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Le drame a eu lieu dimanche 1er mars un peu après 20 heures. L’église Saint-Trivier est située à Saint-Trivier-de-Courtes dans le département de l’Ain. Ce sont les riverains qui ont donné l’alerte en voyant d’épaisses fumées sortir de l’horloge du clocher. Rapidement arrivés sur place, les pompiers, venus de nombreuses casernes des communes voisines, ont lutté sans relâche afin de maitriser l’incendie qui s’est propagé rapidement à l’ensemble de l’édifice. C’est vers 22 heures que le clocher s’est effondré à l’intérieur de l’église. Le Maire de la commune s’est immédiatement rendu sur place et a fait évacuer les riverains qui auraient pu être en danger, à cause de la propagation de l’incendie. L’édifice était bien connu pour renfermer un trésor du patrimoine national, un triptyque du peintre Grégoire Guérard, peint en 1526. Mais ce dernier, par chance, n’y était plus exposé pour des raisons de conservation et avait rejoint, en 2018, la salle Renaissance du Monastère Royal de Brou, situé à quelques kilomètres.

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En revanche, l’église contenait de nombreuses œuvres inscrites ou classées à l’inventaire des Monuments Historiques et, pour le moment, nous ignorons si elles ont été miraculeusement épargnées par l’incendie. Nousz émettons énormément de doutes à ce sujet, notamment concernant le Christ en Croix sur Poutre de Gloire.

Bien évidemment, la presse nationale ne se fera pas le relai de cette information. Une église de province qui brûle, c’est un fait divers comme un autre, qu’on laisse bien volontiers à la presse locale.

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Une fois encore nous assistons à une sorte de discrimination territoriale. Certes, l’église Saint-Trivier n’est pas Notre-Dame, et Saint-Trivier-de-Courtes, ce n’est pas Paris. Pourtant la perte patrimoniale est immense et les habitants tout aussi consternés que les millions de personnes qui ont vu brûler la star des Cathédrales. Il n’y aura pas de mobilisation nationale, encore moins internationale. Au mieux, la commune est bien assurée, au pire, si les travaux sont trop lourds, elle n’aura d’autre choix que celui de démolir. Si la presse nationale n’en parle pas, en revanche, les commentaires sur les réseaux sociaux vont bon train. Beaucoup y voient un attentat, un acte anti-chrétiens. Pourtant les premières conclusions quant à ce drame laissent à penser que ce serait tout « simplement » la foudre qui se serait abattue sur le clocher durant les gros orages de l’après-midi dans la région.

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Ne nous trompons donc pas de combat. Dans ce cas précis, il faut juste se poser la question du pourquoi l’église a pris feu suite à cet impact de foudre, et quelles seraient les mesures de précautions à prendre afin que ce genre d’accident ne se produise pas ailleurs. Enfin, ayons une pensée pour nos soldats du feu, qui ne se verront pas remettre de médailles pour avoir maitrisé l’incendie. À Paris, ils ont été érigés au rang de héros (ce que tous les pompiers sont d’ailleurs au quotidien et partout), mais à Saint-Trivier-de-courtes ils n’auront fait « que » leur travail, sans tambour ni fanfare.





Le feu est bien évidemment maîtrisé, les abords de l’édifice sécurisé et des bâches de protection ont été installées sur les parties endommagées de la toiture. Il apparaît que les dégâts sont importants, mais l’église n’est pas détruite dans son intégralité.

Pour le moment, l’accès à l’intérieur est formellement interdit, dans l’attente de la venue des experts qui seront en mesure de faire un inventaire précis des dommages à la fois structurels et mobiliers. Car si le précieux triptyque est en sécurité depuis deux ans au Monastère Royal de Brou, suite à son transfert pour des raisons de conservation, l’église contenait de nombreux objets mobiliers protégés au titre des monuments historiques et nous ignorons pour le moment si l’incendie les a épargnés ou si malheureusement ils sont perdus. Parmi eux figuraient les objets suivant : Reliquaire de Sainte Agathe

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01001344 Statue en terre cuite de Saint-Trivier


https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01001338 Statue du Christ en croix sur poutre de gloire

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01001337 Statue en bois doré de Sainte Agathe


https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM01001345 Il est donc fort probable que le Christ en Croix n’est pas résisté à la chute intérieure du clocher. Bien entendu, beaucoup d’autres objets et œuvres étaient présents dans l’édifice, mais il faudra attendre un autre inventaire, car celui du Ministère de la Culture ne référence que les biens bénéficiant de la protection MH. Même si cette information n’a pas dépassé les « frontières de l’Ain » d’un point de vue médiatique, notre premier article a tout de même fait grand bruit sur les réseaux et bien au- delà des frontières du territoire national.


Nous insistons sur le fait que ce drame patrimonial n’est pas dû à un attentat terroriste, mais qu’il est bel et bien accidentel. Peut-être une défaillance du paratonnerre ainsi qu’un manque d’entretien de l’édifice. L’enquête nous permettra d’en savoir plus dans les prochains jours. Encore un grand bravo à nos soldats du feu, ainsi qu’au Maire de la commune et à l’équipe municipale pour leur réactivité et pensée pour les habitants et paroissiens qui doivent être encore sous le choc de cet incendie. À suivre…



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