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Hasard ou coïncidence, mais Urgences Patrimoine a déposé son recours de la dernière chance le même jour ou fut posée la première pierre de l’édifice.



Un édifice qui a été tant désiré et que l’on pensait voir se dresser fièrement pendant des siècles et des siècles…



C’était sans compter sur la volonté d’hommes d’Église qui, frappés d’amnésie sans doute, ont fait le choix de démolir un des symboles de la foi chrétienne au nom de la promotion immobilière et d’une modernité que l’on aurait pourtant pu conjuguer au passé.



Victor Hugo écrivait un jour : « L’avenir est une porte, le passé en est la clé ». Nous pouvons dire qu’à Lille on préfère défoncer les portes plutôt que de les ouvrir avec respect.



Peu importe si nous nous attaquons à la puissance du pouvoir et de l’argent. Urgences Patrimoine œuvre pour que le passé puisse être créateur d’avenir. Même si les chances de gagner cette bataille contre les démolisseurs sont infimes, il faut aller jusqu’au bout. Le 15 novembre, nous avons donc déposé notre recours en justice, au nom d’Urgences Patrimoine et de nombreux riverains qui ne se résignent pas à voir disparaître leur voisine de pierre.



Voici le communiqué de Maître Théodore Catry, notre avocat :



Dépôt du recours pour la sauvegarde de la chapelle Saint-Joseph devant le tribunal administratif de Lille



En union avec plusieurs riverains et citoyens mobilisés pour la Chapelle Saint-Joseph, Urgences Patrimoine a, par l’intermédiaire de son avocat, déposé samedi 14 novembre 2020 un recours pour excès de pouvoir contre le courrier du 20 octobre 2020 par lequel le ministère de la culture a refusé de mettre l’édifice en instance de classement au titre de Monuments Historiques.



Cette requête s’appuie sur le constat d’un certain nombre d’illégalités, parmi lesquelles figure notamment l’appréciation insuffisante de la valeur du bien et de l’intérêt public attaché à sa conservation.



Urgences Patrimoine et les requérants qui se sont joints à ce recours demandent au tribunal d’annuler purement et simplement le refus opposé par le ministère et d’enjoindre ce dernier à régulariser sa décision en ouvrant une procédure de classement et, dans l’attente, en mettant la chapelle en instance de classement comme cela aurait dû être fait dès l’origine.



Urgences Patrimoine, qui est à l’origine de la mobilisation depuis le 20 mai 2020, appelle tous les acteurs du patrimoine, au niveau local comme au niveau national, à soutenir cette action en justice.



Nous regrettons et nous nous étonnons qu’une partie de la communauté catholique de Lille ne soutienne pas notre démarche et soit favorable à cette démolition.



D’ailleurs, dans cette action nous constatons que les partisans de la sauvegarde de l’édifice sont souvent non pratiquants et que c’est bien l’avenir d’un témoin de l’histoire locale et collective qu’ils souhaitent sauvegarder et pas juste un symbole religieux.



Nous nous posons la question suivante : si la communauté catholique est vent debout dès qu’un acte de vandalisme est commis dans une église, pourquoi ne s’insurge-t-elle pas quand l’institution catholique elle-même souhaite démolir un de ses édifices ?



Nous n’aurons sans doute jamais la réponse, mais à ceux qui pensent qu’il est normal de faire table rase du passé au nom de la modernité, nous tenons à rappeler avec quelle ferveur les catholiques lillois avait participé fièrement à l’édification de la chapelle Saint-Joseph.




Voici un extrait du discours prononcé lors de la pose de la première pierre le 15 novembre 1886 :

Le Ministère de la Culture a décidé que cette chapelle n’était pas assez remarquable pour être protégé au titre des monuments historiques. Nous ne comprenons toujours pas sur quels critères ce jugement a été rendu, mais là encore, nous tenions à rendre hommage aux bâtisseurs avec un extrait du discours d’inauguration de la chapelle :



« En vérité, que ce lieu et grand et redoutable! C'est la maison de Dieu et la porte du Ciel! »



Baunard, Louis (1828-1919). Le Collège Saint- Joseph de Lille, 1881-1883 (Discours, notices et souvenirs par Mgr Baunard) Paris : 1888.



Il faut donc croire que cela ne l'est plus. Plus assez grand ? Plus assez redoutable ?




Que va-t-il advenir des vitraux, du haut-relief représentant la Cène, des beaux pavés de marbre et de tous les éléments architecturaux qui constituent l’édifice ?



L’orgue est déjà parti depuis longtemps faire entendre l’âme de la chapelle Saint-Joseph en Autriche. Il aurait plus chrétien de l’offrir à une paroisse voisine qui en était dépourvue. Mais, l’opération aurait alors été moins lucrative.



Yncréa affirme que les vitraux seront réutilisés « ailleurs ». Nous émettons des doutes à ce sujet, mais nous espérons nous tromper.



Quant à la stèle dédiée aux fondateurs, elle finira probablement dans les gravats.



