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Photo du rédacteur: Alexandra Sobczak
Alexandra Sobczak
15 sept. 2020

L’emblématique Rotonde SNCF de Laon a failli disparaître, mais c’était sans compter sur la passion d’un homme, Monsieur Jean-Claude Dehaut — à l'époque président des Amis de Laon — qui a réussi en 2015 à faire protéger ce patrimoine remarquable, évitant ainsi de justesse sa démolition. Un permis de démolir avait été déposé en 2012 par la SNCF, mais la DRAC en a décidé autrement, en actant l’inscription au titre des Monuments Historiques de l’édifice.




Malheureusement, la SNCF, toujours propriétaire, n’a pas l’air de se décider à offrir un avenir à cette rotonde. Elle est toujours à l’abandon et son accès est totalement fermé au public, alors que, jusqu’à son inscription, on pouvait la visiter lors des journées du patrimoine. Nous avons demandé au responsable du patrimoine de la SNCF si un projet était envisagé, mais il ne nous a pas répondu pour le moment.



En revanche Monsieur Éric Delhaye, maire de Laon, a accepté de s’exprimer sur ce sujet, puisque certains bruits courraient sur le possible rachat de la rotonde par la ville :



« Il n’y a pas de projet de la ville sur la Rotonde qui se trouve excentrée au nord- ouest de la ville, dans une vaste friche appartenant la SNCF, non accessible par la route et non desservie par les réseaux. La Ville concentre ses investissements et projets sur la réhabilitation de son patrimoine (remparts, chapelle des Templiers retenue par la mission Bern, Cathédrale de Laon, Abbaye Saint Vincent, places urbaines du Cœur de Ville, musée etc.... ). Nous n’avons pas les moyens d’intervenir sur la Rotonde qui appartient qui plus est à la SNCF. Une étude de reconversion devait être menée par leurs soins. La Rotonde ne peut être qu’un projet à définir de long terme mais sur laquelle la Ville n’est pas en capacité d’intervenir aujourd’hui compte tenu des enjeux qu’elle a sur son propre patrimoine et son Cœur de Ville. »



De son côté, le Président de l’Association SOS Laon Monsieur Jean-Jacques Simon, nous fait part d’un projet inspiré de la réhabilitation de l’ancienne rotonde de la ville de Düsseldorf, en Allemagne, en Musée de la Voiture Ancienne :



« Proposition : un pôle d’exception de la voiture ancienne, autour d’un musée consacré aux véhicules historiques. En France, le marché de la voiture ancienne s’établit autour de 2 à 3 milliards d’euros par an, il n’est donc pas déraisonnable de vouloir en capter une partie sur l’Agglomération de Laon. LAON bénéficie d’une notoriété internationale en la matière, grâce à « La Montée Historique », et sur le plan au moins régional d’autres associations de véhicules anciens sont très actives (par exemple le Tour de L’Aisne).




LAON n’est pas très loin de Paris (et de l’Île de France) où de nombreux et fortunés collectionneurs de vieilles voitures rencontrent de grandes difficultés pour stationner leurs véhicules en lieux sûrs. Si l’Agglomération de Laon pouvait leur offrir un garage sécurisé qui serait en même temps un musée, cela permettrait de créer un nouveau pôle d’attraction autour duquel toute une Cité de la Voiture Ancienne pourrait s’animer.



Pourquoi un « garage/musée » : cela permet d’avoir des véhicules en exposition sans avoir à les acheter (ce que l’on appelle généralement « le fond d’un musée » et qui coûte très cher).Le pôle d’excellence que constituerait ce musée s’articulerait autour d’un centre technique, avec des ateliers spécialisés en voitures anciennes pour la mécanique, la carrosserie, la peinture, la sellerie, et un magasin en bourse d’échanges et ventes de pièces détachées. Ces ateliers pourraient fonctionner en partenariat avec une section spécialisée du CFA pour former des ouvriers reconnus dans ce domaine spécifique.



