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Après Nantes, Le Puy-en-Velay et Le Mans, c’est au tour de Saint-Nazaire de démolir une de ses anciennes cliniques.



Ils se sont bien battus, mais ils ont perdu. Les associations Le Vieux Saint-Nazaire et 24B1–Jardin des Plantes ont été déboutées par le Tribunal administratif de Nantes. Un recours avait été déposé pour demander l’annulation du permis de démolir, mais la voix de la promotion immobilière à encore une fois été plus forte que celle du patrimoine.


Pourtant, l’édifice se situe dans le quartier « de La Havane », un des derniers quartiers « historique » de la ville et surtout l’un des seul à avoir été épargné par les bombardement pendant la seconde guerre mondiale. Mais sa valeur patrimoniale n’a pas ému la justice qui s’appuie essentiellement sur le fait qu’aucune mesure de protection n’avait été demandée jusqu’alors et que l’ancienne clinique n’était même pas inscrite dans le PLU.



Soit dit en passant, cela ne nous étonne guère quand on sait comment est traité le patrimoine de la ville, à l’exemple du château de Porcé que le Maire prend un malin plaisir à voir « tomber tout seul ».



C’est donc à un immeuble neuf que l’ancienne clinique cèdera sa place, mais il faudra encore attendre un peu, car le promoteur fait l’objet d’un second recours déposé contre le projet de démolition d’une autre clinique appartenant également au Pôle hospitalier mutualiste et située dans une autre rue de la ville.



Cette future démolition oriente notre réflexion quant à l’avenir des édifices appartenant aux hôpitaux. En effet, depuis quelques années, avec les regroupements de certains pôles médicaux, les démolitions vont bon train. On se souvient de la démolition cette année du Château de l’Épine, propriété du centre hospitalier du Mans. Ce dernier l’a rasé pour en faire un parking. En 2019, souvenons-nous de la clinique Saint-Augustin à Nantes ou de l'hôpital Sainte-Marie au Puy-en-Velay.





À ce rythme-là, dans quelques années, il ne restera plus rien du patrimoine hospitalier de notre territoire. Ce qui nous renvoie une fois encore à nos craintes quant à l’avenir de presbytère de Mamers, propriété du Centre Hospitalier Intercommunal Alençon-Mamers dont la direction s’obstine à vouloir le démolir au lieu de le vendre à la ville qui souhaiterait le valoriser.



L’affaire de la possible démolition de l’église Sainte-Germaine à Calais commence à faire grand bruit et nous en sommes satisfaits, car bien souvent s’agissant d’une démolition, le bruit est notre meilleur allié.



En parlant d’alliés, les vitraux de l’édifice pourraient être le meilleur argument de défense, car si l’église n’est pas protégée au titre des monuments historiques, les vitraux le sont, car ils sont l’œuvre de deux Maîtres verriers de renom, Louis Barillet et Jacques Le Chevalier.



Ce qui signifie qu’en théorie nul n’a le droit de les détruire.



Si le Diocèse va jusqu’au bout dans sa volonté de démolir, il faudra donc demander l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France, en espérant qu’il émette un avis défavorable quant à la démolition. Nous avons cependant quelques craintes, puisqu’il est possible que ce soit l’architecte qui a émis un avis favorable pour la démolition de « la chapelle » de Roger Poyé qui soit consulté.



Ce qui signifie que l’édifice pourra être démoli, mais qu’avant, il faudra démonter l’ensemble des vitraux pour qu’en théorie, ceux-ci soient réaffectés à un autre édifice qui en serait dépourvu. Ça c’est en théorie, car nous savons qu’en règle générale, les éléments « déposés » sont stockés dans un coin puis oubliés, même en étant protégés MH.


Une chose est sûre, comme nous l’indiquions dans notre précédent article sur ce sujet, pour une fois nous avons encore du temps. Si nous n’arrivons pas à convaincre le Diocèse avant l’officialisation de la démolition, alors nous ferons un recours en justice comme la loi l’autorise, à partir du moment où le permis de démolir est affiché.




Mais nous n’en sommes pas là et nous souhaitons très sincèrement trouver la solution la meilleure à la fois pour le Diocèse, les fidèles et les habitants du quartier, car ces derniers sont bien décidés à garder « Leur » église.



N’oubliez pas de signer la pétition si ce n’est déjà fait ICI.



En savoir plus sur les vitraux :



Les vitraux de l’église Sainte—Germaine ont été réalisés en 1934 par deux maîtres-verriers très renommés avant la guerre : MM. Barillet et Chevalier. Les plus belles pièces sont les deux rosaces du chœur symbolisant, l’une, rouge, l’Ancien Testament, l’autre, bleue, le Nouveau. Les huit vitraux représentant les scènes de la vie de sainte Germaine, situés dans la nef sont de toute beauté. On trouve aussi des représentations de saint Mathieu, saint Luc, saint Marc et saint Benoît-Labre.



Ensemble de 28 verrières De : Barillet Louis (verrier) ; Hanssen T. (verrier) ; Le Chevalier (verrier) Ensemble daté vers 1934.


