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Une fois de plus, dans les Hauts-de-France un charmant petit patrimoine se voit condamner. C’est à Guines, dans le département de le Pas-de-Calais, que ce château situé rue Narcisse Boulanger, vit probablement ses dernières semaines.L’établissement Public Foncier, qui en avait fait l’acquisition en 2015, n’en fera rien et justifie sa décision de démolir par le fait que l’édifice est aujourd’hui trop vétuste et que la restauration serait trop coûteuse.Nous ne pensons pas qu’en seulement cinq ans l’état de l’édifice se soit dégradé à tel point que ce bâtiment ne soit plus réhabilitable. Ce qui signifie que lors de l’acquisition par l’EPF, il n’y avait déjà aucune volonté de restauration. Les arbres du parc viennent d’être abattus et l’on ignore encore la date de démolition de l’édifice. Peut-être que l’on attend qu’il tombe tout seul, histoire de réduire les coûts…


PHOTO 2 Quoi qu’il en soit, encore un petit témoin de l’histoire locale qui disparaît, à l’heure où tous les regards sont soi-disant tournés vers l’avenir du petit patrimoine des territoires. Ces démolitions permanentes prouvent bien, qu’il n’y a que très peu de volonté de donner un avenir au patrimoine non protégé.Mais tout n’est pas perdu, car dans la même commune, un projet immobilier qui préserve le patrimoine existant devrait voir le jour prochainement, et nous ne manquerons pas mettre en avant cette belle initiative, qui elle, n’est bien entendu pas portée par l’Établissement Public Foncier.Lire l’article de La Voix du Nord ICI.



Cela fait presque deux ans que Michel Rosiaux et une poignée de passionnés se battent pour la réhabilitation du Saint-Yves, l’un de deux derniers Bateaux-Lavoirs de Laval.



En 1900 il en existait 22. Dans les années 70, ils n’étaient plus que 4 et aujourd’hui, seul le Saint-Julien a été restauré et le Saint-Yves attend désespérément l’heure de sa renaissance.



Ce patrimoine fait pourtant l’objet d’une protection au titre des monuments historiques et pourtant, il gît depuis des années dans un coin oublié de la ville et se dégrade chaque jour un peu plus.



Mais à force de détermination et surtout de patience, Michel Rosiaux a enfin réussi à faire entendre sa voix et celle de son collectif. Tout d’abord, grâce à une pétition, puis, après de multiples prises de contacts avec les élus.



Élus qui, aujourd’hui, placent pour la plupart, la restauration du Saint-Yves au cœur de leur programme du second tour des élections municipales.



Et ce ne sont pas que quelques mots prononcés dans un discours, mais des écrits qui feront foi en cas « d’oubli » après le scrutin. L’idée d’un espace de co-working est soutenu par un des candidats, pendant qu’un autre évoque plutôt la création d’un « café sur l’eau ».



Nous trouvons l’idée du café plus judicieuse, car vectrice de lien social, mais un lieu destiné aux entreprises n’est pas à écarter, l’essentiel étant que ce patrimoine emblématique d’une époque et témoin de la mémoire collective, retrouve sa place dans la ville et se voit assurer un avenir plus brillant que celui de pourrir dans un terrain vague.



Bien évidemment, Urgences Patrimoine soutien le collectif et se tient à la disposition des élus pour accompagner leur projet de sauvegarde.



À suivre….



Communiqué de Michel Rosiaux, président du collectif de sauvegarde du Saint-Yves:



J’ai récemment et à plusieurs reprises interpellé les candidats aux élections municipales de Laval sur Twitter :



Le 10 juin : « @pillon_didier @FBercault



Suite à la crise sanitaire...Qu’en sera-t-il, messieurs les candidats aux élections, de la protection, restauration et exploitation du bateau lavoir St Yves abandonné depuis 2009 sur un terrain municipal ? Patrimoine lavallois monument historique en péril ! »



Le 12 juin : « Un collectif et 1605 pétitionnaires attendent une réponse...



Candidats aux élections municipales vous vous êtes engagés à restaurer et exploiter ce bateau lavoir...


Après cette crise sanitaire pouvez-vous confirmer cet engagement ?»


