Actu Lille : démolition imminente de la chapelle Saint-Joseph !



Jusqu’alors nous ignorions la date de démolition de la chapelle Saint-Joseph à Lille.

Grâce au remarquable travail de la journaliste Anne-Sophie Hourdeaux qui a pu pénétrer dans les lieux et rencontrer des acteurs du projet « Camplus », nous savons maintenant que les jours de l’édifice sont comptés.

Plus que jamais, la mobilisation doit continuer pour dire NON à ce projet de démolition et obtenir de Monsieur le Ministre de la Culture la mise sous protection d’urgence que nous demandons.


Cet article détaille le projet et il est important de le lire.

Lire
l’article de Lille Actu ICI.

Un grand merci à la presse qui nous aide à donner de la visibilité à l’action d’Urgences Patrimoine et qui permet d’appuyer notre démarche de sauvegarde, et un merci tout particulier à Anne-Sophie Hourdeaux pour son article, ses photos et sa vidéo.

Si vous aussi souhaitez sauver cette chapelle, faites entendre votre voix en
signant la pétition ici.

Nous contacter :
urgences.patrimoine@gmail.com
contact@lagazettedupatrimoine.fr

Pour faire un don et nous accompagner dans ce difficile combat, rejoignez-nous ICI.

D’avance merci.

« Le patrimoine ne peut pas lutter, ensemble nous pouvons »

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Crédits photographiques : Anne-Sophie Hourdeaux- Lille Actu/Croix de Lille

Patrimoine : l’union fait la force



Ce premier jour de juin sera marqué par l’union de deux volontés au service du patrimoine. Loin de ceux qui ont fait du patrimoine un business et qui, donc, préfèrent l’argent aux pierres, il existe des personnes réellement engagées pour le patrimoine et notamment pour le « petit patrimoine ».

Urgences Patrimoine œuvre depuis six ans pour le patrimoine des territoires et lutte contre ceux qui s’obstinent à vouloir le faire disparaître. Faire « la guerre aux démolisseurs » est une tâche difficile et peu lucrative, car rares sont ceux qui mesurent le travail qu’il faut accomplir pour ce genre d’actions.

Mais peu importe si cela ne rapporte que des critiques, l’essentiel étant le résultat. Un jour peut-être, s’opèrera une réelle prise de conscience et on se rendra compte qu’il vaut mieux donner à ceux qui luttent, plutôt qu’à ceux qui se payent des campagnes de communication hors de prix ou qui entretiennent leur coûteux sièges sociaux avec une partie de l’argent des donateurs. Mais c’est un autre débat.

Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de plaisir que nous annonçons notre partenariat avec les « petits nouveaux » de la sauvegarde du patrimoine : l’association « French Baroudeur ». Ils sont jeunes et plein de talents et — surtout — ils ont une étique identique à la nôtre : « Servir le patrimoine et non s’en servir ». Et servir le patrimoine, c’est le faire rayonner, partout sur notre territoire aussi bien sur le plan culturel qu’économique.

Ce qu’il manque à Urgences Patrimoine, ce sont surtout des images et, dans ce domaine-là, Bertrand Viaud et Junior Brichard, respectivement Président et Directeur de « French Baroudeur », sont maîtres dans l’art de la vidéo. Ils ont déjà entrepris un énorme travail de numérisation du patrimoine en créant (enfin) la première base de données en ligne dédiée, en reprenant notamment la base Mérimée et en réactualisant ses contenus, parfois erronés ou obsolètes, et surtout en la rendant plus « vivante ».

À l’heure de l’image et du numérique, il était temps. La valorisation du patrimoine par l’image n’est certes pas une nouveauté en soi, mais la rendre accessible à tous est une vraie valeur ajoutée. Ainsi, même les plus petits porteurs de projets pourront avoir accès à ce genre de prestations et contribueront en même temps à inventorier notre cher « petit patrimoine », le grand oublié des grandes structures associatives.

Dans toute union, chacun doit apporter ce que l’autre n’a pas, donc si French Baroudeur apporte à Urgences Patrimoine un souffle nouveau et un savoir-faire numérique sans pareil, Urgences Patrimoine offre à French Baroudeur la visibilité réseaux dont ils ont besoin pour se faire connaître rapidement, La force de communication à travers La Gazette du Patrimoine, une expérience et une expertise avérées de l’univers impitoyable de la sauvegarde du patrimoine (ce qui peut être fort utile pour éviter certaines déconvenues) et des idées qui pourront être mutualisées afin d’œuvrer toujours plus en faveur de notre mémoire collective.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » et c’est en nous souvenant de cette petite phrase que nous avons immédiatement répondu présents à la demande de partenariat de cette jeune association pleine de promesses. Nous ne serons jamais « concurrents », même si nos deux structures gardent leur totale indépendance, mais nous seront toujours alliés.

