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Le patrimoine funéraire est un sujet qui intéresse de plus en plus de monde. Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir agir concrètement pour ce patrimoine dont hélas beaucoup de témoins sont en déshérence totale dans la majorité de nos cimetières.



Grâce à cet article d'Alexandrine Espinasse, vous allez découvrir que la législation est telle qu’il est difficile, voire impossible, de s’impliquer dans la valorisation et la sauvegarde de ce patrimoine. Urgences Patrimoine souhaite depuis quelques temps sensibiliser et mobiliser les citoyens et les élus autour de cette problématique et souhaite mettre en place une commission réunissant les plus grands experts du sujet, afin de trouver des solutions permettant d’inscrire dans l’avenir ce précieux patrimoine, témoin de l’histoire et de la mémoire collective.




Introduction



L'origine gréco-latine du mot cimetière, coemeterium, qui signifie « lieu pour dormir, dortoir » rappelle que c'est initialement un lieu de repos, d’inhumation des défunts, mais également un lieu de communion et d'échanges. D'échanges familiaux certes, mais aussi culturels, inhérents à la société.



Le cimetière tel qu’on le connaît aujourd’hui en France, c’est-à-dire un lieu à la périphérie des villes, clos de mur et laïque, nait avec l’Edit de Saint-Cloud (le décret du 23 prairial an XII) du 12 juin 1804, qui donne un cadre juridique à ces lieux et à la mort. Avant la fin du XVIIIe s., on enterrait à l’intérieur des églises ou aux abords, dans des terrains privés, ou bien dans les fameuses « fosses communes ». Ce décret marque le début des fosses individuelles, laissant place à l’architecture funéraire originale traversée notamment par le courant romantique de l’Europe du XIXe siècle. Le rapport à la mort évolue : on se promène au cimetière, on cherche à rendre hommage au défunt, mais aussi à montrer son statut au reste de la société via le monument funéraire.



La sécularisation lente de la société et les deux guerres mondiales inversent cette tendance de balade au cimetière, puisque la mort s’intériorise : les individus meurent à l’hôpital, seuls. L’industrialisation des monuments funéraires profite à l’uniformisation des lieux de sépulture.



Patrimoine familial évident, la sépulture est devenue au fil du temps, patrimoine culturel, de part notamment l’intérêt historique, artistique, architectural, paysager, etc. qu’elle présente. C’est aussi bien la qualité de la personne inhumée que le monument en lui-même qui peut être considéré patrimoine culturel funéraire.



Depuis une vingtaine d’années on assiste à un regain d’intérêt pour les cimetières, lieux de tourisme alternatif, mais aussi lieux de verdure, à l’instar du Père Lachaise et de ses quarante-deux hectares, poumon vert de Paris. Le cimetière est donc un espace public, ouvert tous les jours, le dimanche et les jours fériés et on peut y déambuler librement. Cependant la sépulture est privée : elle appartient aux propriétaires de la concession. L’articulation du public et du privé est difficile et ne facilite pas la préservation et la valorisation du patrimoine culturel funéraire. Cet article ambitionne de faire un état des lieux de la législation funéraire qui concerne le patrimoine.

En effet, quels sont les moyens mis en place pour préserver le patrimoine, d’un point de vue légal ? Comment protéger le patrimoine quand les procédures peuvent s’avérer être longues ? Qu’est-il possible de faire et ne pas faire ?



Il s’agira dans un premier temps de passer en revue le cadre juridique global funéraire, pour ensuite appréhender le pan patrimonial et les mesures possibles en ce qui concerne l’inscription et le classement aux Monuments Historiques. Enfin, nous verrons en quoi la procédure de reprise d’une concession perpétuelle par la collectivité peut être un moyen concret de valorisation patrimoniale.



I. La législation générale encadrant les cimetières.



Avant d’insister sur le pan patrimonial de la législation funéraire française, il semble important de rappeler succinctement le cadre juridique global des cimetières.