Une chose est certaine : comme le dit le proverbe, « on n’est jamais trahi que par les siens ». Car les bâtisseurs de la chapelle Saint-Joseph, qui la pensait éternelle, ne devaient pas se douter une seule seconde que seulement 134 ans après la pose de la première pierre, l’institution catholique déciderait de la démolir pour y voir pousser en lieu et place un bloc de béton.



Enfin, tant que les pelleteuses ne sont pas en train de se livrer à leur sale besogne, tous les espoirs sont encore permis et, pour une fois, à défaut de confiance en la justice divine, gardons la foi en la justice des hommes.



Le recours est déposé, notre pétition dépasse désormais les 10.000 signatures et la mobilisation continue plus que jamais, notamment grâce à de nombreuses lettres de soutien de professionnels de la culture et de personnalités publiques qui viendront augmenter notre argumentaire auprès des instances compétentes.



Alea jacta est …



N’hésitez pas à nous adresser vos courriers de soutien par mail : urgences.patrimoine@gmail.com


C’est avec stupeur que nous apprenons à l’instant par un communiqué de presse du Ministère de la culture que la demande de classement de la Chapelle Saint-Joseph est à nouveau rejetée.


Nous sommes bien conscients que ce projet porté par Yncréa a permis de valoriser le Palais Rameau, mais cela ne justifie en aucune façon la démolition de la chapelle Saint-Joseph. D’autant que, comme nous ne cessons de le répéter, un projet de réhabilitation de l’édifice serait moins coûteux que la démolition-reconstruction souhaitée par Yncréa.



Le Ministère de la Culture reste donc sourd aux appels des Lillois et des défenseurs du patrimoine et préfère privilégier la destruction de l’édifice plus coûteuse et moins écologique.



Pour quelle raison ?



Sans doute la même qui a poussé Madame Martine Aubry a retiré la candidature de la ville pour son classement à l’UNESCO !



Notre recours en justice reste donc aujourd’hui la seule issue, à moins que le Président Emmanuel Macron réponde favorablement à notre appel, mais nous émettons des doutes quant à sa décision.



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DERNIERE MINUTE : RÉPONSE D'ETIENNE PONCELET AU COMMUNIQUÉ DU MINISTERE DE LA CULTURE



Le communiqué de presse du ministère de la Culture du 14 novembre est une redite des arguments développés par le Directeur général des patrimoines dans son courrier du 20 octobre auquel s’ajoute l’argument de la restauration du palais Rameau, bâtiment voisin construit par le même architecte.



Je reprends quelques éléments de ce communiqué :



- La chapelle n’est pas dans un « état très dégradé ». Le sol qui est un plancher est effectivement abîmé par les fuites d’eau dues notamment à un châssis de toit laissé ouvert depuis longtemps. Le gros œuvre et la toiture sont dans un état passable, tout à fait aptes à être restaurés dans des conditions normales.



- La demande d’instance de classement avait pour but de permettre la réflexion avec les partenaires pour intégrer les éléments existants au projet de campus et non pas pour empêcher celui-ci. La concertation annoncée par le ministre Franck Riester en son temps ne s’est pas réalisée avec les défenseurs de la chapelle.



- Le nouveau campus de 8 000 étudiants pour un investissement de 120 millions d’euros ne concerne pas que le site de la chapelle mais quatre autres sites proches les uns des autres dans le quartier de la catho.



- La restauration du palais Rameau pour lequel les lillois avaient réclamé et obtenu le classement est maintenant engagée et budgétisée depuis plusieurs mois. Cette opération dont le chantier doit démarrer prochainement n’a pas à être mis en balance avec le budget de l’opération du site de la chapelle.



- Bien au contraire, nous plaidons pour que le jumelage architectural du palais Rameau, classé Monument Historique, et de la chapelle, construite à la même époque par le même architecte et qui révèle un parti architectural unique et original, trouve son épanouissement dans le projet général de JUNIA (ex YNCREA) que nous appelons de nos vœux, intégrant la réhabilitation de la chapelle de Saint-Jo dans son programme.



Lille, le 14 novembre 2020


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N’oubliez pas que nous avons besoin de soutien pour ce combat et que le moindre petit geste compte.



Pour faire un don cliquez sur le lien ICI.


Tous les moyens seront bons pour que nous puissions sauver la chapelle Saint-Joseph de la démolition. Démolition imminente, puisque le ministère de la culture n’a pas étudié un projet alternatif comme Franck Riester s’était engagé à le faire dans son communiqué du 5 juillet 2020 et que Madame Roselyne Bachelot, lui succédant, n’a pas trouvé bon de le faire.



C’est par un courrier adressé à Monsieur Étienne Poncelet par le directeur des patrimoines que nous avons également appris le refus de mise sous protection de l’édifice lui permettant d’empêcher symboliquement sa démolition. Démolition prévue probablement pendant les fêtes de Noël afin de limiter les « nuisances », d’après Yncréa.



Depuis samedi, nous travaillons sans relâche afin de trouver les moyens d’empêcher ce que nous appelons encore aujourd’hui, même si le terme peut sembler exagéré pour certains, un « patrimonicide ».