Cette Cité pourrait également contenir une salle des ventes avec un podium qui servirait aussi bien pour les voitures de collections que pour les voitures d’occasions courantes ou de flottes des Administrations, LAON devenant une ville réputée pour son site d’enchères de voitures.



Le site de la Rotonde comporte aussi un grand bâtiment qui pourrait accueillir des salles de conférences ou séminaires, un restaurant.



La parcelle sur laquelle est implantée la Rotonde est très grande ; elle pourrait servir à recevoir des manifestations comme la présentation des véhicules de La Montée Historique, ou être les points de départ et d’arrivées de rallyes automobiles.



Mais cette parcelle immense pourrait aussi accueillir la fête foraine de « La Cité des Cheminots » (c’est aussi un lieu important pour les anciens cheminots), ce qui permettrait de libérer toutes les rues occupées et plus ou moins détériorées lors de cette fête annuelle.



Ce Musée apportera un flux important de touristes et de chalands qu’il conviendra d’accueillir et d’accompagner, en particulier au niveau de l’hôtellerie. On ne peut imaginer que des personnes se déplaçant de Paris pour faire « tourner » leur vieille Jaguar ou Roll Royce, ou la faire entretenir, ne viennent que pour quelques heures : alors la présence d’un hôtel de caractère sur le site de l’ancienne abbaye Saint-Vincent prendra tout son sens ainsi que l’impact d’une rénovation urbaine en Cœur de Ville Médiévale (limitée aux immeubles situés entre la rue Devisme et le parvis de la cathédrale).



Voilà un vrai programme d’Agglomération qui devrait enthousiasmer toute sa population, à commencer par ses conseillers communautaires qui doivent se mettre au travail pour trouver l’adhésion de tous, intervenants, investisseurs, financiers, artisans spécialisés, élus, opérateurs, futurs clients et visiteurs !



En conclusion, si aujourd’hui l’action c’est la lutte contre la pandémie de Covid-19, l’urgence est de préparer l’avenir par un projet structurant, porteur de notoriété et de retombées économiques pour le Pays de Laon. »

Si un tel projet ne peut pas être porté par la ville, ce qui peut se comprendre vu l’ampleur de son patrimoine, d’autres opérateurs publics pourraient s’y intéresser, ou pourquoi pas un opérateur privé ?



Quoi qu’il en soit, il serait urgent d’agir si l’on ne veut pas voir disparaître de témoin de l’histoire locale en déshérence.



Ne serait-il pas temps pour la SNCF de remettre enfin ses pendules à l’heure de son patrimoine ?





Accéder au document dans son intégralité ICI.


Les mesures les plus extravagantes fleurissent en ce moment portant indéniablement atteinte à l’ADN même de nos territoires et à leur intégrité — mesures prises généralement par des élus en mal de reconnaissance médiatique et qui cherchent tous les moyens pour se faire remarquer, au mépris des modestes citoyens que nous sommes. Dans un pays qui se veut démocratique, la dictature n’a pas sa place et priver les citoyens que nous sommes de leur culture et de leurs traditions (pour leur imposer des pratiques qui sont à des années lumières des leurs) est chose inacceptable.



Récapitulons :



8 septembre :



• Le Maire de Lyon a refusé de se rendre à la Basilique de Fourvière pour assister à la traditionnelle cérémonie du vœu des Échevins qui a lieu tous les 8 septembre depuis 1643 et il en rajoute une couche en fustigeant le Tour de France qui d’après lui est une manifestation machiste et polluante.



10 septembre :



• Le Maire de Rouen ne veut plus voir Napoléon sous ses fenêtres et souhaite le remplacer par une « figure féminine ».



11 septembre :



• Le Maire de Bordeaux ne souhaite plus voir de sapins de Noël dans la ville parce que ce sont des « arbres morts ».



