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Si le chantier se trouvait dans une grande ville, alors tout le monde se serait insurgé contre l’absence de fouilles préventives, mais s’agissant d’une petite commune de Savoie, cela ne semble émouvoir personne. Personne, sauf un homme, René Chemin, qui se bat depuis plusieurs mois pour faire entendre la voix de la raison et celle de la connaissance.



Merci d’ajouter une voix à la sienne en signant la pétition en fin d’article.



René Chemin —Vice-président de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Maurienne. Vice-président de la Société Histoire Patrimoine Archéologie de Sollières-Sardières. Auteur du tome XLVII de la SHAM en 2013, Archéologie de la Maurienne. Né en 1946, René Chemin pratique l’archéologie depuis 1964, en amateur après un stage à Saint Romain en Gal en 1968. Fouilles de Cognin et Arbin en Savoie, sites Gallo-Romain. Responsable Bénévole de la fouille Néolithique et Age du Bronze grotte des Balmes Sollières-Sardières. En 1987 il devient professionnel et travaille pour la région PACA, puis en Rhône-Alpes. Il participe également aux fouilles du collège Lumière à Besançon, au diagnostic de la ligne à grande vitesse Dijon Mulhouse. C’est ensuite sur l’autoroute A19 Orléans-Sens qu’il est responsable d’opérations de diagnostic en particulier la villa aristocratique gauloise de Batilly (45) et la fouille de l’agglomération gallo-romaine de la Justice à Beaune la Rolande. Il termine sa carrière de professionnel en 2011 et continue depuis en tant que bénévole, à sauver de nombreux sites en cours de destruction dans la vallée de la Maurienne en Savoie. Il donne également des conférences et présente l’archéologie dans des écoles primaires et au collège de Modane .



Un site archéologique va disparaitre sans être documenté. Ce n’est pas Pompéi ni un de ses grands sites qui font la une des journaux, mais un petit site artisanal du 8eme siècle avant JC.



Dans notre Maurienne totalement délaissée par l’archéologie préventive cela aurait été l’occasion de connaitre les premiers gaulois de l’Age du Fer à Modane mais aussi les plus anciens de Savoie. Les travaux de voirie concernant l’extension de la ZAE des Terres Blanches à Modane, projet porté par la Communauté de Communes Haute-Maurienne-Vanoise, a permis la découverte de couches archéologiques.




Couches de charbon de bois assez étendues, dans un secteur riche en minerai de fer, probablement des vidanges de four, ainsi que des fosses et des tessons de céramique non tournée. Un prélèvement de charbon de bois a été fait. Les résultats sont surprenants par leur ancienneté. En effet nous sommes entre le 8ème et le 6ème siècle avant notre ère.



J’ai informé le Service Régional de l’Archéologie en avril 2021, depuis malgré de nombreuses interventions de ma part la conservatrice de la Savoie n’est jamais intervenue pour faire une fouille préventive, alors que le service me refusait l’autorisation de faire cette fouille en affirmant que le préventif aurait lieu. Je précise que je suis retraité responsable d’opération de l’INRAP, donc capable de réaliser ce sauvetage.





Nous vous rappelons qu’il est inutile de payer au moment de signer comme la plateforme vous invite à le faire. En revanche, tous vos partages sont les bienvenus.


Contactée par les membres du collectif de sauvegarde de Biches (Nièvre), composé de Madame Pineau et Messieurs Loreau, Vieux, Péré et Delobbe, La Gazette du Patrimoine à tenu à publier cet article afin de dénoncer les abus d’un propriétaire terrien qui a profité de cette période de confinement pour s’offrir quelques libertés mettant en péril le patrimoine naturel de la commune.


On notera qu’au passage deux puits, datant sans doute du XVIIIe siècle, ainsi qu’une borne ancienne, ont été détruits sans état d’âme et un chemin rural a été annexé.





Une vingtaine d’ha de pâture, en bordure de forêt sur la commune de Biches, viennent de subir une conversion brutale afin de cultiver du maïs.


Haies, chênes de plus de 150 ans, fossés, etc…, sont arasés et le sol traité au glyphosate dans la foulée. Cet acte a provoqué l’émoi des riverains, mais a plus largement choqué une partie de la population. Sachant que l’agriculteur qui vient de récupérer ces terres possède déjà plus de 1000 ha et que des élevages locaux auraient pu en profiter, les questions ne manquent pas :



Peut-on décider du jour au lendemain de changer radicalement le paysage ?


En pleine période de nidification, a-t-on le droit d’agir ainsi. Que dit la loi ?


La population a-t-elle son mot à dire ?

Quels impacts sur la biodiversité ?


Quels engins vont venir travailler ces cultures ?


Monsieur le maire, choqué des choix qui ont été faits, et surpris de ne pas avoir été avisé du début de ces travaux, a saisi la Préfecture, les services de la DTT chargés de lui apporter des réponses et des conseils.


Contactée, l’Agence Régionale de Biodiversité a confié que d’autres actes similaires avaient été constatés pendant cette période de confinement, et qu’une réaction était nécessaire.


La plupart de nos agriculteurs sont vertueux et il n’est pas question de leur jeter l’opprobre à cause de quelques-uns.


Mais déjà de nombreuses voix s’élèvent dans le département pour exiger qu’à l'issue de cette crise, le respect de la biodiversité et du paysage fasse l’objet d’une plus grande attention. À la demande du Ministère de l’Agriculture et de la Transition Écologique, un rapport intitulé « L’approche paysagère accélératrice de la transition agro-écologique » vient justement d’être publié en février 2020.


Ses auteurs rappellent que depuis plus de 20 ans, l’avenir paysager d’un territoire doit être débattu en concertation avec l’ensemble de ses composantes.


Les mesures compensatrices pour les agriculteurs ne sont peut-être pas à la hauteur des contraintes imposées.


Les arbres arrachés ne vont pas se relever demain. Cependant, gageons qu’à la colère et la passion succède un dialogue permettant de dégager les solutions ensemble.

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