N’oublions pas que pour gagner une guerre, même une grande armée a besoin de soldats venus d’ailleurs et pour mener cette guerre aux démolisseurs et à ceux qui pensent que le patrimoine est une cause mineure, tous nos alliés seront précieux et nous sommes heureux aujourd’hui d’accueillir dans nos rangs ces jeunes et dynamiques « soldats » du patrimoine.


Pour en savoir plus, voici « l’histoire » et les missions de French Baroudeur


« Nous sommes au mois de juin 2019, Bertrand, comme beaucoup de Français, se balade au cœur de la Dordogne afin de profiter des nombreux sites historiques qu’offre la région. Au cours de ses visites, il discute avec de nombreux gestionnaires de sites qui lui font part de leurs difficultés. Ces difficultés ne sont pas qu’économiques. Aujourd’hui, ces gestionnaires doivent cumuler plusieurs casquettes : communication, événementiel, accueil, scénographie, histoire, administration, recherche de fonds, etc. une vie ne suffirait pas pour tout faire…

Une idée émerge alors dans l’esprit de Bertrand, il faudrait pouvoir décharger ces propriétaires et gestionnaires d’une partie de leurs tâches. Il faudrait créer une association qui soit capable de réaliser toute une série de prestations pour eux. Mais, en même temps, il faut que cette aide soit la moins coûteuse possible afin de ne pas mettre en difficulté l’équilibre financier, parfois fragile, des sites. Cette association doit donc pouvoir proposer un panel extrêmement large de prestations pour un prix défiant toute concurrence. Le but est d’aider et non de profiter ou de s’enrichir sur le dos de ces personnes qui vouent leurs vies à la défense du patrimoine français.

La solution est là ! Il faut mutualiser les moyens humains et matériels sur l’ensemble du territoire français afin de diminuer les coûts au maximum. La seconde étape sera de trouver des financements privés (crowdfunding, fundraising) afin de permettre à l’association de subvenir à ses besoins et ainsi proposer des prestations gratuites pour les sites ne disposant pas de moyens financiers.

French Baroudeur est né !


Après s’être entouré des différentes compétences nécessaires (historien, informaticien, graphiste, etc.) pour répondre à toutes les demandes, French Baroudeur est parti à la rencontre d’une série de sites historiques connus et moins connus afin de commencer son travail de collecte.

Dans le même temps, French Baroudeur, a développé son site public regroupant les fiches historiques et vidéos aériennes des monuments, et surtout sa plateforme collaborative. Cette plateforme est unique en France. Elle se veut être un véritable réseau social et outil de travail pour les amoureux du patrimoine, mais surtout, ce qui est une première, elle met à disposition du grand public une base de données regroupant toutes les numérisations, reconstructions 3D, animations et visites virtuelles effectuées par l'association.

Nous aurons besoin de l’aide et du soutien de tout le monde, c’est pourquoi nous sommes à votre écoute si vous avez une idée, un contact, une source de financement, etc. Votre aide nous sera précieuse pour aider l’association à se développer et à aider toujours plus de sites historiques ! »

Consultez le PDF complet de présentation de l’association.
French Baroudeur en images ICI

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Crédits photographiques
Photo 1-3-4 : Claire Brossier
Photo 2 : Fabien Filippi








Un Geste à l’Édifice pour le Pont de Lissart


Tout le monde peut faire « Un Geste à l’Édifice », car tout le monde à des compétences variées, et le patrimoine a besoin de l’implication de tous, même si cette implication est occasionnelle. Un bel exemple de « geste », avec celui de Sophie Brossier qui il y a quelques semaines a répondu présente à notre appel pour réaliser un projet de ce que pourrait être le Pont de Lissart, avec un espace aménagé autour.

En effet, c’est ce genre de visuel qui manquait à l’association de sauvegarde locale afin de présenter et de proposer un avenir pour ce patrimoine, une fois restauré. Ce dessin est peut-être un détail pour certains, mais il est important pour le projet.