13 septembre :



• Le Maire de Rennes autorise un défilé de cyclistes entièrement nus dans la ville au prétexte de dénoncer la fragilité des deux roues dans l’espace public.


Et demain ?



On ferme toutes les boutiques de fleuristes, car (si l’on se livre aux mêmes raccourcis de la pensée) elles vendent des « fleurs mortes » ?



On ne construit plus que des charpentes métalliques et on fabrique des meubles en plastique ?



On supprime toutes les traditions comme la Saint-Fiacre ou la Saint-Vincent ?



On enlève toutes les statues représentant des hommes et on les remplace par des « figures féminines » ?



On se ballade tous dans notre plus simple appareil tant que les vêtements ne seront pas en coton bio ?



Si l’on réfléchit bien, les polémiques ont commencé avec les crèches de Noël qu’il a fallu retirer de l’espace public il y a une bonne dizaine d’années. S’en sont suivies, à plusieurs reprises, des polémiques au sujet des villes commençant par « Saint-» qu’il faudrait « laïciser ». Je souhaite juste rappeler que les révolutionnaires de 1789 s’étaient déjà essayés à ce petit jeu : 1200 villes et villages furent ainsi (momentanément) débaptisés.



On vient de décider de changer le titre français d’un roman d’Agatha Christie.



La viande est interdite dans certaines cantines (vive le tofu).



On veut nous enlever nos jolies hôtesses du Tour de France et si l’on pouvait supprimer le Tour directement, ce serait mieux.



On interdit aux femmes la pratique du monokini.



Un musée vient même d’interdire son accès à une femme pour un décolleté jugé trop avantageux.



« La Libre Pensée » demande le retrait des calvaires et des statues religieuses (souvent centenaires) dans certaines communes.



Certaines écoles interdisent les Pères Noël au nom de la laïcité.

Enfin, inutile d’évoquer le sujet qui nous concerne en priorité, à savoir le nombre incalculable de démolitions d’édifices en tout genre, des églises aux châteaux en passant par les presbytères qui sont sacrifiés sur l’autel de la promotion immobilière.



Voilà donc une liste non exhaustive (et sans ordre précis), mais qui prouve bien les dérives auxquelles nous assistons.



Toute représentation de notre histoire, de notre culture, de nos traditions est devenue indésirable dans l’espace public.


À côté de ça, on « bétonise » à tout va, même dans les territoires dits « patrimoniaux ». On nous invite à manger mieux et bio des produits qui viennent de l’autre bout du monde. On nous assomme de programmes télévisés plus débiles les uns que les autres et on nous oblige même à payer une taxe pour ça. Fumer c’est mal, boire c’est mal, conduire une voiture c’est mal, avoir des seins c’est mal et voir des Saints c’est mal, penser c’est mal, et dire ce que l’on pense c’est encore plus mal… D’ailleurs on peut se demander si le port du masque obligatoire n’est pas pour nous habituer à porter une muselière plus tard.



Que l’on nous prive de liberté pour notre sécurité nous pouvons encore l’admettre, mais que l’on nous prive de tous les témoins de notre histoire collective, de notre culture et de nos traditions et même de nos habitudes cela commence à devenir insupportable. D’autant plus insupportable que les décisions de nos édiles sont souvent prises de façon unilatérale et sans aucune concertation. Or, le « peuple » ne peut pas être seulement considéré comme un contribuable. Payer c’est bien, mais payer pour voir son territoire perdre son identité et les français leur liberté est inacceptable.



Liberté, Égalité, Fraternité ? Si cela continu c’est cette devise qu’il faudra enlever de l’espace public, car elle ne correspondra plus à rien.



La France pays des lumières ? Hâtons-nous de les rallumer.


Alors qu’aux Invalides on s’apprête à restaurer le tombeau de Napoléon, à Rouen on l’envoie aux oubliettes.



