top of page

Une fois de plus, dans les Hauts-de-France un charmant petit patrimoine se voit condamner. C’est à Guines, dans le département de le Pas-de-Calais, que ce château situé rue Narcisse Boulanger, vit probablement ses dernières semaines.L’établissement Public Foncier, qui en avait fait l’acquisition en 2015, n’en fera rien et justifie sa décision de démolir par le fait que l’édifice est aujourd’hui trop vétuste et que la restauration serait trop coûteuse.Nous ne pensons pas qu’en seulement cinq ans l’état de l’édifice se soit dégradé à tel point que ce bâtiment ne soit plus réhabilitable. Ce qui signifie que lors de l’acquisition par l’EPF, il n’y avait déjà aucune volonté de restauration. Les arbres du parc viennent d’être abattus et l’on ignore encore la date de démolition de l’édifice. Peut-être que l’on attend qu’il tombe tout seul, histoire de réduire les coûts…


PHOTO 2 Quoi qu’il en soit, encore un petit témoin de l’histoire locale qui disparaît, à l’heure où tous les regards sont soi-disant tournés vers l’avenir du petit patrimoine des territoires. Ces démolitions permanentes prouvent bien, qu’il n’y a que très peu de volonté de donner un avenir au patrimoine non protégé.Mais tout n’est pas perdu, car dans la même commune, un projet immobilier qui préserve le patrimoine existant devrait voir le jour prochainement, et nous ne manquerons pas mettre en avant cette belle initiative, qui elle, n’est bien entendu pas portée par l’Établissement Public Foncier.Lire l’article de La Voix du Nord ICI.



les-guides-conferenciers-se-mobilisent-gazette-patrimoine.jpeg

Nous ne ferons pas la liste non exhaustive des professionnels durement impactés par la crise liée au Covid-19, mais les guides conférenciers font hélas partie des « oubliés » des aides gouvernementales et beaucoup d’entre-eux sont dans une situation d’extrême précarité. Une pétition vient d’être mise en ligne pour soutenir leur combat et celui des nombreux professionnels du tourisme et c’est tout naturellement que nous avons souhaité la relayer et que nous offrons la possibilité à Marieke Moussy, l’une des deux guides conférencières à l’origine de cette pétition, de nous donner quelques explications : « Après avoir essuyé un certain nombre de refus du système d’aides régionales et nationales, de ne pas être entendus, d’être INVISIBLES, nous avons décidé qu’en nous regroupant, tous les acteurs indépendants du tourisme, qu’ils soient autocaristes, chauffeurs indépendants, agences réceptives, agences de tourisme, propriétaires de lieux touristiques, (châteaux, fermes, parcs, jardins, et j’en oublie qu’ils me pardonnent !) Hôtels, Restaurateurs, guides conférenciers, associations, Offices de tourisme, tous les professionnels de statuts différents, d’aplanir nos corporatismes et d’agir ensemble, car nous avons l’habitude de ne compter que sur nous ! Et ceci a donné naissance à une page « Covid-19 pour la survie des indépendants du tourisme », Bien entendu nous vous invitons à nous rejoindre pour forcer nos ministères respectifs à réagir, Nous avons un certain nombre de propositions à leur soumettre, ce qui a donné lieu à une lettre ouverte que nous ferons, et que tous feront, parvenir à leurs élus dans la France entière. Nous sommes à l’heure actuelle 693 membres ! Rien ne nous limite et les instances européennes seront aussi contactées, Venez sur notre page facebook, écrivez-nous, nous vous intégrerons dans nos actions, et nous vous invitons fortement à nous aider dans nos bouillonnements d’idées. Maintenant à nous de vous aider et de vous rendre visibles aussi ! »


Marieke Moussy guide conférencière interprète basée en Bourgogne, à l’origine de la pétition, avec Claire Matrat (guide et chef d’entreprise), de ce regroupement et qui compte à ce jour 7 administrateurs (d’autres horizons professionnels du tourisme) et plus de 700 membres. Pour signer la pétition, cliquez sur le lien ICI. Pour rejoindre le groupe Facebook cliquez ICI.