L’Edit de Saint-Cloud marque une première forme de législation funéraire. Pour faire face aux préoccupations hygiénistes de l’époque et à la saturation des lieux d’inhumation à l’intérieur des villes, il est décidé de déplacer les cimetières à la périphérie et de les emmurer. C’est également le début de la fosse individuelle et de la concession privée. L’Ordonnance royale du 6 décembre 1843 étend ces principes « à toutes les communes du royaume », autrement dit, au monde rural. Il devient également possible d’acquérir une concession, c’est-à-dire de louer une parcelle pour une durée donnée (concession temporaire (cinq à quinze ans aujourd’hui), trentenaire ou perpétuelle), le tarif étant établi par la commune. La loi du 3 janvier 1924 donne la possibilité d’acquérir une concession centenaire, mesure qui sera abrogée par ordonnance du 5 janvier 1959. Celle du 24 février 1927 permet la création de concessions cinquantenaires. Toutes ces concessions peuvent être individuelles, familiales ou collectives.


Le cimetière est un espace en théorie religieusement neutre depuis 1881, c’est-à-dire qu’il ne doit pas y avoir de séparation entre les cultes en son sein. Dans les faits, certains cimetières proposent aujourd’hui des carrés confessionnels, créés au fil du temps.



Enfin, la dernière loi importante est celle du 19 décembre 2008 qui donne un statut juridique aux cendres, réglemente la création des sites cinéraires, etc. Aujourd’hui, le texte de référence utilisé par les collectivités au quotidien est le Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT).



La réglementation du funéraire ne s’est donc pas faite en un jour et concernant le patrimoine culturel des cimetières, l’articulation privé-public complique les démarches. Le cimetière est un lieu d’expression et d’hommage après la mort. Il est important de noter que le/la maire ne peut en aucun cas limiter la pose d’un monument pour des raisons esthétiques ou à cause d’emblèmes religieux. Il/elle peut seulement fixer les dimensions maximales d’un monument (Art. L2223-12-1 du CGCT) et se porte garante du « maintien de l’ordre et de la décence dans les cimetières » (Art. L2213-9 du CGCT). Autrement dit, il/elle ne peut directement intervenir que si un monument menace l’ordre public et la salubrité de l’endroit.



La notion d’esthétisme est donc à proscrire pour un monument funéraire. Cependant, un monument peut être considéré comme patrimoine par son intérêt artistique, architecturel, historique, etc. Quelles sont donc les mesures envisageables concernant leur protection ?



II. La protection du patrimoine funéraire : lois et mesures.



Un emplacement et son monument relèvent du privé, la concession se transmettant automatiquement et gratuitement de génération en génération. Imposer des conditions en matière de pose de monument peut s’avérer délicat en contexte de deuil pour les familles.



Il est possible qu’un monument face l’objet d’une inscription ou d’un classement aux Monuments Historiques grâce à la Loi du 31 décembre 1913. La protection se fait aux motifs que la sépulture est celle d’une personnalité publique, que le monument présente un intérêt artistique, architectural, historique, une qualité paysagère, etc. Le cimetière tout entier ou bien une zone spécifique peuvent être protégés. Ces mesures sont relatives au Code du Patrimoine.



a) Inscription et classement au titre des Monuments Historiques : les tombeaux individuels.



« À ce jour, environ 450 cimetières ou parties de cimetières, tombes et tombeaux, caveaux, mausolées, stèles, dalles funéraires et pierre tombales sont classés ou inscrits au titre des monuments historiques »  (Réponse du ministère de la Culture à la question écrite de M. Alain Joyandet en ce qui concerne la sauvegarde du patrimoine funéraire en France. Publication dans le JO Sénat du 27/12/2018, page 6749. URL).


L’inscription



L’inscription au titre des Monuments Historiques se fait à l’échelle de la région, c’est-à-dire que la demande peut se faire par le propriétaire de la concession, la collectivité territoriale, le préfet, une association de défense du patrimoine, etc. Il n’y a pas besoin de l’accord du propriétaire. Un exemple récent d’inscription pour la qualité de la personne inhumée est la sépulture de Prosper Mérimée au cimetière du Grand Jas à Cannes, le 7 juin 2019 par arrêté préfectoral. On peut également citer la Chapelle Fournier au cimetière de Montmartre à Paris, inscrite en 2013, pour l’intérêt historico-artistique qu’elle présente.