Les dix verrières des fenêtres hautes : Saint Ludovic, Sainte Anne, sainte Jeanne d'Arc, Sainte Thérèse d'Avila, Sainte Godeleine, Saint Jean, Saint Joseph, Saint Jean-Marie Vianney Curé d'Ars, Saint Vincent de Paul et Saint Benoît Labre


Les deux verrières du chœur : Saint Marc et Saint Matthieu


Les huit verrières des bas-côtés : Histoire de sainte Germaine et cinq autres verrières des bas-côtés : Moïse, Jésus et les enfants, Annonciation, Apparition du Sacré-Cœur à Marguerite-Marie Alacocque et Sainte Cécile


Les trois verrières de la chapelle des fonts baptismaux : Baptême du Christ, Résurrection et Péché originel




Autres œuvres

Il faut aussi signaler la présence de marbres d’Hydrequent et le chemin de croix en mosaïque. L’église abrite aussi, près de l’entrée, une très belle plaque rendant hommage aux enfants de la paroisse morte lors de la guerre 1914—1918. Elle a été réalisée par M. Desvergnes. Enfin, une découverte : un haut relief de Nicole Hemard représentant le Christ Ressuscité sortant du tombeau (1984), excentré de La Croix comme les faisait l’artiste, avec le sépulcre ouvert, la pierre roulée à côté, et l’ange annonçant qu’il est ressuscité.

  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak
    Alexandra Sobczak
  • 21 juil. 2020

En Bretagne le Christ du calvaire de Gréavo, sur l’île d’Arz dans le Morbihan a été cassé et la vierge de la commune Montaud, dans l’Hérault, a été décapitée.


Des actes qui ont profondément affecté les habitants des communes concernées, élus en tête, ces derniers dénonçant fermement ces exactions.




La presse nationale n’en parlera pas et aucun ministre ne se déplacera. Jusqu’à quand le petit patrimoine de nos territoires subira les assauts des vandales dans l’indifférence générale ?



S’en prendre à ces petits témoins de notre histoire revient à s’en prendre à nous-même et à engendrer une « haine de l’autre » sans précédent.



Les commentaires que nous lisons sous certaines de nos publications sont de plus en plus agressifs et nous le regrettons. Au lieu de rassembler, ils divisent, alors que la cause du patrimoine aurait plutôt vocation à rassembler.



Non, tous ceux qui défendent le patrimoine ne sont pas des « fachos » et non, les dégradations ne sont pas commises systématiquement par des fichés S. La bêtise est hélas universelle parce qu’elle est humaine et c’est parce qu’elle est humaine qu’elle est infinie.



Alors au lieu de s’insulter à travers les écrans d’ordinateurs, il serait plus judicieux de se poser les vraies questions à commencer par : comment lutter contre ces actes ? Faut-il les passer sous silence, ou bien au contraire les mettre en lumière afin qu’ils servent d’étendards à la lutte contre le vandalisme croissant ?



En premier lieu, il est sans doute de la responsabilité de chacun de veiller à la bonne conservation de ces « petits patrimoines », car souvent, ils sont abandonnés par les communes sur fond de : « pas de budget ». Or nous savons tous que cette fallacieuse excuse cache surtout la peur des réactions de certains qui brandissent haut et fort les principes primaires de l’ultra laïcité.



Combien d’élus nous ont dit : « vous comprenez, si je mets de l’argent dans la restauration de l’église, une partie de mes administrés vont voir dans cette dépense pour un édifice religieux un acte contraire au principe de laïcité, car nombreux ignorent que pour tous les édifices édifiés avant 1905, leur entretien est à la charge des communes. C’est en grande partie pour cette raison que nous laissons le temps faire son œuvre sans réaction ».



Voilà une des clés du problème. Il est donc primordial de changer de discours et de mettre le plus souvent possible en avant la valeur culturelle et non pas la valeur cultuelle de ce patrimoine.



Nous savons que ce discours peut heurter de nombreux catholiques pratiquants, mais si nous voulons voir le patrimoine religieux protégé et entretenu, il faut absolument le replacer sans honte au cœur de notre culture comme un marqueur incontournable de notre histoire collective.



N’ayons pas honte de cette identité culturelle, car c’est elle qui fait de la France ce grand Musée que le monde entier nous envie.



Certes, ces deux éléments du patrimoine vandalisés passeront inaperçus tant notre pays en est riche, et d’ailleurs nous savons qu’ils seront restaurés mais il est important de changer notre regard sur ces actes qui ne concernent pas forcément la haine contre une religion, mais la haine contre un État tout entier.



Alors plutôt que de nous entretuer au nom de la laïcité, défendons ensemble notre culture et surtout, n’en ayons pas honte. Relever les pierres pour relever la tête sera le meilleur moyen de nous protéger contre l’extrémisme, quel qu’il soit.



Lire l’article de Ouest-France au sujet du calvaire de l’île d’Arz ICI.



Lire l’article du Midi-Libre au sujet de la Vierge de Montaud ICI.


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