Alors quelques lignes sur cette bienfaitrice d’un jour, qui a mis son savoir-faire au service de ce joli patrimoine de nos territoires, s’imposaient. Nous nous faisons un devoir de la présenter.


Claire Brottier est architecte diplômée d'état. Après 5 ans en agence d'architecture, elle a eu l'opportunité de créer son entreprise et de se consacrer à l'une de ses passions : le dessin. En parallèle de projets d'architecture d'intérieure, elle a développé son activité et propose de nombreuses illustrations.

La plupart sont inspirées du patrimoine architectural français (opéra Garnier à Paris, l'église Saint-Jean de Malte à Aix-en-Provence ou encore la très belle gare Sainte Lazare à Paris). De par sa formation d'architecte, Claire Brottier est particulièrement attentive aux détails architecturaux des bâtiments. Elle cherche dans ses croquis, à "restaurer" ces bâtiments, qui font partie du patrimoine national et de nos mémoires collectives.

Et à la question pourquoi avoir répondu à cet appel, elle répond :

Je cherche dans mes croquis, à "restaurer" les bâtiments qui font partie du patrimoine national et de nos mémoires collectives. C'est donc naturellement que j’ai proposé mes services à titre bénévole pour illustrer le pont de Lissart et ses futurs aménagements.

Le site, riche en histoire, m’a tout de suite conquise par son authenticité. C'est une manière pour moi, d'apporter ma petite pierre à l'édifice et de montrer mon admiration à tous les gens qui participent à la sauvegarde de ce patrimoine. J’espère sincèrement que ce pont sera promis à une belle restauration et à un bel avenir touristique.

Contact : Claire BROTTIER 
Atelier MB | Architecture d'intérieur
site:  
htpp://www.atelier-m-b.com
email:  
claire@atelier-m-b.com


En savoir plus sur le projet du Pont de Lissart :
http://lagazettedupatrimoine.fr/page-19/

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Photo 1-3-4 : Claire Brossier
Photo 2 : Fabien Filippi




Parc du Château de Ferrières en danger : le combat continue !


Nous avions déjà évoqué le triste sort du parc du Château de Ferrières et du projet immobilier qui doit défigurer ce site remarquable protégé au titre des monuments historiques.

Lire notre précédant
article ICI

L’association qui se bat pour sa sauvegarde vient d’être déboutée par le Tribunal Administratif, suite au référé qu’elle avait déposé, le juge ayant considéré la requête hors délais. Voici donc le communiqué de presse de l’association qui donne toutes les précisions nécessaires afin de mieux comprendre les choses.

Ils ont perdu une bataille, mais pas la guerre, le combat continue donc pour dire non à la défiguration du parc de Ferrières.



R.E.N.A.R.D.
Rassemblement pour l’Etude de la Nature et l’Aménagement de Roissy-en-Brie et son District
Association loi 1901 créée le 24 novembre 1978, siège en Mairie 77680 Roissy-en-Brie
Agréée de Jeunesse et d’Education Populaire sous le n° 77 JEP 03 302 R 88
Agréée de protection de l’environnement pour la Région Ile-de-France (article L.141-1 du Code de l’Environnement)
Habilitée à prendre part au débat sur l’environnement pour la Région Ile-de-France dans le cadre d’instances consultatives
(Article L.141-3 du Code de l’Environnement)
N° SIRET : 39070756000012

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le parc et le château de Ferrières en danger :

Le Tribunal Administratif rejette le référé suspension demandant l’arrêt des travaux.

Le 25 mai 2020, le tribunal administratif a rejeté la demande de référé suspension de l’association R.E.N.A.R.D., agissant également pour le compte de certains riverains de Ferrières-en-Brie. Le RENARD demandait l’arrêt immédiat des travaux engagés pour la construction d’un hôtel 5 étoiles dans le parc du château de Ferrières.

Comme nous l’avions dit dans notre premier communiqué de presse, ce projet menace la qualité historique, paysagère et la biodiversité du site, pour laquelle le parc a été classé Monument Historique et Site Naturel Inscrit.
Le Tribunal a jugé que nous étions hors délai pour un recours, l’affichage ayant débuté, d’après les parties adverses, le 21 janvier 2019, date faisant courir le délai de recours de 2 mois, si l’affichage dure deux mois. Des constats d’huissiers ont été demandés par le bénéficiaire et permettent d’attester l’affichage des panneaux les 5 et 21 février 2019, les 8, 15 et 22 mars 2019, le 23 avril 2019 et le 21 mai 2019. Mais nous savons que l’affichage de l’autorisation de travaux n’a été réalisé que de façon épisodique, uniquement lors des constats d’huissier !