Le classement



Le classement se fait à l’échelle nationale. Un monument inscrit peut devenir classé sur proposition du préfet auprès du ministère de la Culture et après accord du propriétaire. Toutefois, du fait d’un grande quantité de propriétaires non identifiables (notamment quand les sépultures sont trop anciennes), la procédure de classement se fait rare. La Chapelle Potocka du cimetière de Montmartre à Paris, classée en 2014 est un très bon exemple de chapelle classée pour sa qualité artistique et architecturale.


Dans les deux cas, celui de l’inscription ou du classement, le propriétaire a la responsabilité de la conservation de son monument inscrit ou classé. Il peut percevoir des aides de l’Etat dans le cadre de travaux de confortement, restauration, réhabilitation du monument. La maitrise d’œuvre est gratuite pour les monuments inscrits et les subventions n’excèdent pas 40% du coût total des travaux. En cas de classement, l’aide peut dépasser les 40%. Ces procédures sont évidemment encadrées, suivies par des professionnels et pour un monument classé, on fait appel à un architecte du patrimoine.



A noter que si le propriétaire ne respecte pas son engagement, peut être envisagée une procédure d’expropriation. Le ministre de la Culture peut exécuter d’office les travaux en faisant payer une partie des frais aux propriétaires.


Cette démarche reste tout de même difficile à mettre en place par le ministère de la Culture notamment, car elle repose sur des critères multiples et il faudrait protéger une quantité considérable de monuments, qui ont tous, à différente échelles, un intérêt patrimonial. C’est notamment pour ces raisons qu’est privilégiée la protection par zones du cimetière.



b) La préservation par zones d’un cimetière.



Il est possible d’inscrire ou de classer une zone spécifique d’un cimetière. Par exemple, une aire confessionnelle du cimetière, à l’instar de la partie orthodoxe du cimetière municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois, inscrite aux Monuments Historiques par arrêté du 31 janvier 2001. Peut également être inscrit un équipement funéraire comme le crématorium du Père Lachaise (17 janvier 1995) ou encore des lieux spécifiques d’un cimetière : le porche d’entrée, la mosquée et le carré militaire du cimetière musulman de Bobigny sont inscrits depuis le 25 janvier 2006.


La protection au titre des sites d’un cimetière, qui se fait via le ministère de l’Ecologie et d’après le Code de l’Environnement permet la reconnaissance de la valeur du patrimoine écologique et végétal.



Autre mesure possible, celle des Sites Patrimoniaux Remarquables (SPR) depuis le 7 juillet 2016. Elle permet la protection en faveur du patrimoine urbain et paysager. Elle qualifie un ensemble et le protège. Après enquête publique et délibération du conseil municipal de la ville de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), un SPR a été décrété incluant le cimetière (9 octobre 2019).


III. Intervention directe de la collectivité : la procédure de reprise d’une concession perpétuelle.



L’inscription, le classement, la mise en place de zones protégées sont des mesures qui ont valeur à mettre en lumière des monuments. Ce sont des procédures longues et coûteuses pour les familles, et qui sont tout de même exceptionnelles.



La collectivité a possibilité de devenir propriétaire d’une sépulture laissée à l’abandon, dans le but de la conserver et de la valoriser si elle présente un intérêt patrimonial. Les conditions pour mettre en place cette procédure sont inscrites dans le Code Général des Collectivités Territoriales (Article R2223-12 et 13) :



- La concession doit être perpétuelle ;


- Trente années doivent s’être écoulées depuis l’acte de concession ;


- Il n’y a pas eu d’inhumation depuis au moins dix ans ;


- Le monument / emplacement doit présenter des signes d’abandon.



Il existe un vide juridique en ce qui concerne « l’état d’abandon ». Il est habituellement admis qu’une sépulture en état d’abandon présente des signes clairs de non-entretien, autrement dit, qu’elle n’est plus fleurie et/ou tombe en ruine. La circulaire numéro 62-188 du 22 mars 1962 précise que cet état se décèle par des signes extérieurs nuisibles au bon ordre et à la décence du cimetière. Par exemple, si une tombe est envahie par les ronces ou autre végétation sauvage, c’est en soit une bonne raison d’engager une procédure de reprise. Même si les ayants droits ne se font pas connaître légalement, une sépulture peut être entretenue par d’autres usagers.