Si Sainte-Hélène est bien connue pour être la terre d’exil de Napoléon Bonaparte, il se pourrait bien que Rouen se positionne sur ce « même créneau ».



Le Maire de Rouen souhaite remplacer la statue équestre de Napoléon sur la place de l’Hôtel de ville par une « figure féminine », mettant ainsi fin à 155 ans de règne de l’Empereur.



Certes, la statue retirée de son piédestal en juillet dernier est bien partie en convalescence pour soigner ses fragilités dues aux usures du temps, mais une fois restaurée, elle devait retrouver son emplacement d’origine. C’est ce qui avait été clamé haut et fort par le maire de Rouen.



Certaines « mauvaises langues » avaient vu dans ce retrait une volonté de faire disparaître définitivement Napoléon de cette place pour faire dans le « politiquement correct »mais, naïvement sans doute, nous n’y avons pas cru une seconde. Au contraire, nous avons même cru que suite aux événements qui conduisaient bon nombre de statues par terre dans le monde entier, cette mesure était une façon de mettre l’œuvre en sécurité.



Nous nous sommes trompés.



Alors cette restauration était-elle l’alibi d’une éviction préméditée ? C’est tout à fait possible.


Pour rappel, cette statue du sculpteur Vital-Dubray,avait été érigée en 1865 et inaugurée en grandes pompes. Le bronze utilisé provenait des canons de la guerre d’Austerliz : tout un symbole.



La question qui se pose aujourd’hui est : les élus ont-ils le droit de vie ou de mort sur le patrimoine de leur commune ? Certes, les Rouennais doivent être consultés, mais visiblement pas pour dire « stop ou encore » à Napoléon, mais pour choisir la « figure féminine » qui le remplacera.



Certes, il ne faut pas être contre la modernité et la mise en place d’œuvres contemporaines qui un jour seront-elles aussi considérées comme patrimoniales, mais mettre au rebut les statues emblématiques d’une ville pour les remplacer sur la seule volonté d’un élu nous semble totalement inopportun, voire provocant.



Le Président Macron dans une de ses allocutions avait bien affirmé qu’en France on ne déboulonnerait aucune statue. Alors à moins que l’information nous ait échappée, mais, jusqu’à preuve du contraire, Rouen est bien encore en France.




Certes, la volonté du maire fraîchement nommé est de faire de Rouen la capitale de la Culture, mais nous ne sommes pas certains que faire table rase du passé de la ville soit une bonne stratégie. D’autant que cette place de l’Hôtel de Ville est immense et que Napoléon pourrait parfaitement cohabiter avec des œuvres contemporaines. Patrimoine et modernité sont des mots qui peuvent aller très bien ensemble, à partir du moment où l’on respecte l’identité propre des œuvres.



Une ville ne doit pas rester figée, elle doit pouvoir s’enorgueillir de s’enrichir culturellement au fil des ans. Mais s’enrichir, c’est ajouter quelque chose et, en aucun cas, retirer l’existant. D’autant que sur l’ensemble du territoire, nous avons perdu de nombreuses statues en bronze pendant la guerre, fondues pour récupération sous le gouvernement de Vichy.



Alors cette décision unilatérale nous semble surréaliste de nos jours, même si le maire évoque la possibilité d’installer l’œuvre de Vital-Daubray dans un autre quartier de Rouen.



De plus, n’oublions pas que ce genre de « fantaisie » a un coût. L’extraction du piédestal toujours en place, son déplacement, et les fondations pour l’accueillir risque de se faire à grands frais. Alors même que la ville a du mal à entretenir son remarquable patrimoine, qu’elle a été contrainte de vendre plusieurs de ses églises, nous ne sommes pas certains que les contribuables Rouennais voient d’un bon œil ce tripatouillage.



Si Napoléon venait à disparaître de sa place, l’on pourra toujours se consoler en contemplant la médaille éditée pour l’inauguration de la statue le 14 août 1865.




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