Politiser la cause du patrimoine est souvent un « sport » chez bon nombre d’internautes qui se croient « grands experts » en la matière et commentent en argumentant toujours de la même façon. « Si c’est détruit, c’est forcément un maire de gauche ». « Ceux qui défendent le patrimoine sont forcément des vieux réacs "bourges" de droite, limite fachos ». Nous pourrions écrire un livre entier sur les hérésies que nous avons pu lire depuis les six ans d’existence d’Urgences Patrimoine. Donc, il nous semblait nécessaire de rappeler que le patrimoine étant un bien commun, il est inutile d’essayer de politiser sa cause. Le patrimoine doit être défendu par tous ceux qui l’aiment et nous devons tout mettre en œuvre pour combattre ceux qui ne l’aiment pas. Les élus « démolisseurs » sont de toutes les orientations politiques. On ne démolit pas plus à gauche qu’à droite. On démolit quand on est inculte, sans empathie pour l’histoire et la mémoire collective, ou tout simplement parce qu’on est un fainéant qui ne veut pas se donner la peine de faire marcher ses neurones. Souvent l’argumentaire est le même pour justifier une démolition : « c’est trop cher ». Mais alors pourquoi certaines toutes petites communes rurales réussissent à restaurer et à entretenir leur patrimoine ? Si certaines y arrivent, c’est parce qu’elles en ont la volonté. D’ailleurs, dans le sud de la France par exemple, dans des communes « communistes », les églises sont la plupart du temps parfaitement entretenues et ouvertes de surcroît. Ce qui prouve, une fois encore, que ce n’est pas le parti qui compte, mais l’homme (ou la femme) à la tête de sa commune.

Concernant les « hautes sphères » de la République, le patrimoine est, depuis des décennies, le parent pauvre des ministères. On préfère largement l’audiovisuel et un peu le « spectacle vivant » résolument tournés vers l’avenir, plutôt que les vieilles pierres. Mais cela ne date pas d’hier, donc, inutile d’en « rajouter une couche » régulièrement. On le sait, de droite comme de gauche, il y a peu d’inclinaison pour le patrimoine de France. Alors arrêtons de toujours trouver des excuses « politicardes » et mobilisons-nous, nous, les « simples mortels », pour cette cause quand elle nous tient à cœur. Car l’avenir est tout de même sombre pour le patrimoine. La majorité des chantiers sont à l’arrêt, des milliers d’artisans et d’artisans d’art privés de revenus et obligés de glaner, ici et là quelques sous pour survivre. Cet avenir, de nombreux articles de presse en font état, et d’ailleurs, nous avons été interrogés par le Journal Libération sur ce sujet. Vous avez bien lu, Libération ! Parce que nous répondons régulièrement à des interviews de Boulevard Voltaire, il nous arrive d'essuyer de vives critiques partisanes. Tout comme le patrimoine, nous ne faisons pas de politique, et nous offrons notre avis à tous les médias qui en font la demande et nous sommes bien heureux que « Libé » nous ait interviewé. Dans cet article paru le 28 avril 2020 et dont voici le lien ICI. Cet article étant réservé aux abonnés, nous n’avons pas le droit de le diffuser, en revanche, voici les deux extraits qui nous concernent. Le premier étant l’avis d’un artisan de notre réseau Eric Avargues, le « sauveur »de la maison médiévale d’Orpierre, dont vous nous donnerons des nouvelles prochainement.




Enfin pour résumer et revenir à l’essentiel, le patrimoine nous a été transmis par nos pairs, sachons en être dignes et mettons de côté tout ce qui peut parasiter son avenir, en particulier, les antagonismes politiques. Terminons par cette petite phrase de Manuel Gonzalez Prada, qui résume tout : « Les grandes oeuvres se distinguent par leur accessibilité, car elles n'appartiennent pas au patrimoine de quelques élus, mais à celui de tous les hommes doués de bon sens. » (Manuel Gonzalez Prada, Pages libres,1915).

Subscribe
bottom of page