Quand tous ces critères ont été validés, la collectivité doit contacter la famille (courriers, plaques sur monument, affichage en mairie, etc.) et opérer un procès-verbal de constat d’abandon. Le maire met ensuite en demeure les descendants de rétablir la concession en bon état d’entretien.



La procédure dure environ trois ans et demi : durée obligatoire pour que la famille se manifeste et décide d’entretenir la tombe. Dans le cas contraire, la collectivité devient propriétaire de la parcelle et dispose librement du monument (conservation, revente, réutilisation, etc.). Si elle décide de revendre l’emplacement, il faut que les restes mortels soient exhumés.


Ce dispositif est la pratique la plus courante en ce qui concerne la préservation et la gestion du patrimoine culturel funéraire. Par exemple, au cimetière du Nord à Rennes, plus de deux cents emplacements ont été repris par la ville depuis 2016. Au final, une cinquantaine d’emplacements sans monuments vont être remis à la vente après exhumation des restes mortels, ce qui de fait, permettra de libérer de l’espace dans un cimetière arrivé à saturation. Pour les autres emplacements repris, il existe plusieurs possibilités :



- En présence d’une personnalité ou d’un monument ayant un intérêt patrimonial précis, la commune peut décider de la laisser sur place et valoriser, restaurer, etc. ;


- Si le monument est en mauvais état mais présente des parties intéressantes, ces dernières pourront être proposées à la vente aux usagers, à condition que ces éléments restent au sein des cimetières rennais (Ex : une croix ou un socle en granit) ;


- Le monument peut être mis en vente à l’euro symbolique ou aux enchères. La nouvelle famille aura alors l’obligation de restaurer le monument.


- La ville peut engager via sa régie une campagne globale de remise en état de monuments ciblés après accord des familles, par exemple.



Autre mesure envisageable en ce qui concerne la protection du patrimoine funéraire, c’est l’entretien d’une sépulture par la collectivité après donation ou une disposition testamentaire par la famille. La sépulture de Jean Leperdit au cimetière du Nord à Rennes est par exemple entretenue par le Service des Jardins, même si elle appartient toujours à la famille.


A noter qu’un individu, une collectivité, une association ou autre institution qui n’a pas l’accord des ayants-droits ne peut entretenir un monument : on peut considérer cela comme profanation de sépulture d’un point de vue légal.



Conclusion



La préservation du patrimoine funéraire fait partie des préoccupations de certaines collectivités depuis quelques années seulement. Toutefois, jongler entre exploitation funéraire (inhumations, cérémonies, renouvellement des concessions, etc.) et protection patrimoniale semble encore très difficile en France. Les sensibilités différentes, la méconnaissance du sujet, mais surtout la lente mise en place d’un point de vue légal de procédures sont autant d’éléments qui poussent à renoncer à tout type d’intervention.



Alors qu’est-ce qu’on peut faire, à notre échelle ?



En tant qu’usager et propriétaire d’une sépulture, on peut déjà entretenir cette dernière pour assurer la pérennité du matériau. Il ne s’agit pas de venir tous les jours frotter la pierre, mais simplement d’y penser et de suivre les indications précisées dans le « petit guide à l’usage des personnes souhaitant entretenir une sépulture » édité par le ministère de la Culture et de la communication et le Laboratoire de recherche des monuments historiques (lien ici.).



On peut aussi demander à sa commune si elle remet à la vente des monuments anciens. Cette opération présente les avantages suivants : protection du patrimoine local par la réutilisation, coût moindre pour un monument car achat d’occasion, impact environnemental moindre puisque les matériaux proviennent du même cimetière et ne sont pas importés. De plus, si vous êtes intéressés par un monument ancien pour votre future dernière demeure, baladez-vous dans les cimetières de votre commune et soyez à l’affut : certaines sépultures en procédure de reprise par la collectivité pourraient être mises en vente par la suite. Certains cimetières proposent la vente aux enchères ou encore la vente à l’euro symbolique de chapelles funéraires anciennes par exemple.



