top of page
  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak
    Alexandra Sobczak
  • 3 févr. 2020

Dernière mise à jour : 20 nov. 2023

Poursuivons notre tour de France des démolitions programmées dans les cœurs de villes. Aujourd’hui, c’est à Calais : nous déplorons les projets envisagés dans les prochains mois par cette ville. Trois bâtiments sont concernés, dont celui que nous vous présentons ici.



demolition-maison-calais-urgences-patrimoine-gazette.jpeg
Démolition d'une maison XIX-XXème à Calais

Pourtant, les réhabilitations sont reconnues comme beaucoup plus écoresponsables que les démolitions et leurs encombrants déchets. Nous ne pouvons qu’assister impuissants à cette épidémie, qui tue chaque jour davantage ces petits témoins architecturaux d’un autre temps, qui ne demandent qu’à retrouver une seconde vie. Avec un minimum de volonté de la part des élus et des institutions, il est certain que de beaux projets pourraient naître dans le respect de ce patrimoine du XIXe et du début du XXe si souvent condamné. Un élu s’est pourtant opposé à la démolition de cet édifice, mais hélas, madame le Maire n’a rien voulu entendre. Il faut dire qu’elle a reçu la « bénédiction » de l’Architecte des Bâtiments de France — donc, fin du débat. Extrait de l’article de la Voix du Nord : Conseiller d’opposition, Christophe Duffy (Europe Écologie – Les Verts) a demandé au maire de retirer de la délibération la démolition de l’immeuble du 139 rue des Soupirants, qui fait l’angle avec les rues Jules-Ferry et des Salines, à côté de l’ancienne caserne des pompiers. « Cette démolition a suscité un certain émoi dans le quartier. Je suis allé le voir, il n’est pas en bon état mais possède un certain cachet. Je demande de surseoir (sic) sa démolition au cas où une nouvelle équipe municipale aurait un projet », lance-t-il. Demande refusée par la Maire (LR) Natacha Bouchart qui a mis en avant « l’avis favorable donné par l’Architecte des Bâtiments de France à la démolition. Leur responsable, Catherine Madoni, est venue sur place. Et, la connaissant, si elle a décidé cela, c’est que le bâtiment n’est vraiment plus en état… » Arrêtons aussi de nous cacher derrière les sempiternels « c’est en trop mauvais état », car n’oublions pas que dans la majorité des cas, c’est le manque d’entretien, souvent volontaire, qui est à l’origine de la vétusté de ces bâtiments, quand ils n’ont pas été acquis par les municipalités au prétexte de la réserve foncière. Dans ce cas, ils sont condamnés sans appel, sans même passer par la case « projet ». Encore un « cas laid » pour l’avenir du patrimoine de nos cœurs de villes.

Crédit photographique : La Voix du Nord

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak-Romanski
    Alexandra Sobczak-Romanski
  • 1 févr. 2020

Dernière mise à jour : 20 nov. 2023


calvaire-plorec-sur-arguenon.jpeg
Le Calvaire de Plorec-sur-Arguenon

Nous voici dans un charmant petit village de Bretagne, à Plorec-sur-Arguenon dans le département des Côtes d’Armor. Un village d’un peu plus de 400 âmes qui, jusqu’alors, vivaient paisiblement. Il y a deux ans, l’association de sauvegarde du patrimoine religieux de la commune a souhaité restaurer un calvaire datant de 1946. Elle n’a pas demandé d’argent public et a pris en charge cette restauration. La Mairie s’est occupée des seules formalités administratives, puisque le terrain sur lequel le calvaire se trouve appartient au Département, et qu’il fallait obtenir une autorisation de travaux. Autorisation délivrée sans problème par le Département

calvaire-plorec-restauré.jpeg
Le calvaire restauré

Jusque-là, tout va bien. Le calvaire a retrouvé sa superbe, et l’on a même déplacé un petit calvaire qui se trouvait tout seul dans un champ voisin pour le mettre plus en valeur. Le tout a été clôturé et l’espace a été paysagé. L’inauguration a eu lieu en octobre 2018. On devrait à ce moment-là uniquement parler du formidable travail des bénévoles pour le patrimoine de leur commune. Or, pas du tout. L’actualité de ce petit édifice est tout autre. En effet, lors de la cérémonie des vœux, le Maire de la commune a annoncé qu’il était très ennuyé par une plainte déposée par un de ses administrés, membre de « La Libre Pensée ». Cette association sévit depuis des années sur l’ensemble du territoire pour traquer sans relâche « les signes extérieurs » de la religion. Ce sont eux qui s’illustrent notamment dans tous les procès concernant les crèches, les statues religieuses dans les espaces publics et, aujourd’hui, c’est au tour des calvaires. Nous ne savons pas comment cette association est financée, mais vu le nombre de calvaires sur notre territoire, s’ils intentent des procès partout, cela risque de leur coûter très cher. Quoiqu’il en soit, c’est le tribunal Administratif de Rennes qui devra se prononcer et statuer sur le sort de ce pauvre édifice magnifiquement restauré. Cette affaire pourrait faire sourire, mais elle laisse entrevoir ce qui risque de se passer dans les prochaines années au nom d’une ultra laïcité mal interprétée. Appliquer la politique du « Bien vivre ensemble » commence par respecter l’histoire et le patrimoine de chacun et non de lutter contre. Lire l’article du Petit Bleu des Côtes d’Armor. Crédits photographiques : Le Petit Bleu des Côtes d’Armor


Subscribe
bottom of page