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Nous avons déjà publié ce précieux document. Toutefois, comme suite à l’article publié hier, nous le mettons à nouveau en ligne.


Pour tous les passionnés et les amateurs de patrimoine funéraire, mais également les associations et les collectivités territoriales, ce riche document, mis en ligne par le Ministère de la Culture, vous sera d’une aide précieuse et apportera des réponses à vos questions.



« La mission de l’Inventaire général du patrimoine culturel publie un nouveau volume de la collection Documents & Méthodes, fruit d’une collaboration avec la cellule Patrimoine du service des Cimetières de la Ville de Paris. […] Vocabulaire, décryptage des symboles et de l’ornementation funéraire, analyse des formes, exemples d’études de cimetières, protections patrimoniales et tentatives de plans de gestion, expériences de valorisation des bâtiments et des tombeaux, transformations en jardin public à l’occasion du passage au zéro phyto… sont autant de sujets abordés dans ce manuel. Sa vocation est d’apporter aux professionnels du patrimoine, comme aux gestionnaires des collectivités territoriales, aux associations locales, comme aux étudiants, des outils pour mieux comprendre ce patrimoine et lui permettre de trouver sa juste place parmi les marqueurs du territoire. »



DUHAU Isabelle, GROUD Guénola (dir.), Cimetières et patrimoine funéraire. Étude, protection, valorisation. Paris, Ministère de la Culture, direction générale des Patrimoines, 2020, 365 p. (Documents & Méthodes, ISSN 1150-1383 ; 12). ISBN : 978-2-11-162044-5.



Télécharger le document PDF en cliquant ICI.

Montmartre est sans conteste l’un des quartiers les plus aimés de la capitale, tant des Parisiens que des visiteurs du monde entier, et son attractivité repose très largement sur son patrimoine architectural, et la physionomie unique de ses rues.


On pourrait supposer que la Mairie de Paris aurait à cœur de protéger ce patrimoine, qu’elle projette d’ailleurs de faire inscrire au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.



Malheureusement, les actions de l’équipe municipale en place démontrent précisément l’inverse.



La Ville de Paris a ainsi accordé un permis de construire à la RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris) pour un projet de démolition-reconstruction de l’immeuble montmartrois de la fin du XIXe siècle situé au 46 rue des Trois Frères, dans le 18ème arrondissement de Paris.



Le projet consiste à raser ce bâtiment bas de 2 étages, caractéristique de l’habitat ancien du quartier, pour construire à sa place un immeuble de 5 étages en béton, deux fois plus haut, et s’avançant sur la cour pour la réduire de moitié.




Non content de détruire ce bâtiment historique, ce projet conduirait à la perte d’une “dent creuse”, qui crée pourtant la silhouette caractéristique des rues de Montmartre, et de la rue des Trois Frères en particulier.



À travers ce permis de construire, la Mairie de Paris exprime son total mépris pour l’avis de la Commission du Vieux Paris, qui a été consultée sur ce projet, et s’y est opposée sans équivoque :



“La Commission s’oppose à la perte de ce bâtiment très simple, caractéristique de l’habitat ancien du quartier et dont l’échelle basse marque le paysage architectural de la rue.”



L’immeuble du 46 rue des Trois Frères a en effet été construit en 1881 par l’architecte Thominot, pour les héritiers de la famille Braund, et présente toutes les caractéristiques de l’habitat faubourien, avec son toit de tuiles, ses façades enduites et ses bandeaux filants qui soulignent les niveaux sur rue. Les fenêtres côté rue présentent encore leurs garde-corps d’origine.


C’est donc un marqueur historique de la fin du XIXe siècle, qu’il faut à tout prix conserver.



Le bâtiment nécessite une réhabilitation intérieure, personne ne le nie, mais celle-ci n’a jamais été sérieusement envisagée par la Ville de Paris, qui n’a été en mesure de produire aucune étude de faisabilité – alors même que la conservation du patrimoine fait officiellement partie des engagements de Paris, à travers son Plan Action Climat de 2017 et son Pacte de la Construction parisienne de 2021.



Les riverains sont nombreux à s’élever contre ce projet : la pétition qu’ils ont lancée réunit à ce jour plus de 5,800 signataires.



Ils se sont constitués en collectif et ont multiplié les recours : auprès du Tribunal administratif d’abord, pour tenter de faire annuler le permis de construire, et en interpellant les élus de l’équipe municipale, trouvant des soutiens dans l’opposition qui se mobilisent eux aussi pour préserver le patrimoine.



Mais l’exécutif refuse toujours de revoir le projet, et persiste à privilégier le béton et la densification, sans égard pour le patrimoine unique du quartier.



Ce qui se joue autour de ce bâtiment est capital pour l’avenir de Montmartre. Si la municipalité n’est pas capable de reconnaître la valeur des témoins architecturaux du quartier, même simples, et les détruit dès que c’est possible pour bétonner et densifier toujours plus, il ne restera bientôt plus rien du patrimoine architectural de Montmartre.



Collectif de sauvegarde du 46 rue des Trois Frères.



  • Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak
    Alexandra Sobczak
  • 22 mars 2021

La Présidence de la République, ce sont 77.370 tapis, meubles, pendules, déposés à des fins de décorations ou usuelles par différentes institutions (le Centre national des arts plastiques, la Manufacture nationale de Sèvres, le Mobilier national, le Service des musées de France, le Musée national de la marine ou le Service historique de la Défense), dans diverses résidences (le palais de l’Elysée bien sûr, mais également trois bâtiments de la rue de l’Elysée, l'hôtel de Marigny, le palais de l'Alma, le pavillon de la Lanterne et le fort de Brégançon).


Mais ce sont aussi, selon la Commission de récolement des dépôts d'œuvres d'art (CRDOA), 57.165 biens recherchés depuis le XIXe siècle, parmi lesquels l'Oiseau bleu de François-Xavier Lalanne ou une chaise Empire Jacob-Desmalter en acajou verni. Soit un taux de disparition de 73,82 %.


Alertée de cette inquiétante disparition du patrimoine mobilier mis à la disposition de la présidence de la République, la Ministre de la Culture était interrogée par la députée Marie-France Lorho sur les mesures mises en place par le gouvernement pour éviter les dilapidations et appropriations frauduleuses et pour retrouver les biens volatilisés.



Dans une réponse publiée au Journal Officiel le 16 février 2021, la Ministre de la Culture a tenu à rappeler que 92% des dépôts manquants correspondaient à des pièces de services de table fournies par la Manufacture de Sèvres et qui ont fini brisées. C’est ainsi plus de 1,6 tonne de porcelaines qui a été retournée par la présidence à la Manufacture de Sèvres entre 1960 et 2009.

Quant aux moyens déployés par le gouvernement, ils se déclineraient suivant plusieurs axes :


  • les opérations de récolement, en plein essor

  • l’arrêt des dépôts de biens dont les conditions de conservation sont insuffisantes

  • la multiplication des plaintes et signalements visant les biens manquants


Néanmoins, selon la synthèse publiée par la CRDOA le 19 juillet 2019, seulement 15 biens ont fait l’objet d’un dépôt de plainte et, sur 57.165 biens recherchés, ce sont 56.211 biens pour lesquelles les suites doivent encore être déterminées.



Faut-il s’en réjouir, la CRDOA rapporte que le taux de disparition « se compare favorablement » avec celui des autres grandes institutions telles que les services du Premier ministre, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État ou encore le ministère de la Justice…


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