Enfin, il ne faut pas hésiter à visiter les cimetières quand vous voyagez. Ce sont des lieux faits pour les vivants et c’est le meilleur endroit pour connaître l’histoire locale, puisque toutes les personnalités sont en théorie enterrées au cimetière communal. Des visites guidées, des spectacles, des évènements divers peuvent être organisés par l’Office de Tourisme de la ville ou le service funéraire directement. D’ailleurs, à la fin mai est organisé le Printemps des cimetières dans différentes communes (pour plus d’informations : printempsdescimetieres.org ). C’est le moment de découvrir le patrimoine funéraire !



Contact :



LinkedIn : Alexandrine Espinasse



Sources



Archives AVAP, Création d’une Aire de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine, Ville de Barcelonnette. URL: www.ville-barcelonnette.fr/administratif/urbanisme/avap



ARIES Philippe, 1978, L’Homme devant la mort, Paris, Seuil, 642 p.



BERTRAND Régis, VOVELLE Michel, 1983, La ville des morts, Essai sur l’imaginaire urbain contemporain d’après les cimetières provençaux, Marseille, Centre national de la recherche scientifique, Éditions du CNRS, 209 p.





CHEVRIER Marie-Hélène, 2016, « Pèlerinage, développement urbain et mondialisation : l’exemple de Lourdes », Géoconfluences. URL.



CHOAY Françoise, 2007, L’allégorie du patrimoine, Paris, La couleur des idées, Seuil, 272 p.



Code Général des Collectivités Territoriales. URL.



DALBAVIE Juliette, 2014, Entre patrimoine et mémoire collective, la tombe de Georges Brassens, Questions de communication, n°22. URL: http://questionsdecommunication.revues.org/6864



Équipe MIT, 2008, Tourismes 1, Lieux communs, Mappemonde, Belin, 320 p.



ESPINASSE Alexandrine, 2019, « Patrimoine et tourisme au cimetière monumental de la Chartreuse de Bologne », Géographie et cultures [En ligne], 110, mis en ligne le 27 novembre 2020. URL.



EYRAUD Céline, RIGOT Joseph, 2010, Vademecum - Construire le cimetière de demain, clés de gestion et de valorisation, Patrimoine Rhônalpin.



FAGNONI Édith (dir.), 2017, Les espaces du tourisme et des loisirs, Paris, Armand Colin, 480 p.



GIAMPOLI Michelangelo, Al di là dei limiti : Vita e trasgressione quotidiana al Père Lachaise a Parigi, thèse de doctorat, Università degli studi di Perugia et Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, février 2010.



HEINICH Nathalie, 2009, La fabrique du patrimoine, « de la cathédrale à la petite cuillère », Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’Homme, 286 p.



INVENTAIRE GÉNÉRAL…, DUHAU Isabelle, GROUD Guénola (dir.), 2020, Cimetières et patrimoine funéraire. Étude, protection, valori­sation, Paris, Ministère de la Culture, direction générale des Patrimoines, 365 p. (Documents & Méthodes). URL.





LAZZAROTTI Olivier, 2011, Patrimoine et tourisme, Histoires, lieux, acteurs, enjeux, Paris, Belin, 272 p.



LAZZAROTTI Olivier, 2013, « Patrimoine », in Jacques Lévy, Michel Lussault (dir.), Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Paris, Belin, p. 748-749.



« Les sites patrimoniaux remarquables », Ministère de la Culture. URL.



Pratique des opérations funéraires – Administration locale, 2018-2019, Editions WEKA.



« Protection au titre des « Monuments historiques » », Aides et démarches, Ministère de la Culture. URL.



« Protection au titre des monuments historiques du tombeau de Prosper Mérimée à Cannes », publié le 13.08.2019, Communiqué de presse, Ministère de la Culture. URL.



PROUST Alexandra, 28.07.2020, « Patrimoine et fiscalité. Quelle est la différence entre un bien classé et un bien inscrit ? », Le Figaro Propriétés. URL.



« Qu'est-ce qu'une concession funéraire ? », 28.09.2020, Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre). URL.