Les candidats ont répondu à notre questionnement :



Le 16 juin Mr Pillon :


« @MichelRosiaux, notre engagement n’a pas changé, bien au contraire. Nous souhaitons donner de l’ambition à ce patrimoine lavallois : nous ferons du bateau-lavoir Saint-Yves un espace de coworking pour accompagner les indépendants. »



Le 17 juin Mr Bercault :


« @DemainLaval s’engage à préserver le patrimoine de Laval. Nous restaurerons le bateau-lavoir Saint-Yves pour en faire un café sur l’eau avec du financement participatif. Une mise en valeur de ce bateau-lavoir, si rare en Europe. »



Après 20 mois d’une démarche citoyenne apolitique nous pouvons effectivement espérer une restauration et une exploitation du bateau lavoir St Yves.



Bien évidemment ce ne sont que des promesses... mais de l’oubli le bateau lavoir Saint-Yves patrimoine classé monument historique est devenu un sujet d’une campagne électorale.



Certes rien n’est acquis et nous devons rester vigilants, attentifs et continuer notre action.



D’une part pour que les promesses se concrétisent.Et d’autre part pour que le collectif puisse participer à cette concrétisation d’un projet de restauration et d’exploitation concerté (élus, décideurs, collectif...). Le St Yves doit redevenir un lieu de vie et de rencontre pour la population et les entreprises.



Le soutien populaire a permis d’être entendu et écouté et montre s’il fallait que notre action était légitime.



Mais augmenter les soutiens par le biais de la pétition peut définitivement transformer les promesses en réalité. Cliquez ICI. Le lien est : http://chng.it/kmLZRDzhVB.



Bien évidemment je tenais à vous remercier pour vos soutiens, messages et encouragements.


Et compte encore sur vous pour que nous puissions revoir flotter le Saint-Yves sur la mayenne.



Un nouveau « Geste à l’Édifice » au profit du petit patrimoine de nos territoires. Cette fois-ci, c’est un plafond qui va pouvoir bénéficier gracieusement des bons soins d’un artisan.Julie Fourmentraux va offrir son temps et son savoir-faire, afin de restaurer un plafond qui a subi les affres du temps, à Chamonix en Haute-Savoie. Cela fait longtemps que Julie souhaite participer à notre opération, notamment en restaurant gracieusement un tableau. Mais c’est un plafond qui avait besoin de soins urgents, alors pour l’occasion elle va prendre de la hauteur, délaissant son chevalet au profit d’un échafaudage.


Lorsque nous lui demandons pourquoi elle a souhaité entreprendre cette mission, Julie répond : « Depuis que je connais Urgences patrimoine, je veux mettre à contribution mon savoir-faire pour pouvoir sauver des œuvres qui n’ont pas la chance de bénéficier des fonds pour leur restauration. Les « petites œuvres » qui sont en péril sont pour moi tout aussi importantes que les œuvres de grands peintres. De plus, cette restauration est originale, même si les conditions sont un peu plus difficiles, car elles nécessitent une intervention sur place, loin de mon atelier de Thonon-les-Bains.Et puis faire revivre une œuvre dans une ville telle que Chamonix est un plaisir et une fierté. »C’est donc dès demain que la restauration débutera. L’échafaudage est déjà en place, il n’attend plus que Julie.

Au sujet « d’Un Geste à l’Édifice » :Cette opération créée par Urgences Patrimoine, consiste à faire intervenir des professionnels du patrimoine sur la base du volontariat. Les œuvres pour lesquelles ils interviennent ne disposent d’aucun budget, et seraient vouées à la disparition si elles n’étaient pas restaurées dans ce cadre-là.En temps normal, nous n’intervenons jamais sur du patrimoine privé, mais pour ce plafond, nous faisons une exception en accord avec notre restauratrice. Car il s’agit du plafond d’un commerce appartenant à une dame très âgée, qui n’a pas les moyens de faire entreprendre les restaurations.Au début du XXe siècle, la ville comptait bon nombre d’œuvres de ce genre, mais aujourd’hui elles sont devenues rares, car il est tellement plus facile de repeindre tout en blanc en faisant disparaître ces petits trésors, que de les restaurer.C’est la raison pour laquelle, même s’il doit en rester qu’un, ce sera celui-là.Un grand merci à Julie pour son engagement bénévole au service du patrimoine de nos territoires, malgré des conditions « post covid », peu propices au bénévolat. D’ailleurs, elle ne souhaite pas s’engager qu’une seule fois.Prochainement, elle quittera la Haute-Savoie pour le département des Vosges et compte bien intervenir dans le même cadre pour sauver un autre témoin oublié de notre patrimoine.

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