qui ont abouti à une visite de géologues du Monde entier lors du Congrès Géologique International de 1980. C'est un patrimoine inestimable qui s’apprête donc à être enseveli, en faisant fi de son intérêt patrimonial dans bien des domaines : patrimoine historique, patrimoine ouvrier, patrimoine architectural rare, patrimoine du souvenir de la guerre, patrimoine géologique.... Un recours a été déposé, mais les travaux devraient démarrer prochainement. Une pétition est en ligne, n’hésitez pas à cliquer sur le lien pour la signer : https://www.change.org/p/carrieresarnaudet Crédits photographiques : Magdaleyna Labbé

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