Un an après « l’affaire » des maisons à pans de bois, la ville d’Alençon fait à nouveau parler d’elle avec un projet des plus surréalistes. Nous avons été alertés par la Société des Amis du Vieil Alençon et, une fois encore, nous serons à leurs côtés pour lutter contre cette atteinte au patrimoine.



Nous nous étonnons que le permis ne soit affiché que maintenant, alors qu’il a été délivré en 2019. Sans doute que le « cocktail » Covid/élections municipales a légèrement différé le projet. Nous attendons avec impatience de lire l’avis conforme délivré par l’ABF, car avons du mal à comprendre comment et sur quels critères un tel avis a pu être délivré dans un secteur protégé.



Le Président de la Société des Amis du Vieil Alençon nous fait un résumé de la situation :



« Alençon est désormais un Site Patrimonial Remarquable (SPR). Mais ce titre a dû être délivré en passant sous silence le projet de Maison Médicale, portée par la Société Publique Locale (SPL). Ce projet de construction doit voir le jour juste au chevet de la basilique Notre-Dame et de la Maison d’Ozé, un hôtel particulier remontant au XIVe siècle, dans le périmètre de ces deux Monuments Historiques, et en co-visibilité directe avec eux (sans compter le périmètre du Pavillon Henri II et la co-visibilité avec l’église Saint-Pierre, autre MH un peu plus distant mais bien en face).



Les Alençonnais ont constaté ces derniers jours l’apparition à l’entrée du Parc de la Providence d’un panneau présentant un bunker de 333 m²… avec un permis de construire accordé en juillet 2019.



Les habitants se sont habitués à des points de vue privilégiés sur ces monuments, suite à la disparition d’un immeuble des années 1920, et à des aménagements paysagers de qualité dans ce secteur. Il faut dire que cela tranche avec 50 ans de maltraitance de ce quartier, sans vraiment de pression immobilière mais avec la volonté assumée de faire de la place pour les voitures, et un peu pour le marché hebdomadaire. Justement, on a tremblé une première fois voici un an, sous l’ancienne municipalité, avec la présentation d’un projet de silo à voitures rue de la Poterne.

Mais ce « bunker », personne ne l’a jamais évoqué publiquement.



On va donc bétonner au chevet de la basilique Notre-Dame. Le projet est conçu par l’étude Ziegler. Les toits terrasses vont s’imposer au milieu des couvertures de tuiles et d’ardoises. En soi, il n’y a rien d’illogique à remettre du bâti là où il y en avait. Mais pourquoi une telle distorsion dans les proportions et les matériaux ? Sans faire de pastiche, il est possible de lier cette extension à l’existant. Pourquoi minéraliser à ce point cette entrée de parc alors que désormais, nous avons besoin d’ombrer et de faire baisser les températures ? Pourquoi choisir les locaux les plus petits pour ce projet alors qu’un vaste immeuble voisin, longeant la rue Becquembois, reste sans affectation ?



L’esthétique du projet est d’autant plus surprenante pour les riverains habitués à des exigences sur le rendu de leurs projets. Le cahier des charges pour la Maison d’Accueil Louis et Zélie, rue Etoupée, a été drastique (enduits, huisseries, etc.). Le contrôle a été tout autant serré pour la réhabilitation de l’immeuble abritant les studios RCF, donnant dans ce même parc face à ce futur bunker. Alors pourquoi cette rupture dans l’égalité, véritable source de désordre dans les esprits ?


La défiguration des abords de la basilique Notre-Dame se poursuit donc. Après la place de la Magdeleine, qui n’a toujours pas été ré-adoptée, tant elle est vide et standardisée et son chevet est attaqué. Depuis un an, la vieille Société des Amis du Vieil Alençon (SAVA) a été refondée, suite au dossier des maisons à pans de bois de la rue du Château. Précisément, ce type de projet entre dans le cadre de ses préoccupations. Si l’association souhaite engager le dialogue avec le maître d'ouvrage, il est difficilement imaginable maintenant, avec l’effet de surprise de cet affichage tardif, que cela amène à une correction du projet.