La mobilisation qui avait déjà été importante lorsque nous avions lancé l’alerte de la dernière chance le 20 mai dernier est aujourd’hui un raz de marée. Des mails nous parviennent par dizaine pour manifester une vive opposition à cette démolition. Beaucoup de mails d’habitants du quartier concerné, de Lillois attachés à leur patrimoine et beaucoup de témoignages de nombre de Français attachés tout simplement à leur culture et à tous les témoins de la mémoire collective.



Nous avons donc décidé de contester la décision du ministère de la culture. Notre avocat, Maître Théodore Catry a préparé un recours qui sera déposé ce jour.



Chapelle Saint-Joseph : notre recours 



Le courrier du ministère du 20 octobre dernier porte-t-il un coup d’arrêt à la


sauvegarde de l’édifice ? La réponse est non.



Pour rappel, la mesure de protection qui avait été sollicitée n’était ni une demande de classement, ni une demande d’inscription aux Monuments Historiques. La chapelle étant, à l’époque, menacée de destruction du fait de la délivrance d’un permis de démolir, la demande qui avait été faite au ministre de la culture était de mettre en urgence l’édifice en instance de classement. Une telle mesure, qui s’analyse juridiquement en une véritable décision à portée conservatoire, permet de suspendre toute intervention sur l’ouvrage dans l’attente qu’une décision soit prise sur l’opportunité de le classer au titre des monuments historiques.



Le refus d’y donner suite est une véritable décision administrative faisant grief, d’autant plus qu’il est également concédé dans le courrier que la chapelle Saint-Joseph ne serait pas, in fine, susceptible de mériter un classement compte tenu de l’intérêt patrimonial insuffisant qu’elle présenterait. En tant que tel, ce courrier ouvre par conséquent droit à recours.



Notre stratégie : le recours juridictionnel et l’obtention de l’inscription.



La suite de ce dossier connaîtra deux actions menées en parallèle l’une de l’autre.



En premier lieu, il s’agit de contester le courrier du ministère par laquelle il a été décidé de refuser de mettre la chapelle en instance de classement. Cette action sera portée devant le tribunal administratif de Lille et visera à demander l’annulation de cette décision. Elle permettra d’espérer la prolongation du sursis accordé à l’édifice jusqu’à ce que la juridiction statue.



En second lieu, Urgences Patrimoine diligentera, auprès du préfet de région, la constitution d’un dossier pour demander l’inscription (et non le classement) de la chapelle au titre des monuments historiques, mesure de protection qui peut être accordée pour les immeubles qui, même sans justifier de classement, présentent un « intérêt d’histoire ou d’art suffisant pour en rendre désirable la préservation » (art. L. 621-25 du code du patrimoine).


Parallèlement à ce recours, sous l’impulsion de Madame Violette Spillebout, conseillère municipale à Lille et représentant de la majorité Présidentielle, un courrier a été adressé à Monsieur le Président de la République afin de lui demander d’intervenir pour surseoir à cette démolition qui, dans le contexte très particulier que nous connaissons, après l’assassinat de trois paroissiens dans une église, serait considérée comme une provocation à l’encontre des catholiques en particulier et de tous les français attachés à leur histoire.



Violette Spillebout nous a confié les raisons de son engagement :



« Lilloise, attachée à ma ville et à ses repères culturels, j'ai immédiatement souhaité visiter la Chapelle, quand j'ai appris le projet de démolition. Au sein du collège Saint-Paul, dans l'environnement proche du magnifique Palais Rameau, cet édifice m'a tout de suite touchée. Il fait évidemment partie d'un ensemble précieux, il est un symbole d'une partie de l'histoire de Lille, qu'il soit classé ou non ne change pas son importance à mes yeux. Ce combat pour sauver la Chapelle me semble être celui du bon sens et de la cohérence d'un projet urbain tourné vers l'avenir, mais qui doit respecter l'histoire. Je regrette surtout que dès la conception du projet de campus universitaire Junia, tous les partenaires publics et privés ne se soient pas réunis pour trouver une solution de sauvegarde du bâtiment, insérée dans un nouvel ensemble moderne. Je pense que tout est encore possible ! »



Cette lettre est signée par des personnalités lilloises, mais également par Stéphane Bern, qui s’est beaucoup impliqué dans ce dossier, ainsi que par l’ancien ministre, Yves Jégo qui en 2016 avait fait une proposition de Loi afin suite à l’assassinat du Père Hamel, afin que plus jamais un édifice religieux ne soit démoli.



La décision finale est désormais entre les mains de notre Président.



Une vidéo de soutien est désormais en ligne sur You Tube :




Notre pétition dépasse les 9000 signatures et, si vous n’avez pas encore signé, c’est le moment de le faire. Attention, il est inutile de faire un don à la plateforme change.org au moment de signer comme celle-ci vous invite à le faire ICI.



En revanche, si vous avez la possibilité de nous aider, un don aussi modeste soit-il sera le bienvenu ICI.


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