Elle se réserve donc la possibilité d’un recours aux côtés d’Urgences Patrimoine et d’autres associations locales de défense du cadre de vie. »



J.-D. Desforges,


 Président de la Société des Amis du Vieil Alençon



Urgences Patrimoine a d’ores et déjà sollicité son avocat, Maître Théodore Catry, voici son avis :



« Cette autorisation interpelle, compte tenu du double-niveau de protection dont est censé bénéficier le secteur, que ce soit au titre du document local d’urbanisme dont l’ambition est de préserver les perspectives du tissu bâti historique dans le centre ancien, mais aussi du fait de l’intégration du terrain dans le périmètre des abords des monuments historiques. Si l’un et l’autre ne privent pas en théorie de la faculté de construire, on ne peut entériner de tels projets sans porter une attention scrupuleuse à la qualité architecturale du secteur et à son intérêt historique. L’avis favorable délivré par l’ABF méritera une attention très particulière. »



Maître Théodore Catry


Avocat en Droit public, de l’urbanisme et de l’environnement. Theodore.catry@gmail.com



Nous devrions en savoir plus dans les prochains jours, nous ne manquerons pas de vous informer.

Comme nous aimons les initiatives à destination des jeunes publics, nous ne pouvions que présenter ce dispositif mis en place par la ville de Gisors et qui permet de faire découvrir le riche patrimoine de la commune aux scolaires, en particulier son célèbre château, à travers une application numérique.

Une façon de rendre accessible le patrimoine au plus grand nombre. C’est Anne Puech d’Alissac, adjointe au maire en charge du patrimoine qui nous présente « Arcadius Game ». 


Née à Bourges, ville chargée d’histoire, Anne Puech d’Alissac s’installe comme antiquaire dans le Vexin Français après avoir suivi des cours d’histoire de l’art à l’école du Louvre. Après plus de 10 ans d’activités, elle change de région. Le Vexin Normand remplace le Vexin Français et Gisors est son nouvel eldorado. Très impliquée dans la vie locale, elle intègre l’équipe municipale en 2020 où elle met son savoir-faire et son enthousiasme au service du très riche patrimoine d’une ville de 12000 habitants, qui ne compte pas moins de 5 monuments classés Monuments Historiques. Restaurer, entretenir et valoriser sont au cœur de ses priorités. Un bel exemple à suivre !



Prenez un château, ajoutez des histoires et saupoudrez de jeux. Bienvenue au château de Gisors !L’association TEN (Tourisme Eure Numérique) portée par le programme LEADER (programme européen visant à dynamiser des projets ruraux innovants et fédérateurs), la Région Normandie, la Communauté de communes du Vexin Normand et la ville de Gisors ont pu développer l’année dernière une 1ère application gratuite « Arcadius game » à télécharger sur Apple Store ou Play Store, pour les touristes et les habitants de Gisors.


Une 2ème application numérique gratuite vient de voir le jour à destination, cette fois-ci, des scolaires de la maternelle au CM2. Apprendre en s’amusant, un merveilleux concept ! Ce mode de visite ludique et pédagogique en partenariat avec Seyrawyn (concept ludo-educatif basé sur le médiéval fantastique) et de deux institutrices pour garantir les niveaux pédagogiques de chaque cycle, permettra de découvrir ou redécouvrir le château de Gisors, forteresse médiévale du XIIe siècle.


Par groupes de 5 ou 6, s’identifiant à un personnage tel le magicien, le chevalier, le druide, le troubadour, etc, les enfants munis de tablettes répondront chacun leur tour à une question selon leur niveau, après avoir localisé plusieurs sites dans l’enceinte du château (donjon, tour du Prisonnier, tour du Gouverneur, porte des Champs, caves). Chaque équipe doit trouver une lettre et les assembler afin de trouver un mot mystère.


Une belle sortie en extérieur pour les scolaires tout en leur permettant de découvrir le patrimoine historique !


Les tablettes paramétrées sont à retirer à l’office de tourisme de Gisors. Un grand merci à Jean-Baptiste Bec concepteur et président de l’association TEN  pour son dynamisme et son implication, à tous les acteurs locaux ainsi qu’à l’Europe pour le programme LEADER sans qui le projet n’aurait pas vu le jour. D’autres projets d’applications numériques sur le Patrimoine Historique de Gisors ainsi que des parcours sur le territoire sont en cours de réalisation. Patience !

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