Ajoutons que la mairie s’est gardée de communiquer sur le projet lorsqu’elle a donné son accord en décembre 2018, malgré l’ampleur et la nature du projet qui concerne tous les français.


Or, l’association R.E.N.A.R.D. n’a pu entamer une procédure au tribunal administratif qu’à partir du moment où elle a été informée du projet : c’est-à-dire lors du début des travaux d’abattage des arbres mi-mars 2020 (plus d’un an après l’affichage ponctuel et insuffisant de l’autorisation de travaux).

Par cinq fois dans l’année 2019, nous sommes allés observer le château sans y constater un affichage de ce type.

En outre, l’affichage de l’autorisation de construction de l’hôtel au premier trimestre 2019 aurait alerté les riverains qui nous auraient alors contactés. Nous aurions donc déclenché dans les délais raisonnables, voire impartis, les procédures nous permettant de contester cette décision. Nous doutons donc de l’affichage continu du panneau et recherchons des personnes pouvant attester de l’absence d’affichage sur cette période – si possible avec photo datée et géo-localisée.

Néanmoins, l’affaire n’est ni close ni perdue. Les requêtes déposées nous auront permis d’accéder au dossier complet du projet, celui-ci étant joint au mémoire en intervention produit le 4 mai 2020 par la partie adverse, sans passer par la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, dont le délai de réponse est plutôt long actuellement.
Aussi, nous ne comptons pas en rester là. Si le Tribunal Administratif a rejeté notre recours, il lui reste à juger l’ensemble des moyens. Nous allons étudier le dossier du projet afin d’argumenter sur l’illégalité de celui-ci et les éléments manquants du dossier. Nous pourrions déposer une nouvelle requête en référé suspension, si des travaux de construction commençaient.

Ferrières-en-Brie, le 31 mai 2020
Par Philippe ROY, Président de l’Association R.E.N.A.R.D. et son conseil d’administration


R.E.N.A.R.D. :
Site :
http://www.renard-nature-environnement.fr
Mél :
association-renard@orange.fr
01 60 28 03 04 – 09 72 52 59 63 
Adresse Postale et Accueil :
Association R.E.N.A.R.D.
Résidence Le Bois Briard
3 rue des Aulnes
77680 ROISSY-EN-BRIE
Membre du GRAINE Ile-de-France, travaille avec FNE Ile-de-France et France Nature Environnement (FNE)

Lire l’article ICI.

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Crédits photographiques :
Photo 1 : Association R.E.N.A.R.D
Photo 2 : École de Ferrières
Photo 3 : DR pour Évasion FM







France 3 : le Château de Lagny-le-Sec trois ans après



Rares sont les journalistes qui se préoccupent du patrimoine après leur démolition. Ils profitent souvent du buzz du bruit des pelleteuses, mais ils ne donnent jamais des nouvelles « d’après ».

Alors un grand merci à Mickaël Guiho , journaliste à France 3 Hauts-de-France pour son intérêt pour nos « morts », ainsi que pour nos « vivants », puisqu’il évoque le sort du château de Westhove à Blendecques ainsi que celui de la chapelle Saint-Joseph à Lille.

Un très bon article qui pose une fois de plus la question de l’avenir du patrimoine du XIXe siècle, dont les représentants disparaissent chaque jour d’avantage.

Lire l’article de
France 3  ICI.

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Crédits Photographiques : France 3

Urgence : patrimoine du XXe siècle



Localisation 

Située dans le département de l’Aisne, sur la route du Champagne, la ville de Château-Thierry abrite depuis 1970 celle qui est appelée : l’ancienne piscine. Château Thierry est une ancienne cité médiévale connue pour de nombreux faits historiques dont la guerre franco-prussienne de 1870 et la Première guerre mondiale. Elle est présentée comme la ville de Jean de la Fontaine et regorge d’architectures du passé. Parmi elles, la piscine dessinée par les architectes Vaudou et Luthi, patrimoine du XXe. Son terrain en entrée de ville, longé par une rocade en bord de la Marne lui vaut d’être convoitée.

Succincte chronologie des événements

L’ancienne piscine de Château-Thierry, en France édifiée entre 1967 et 1971 par les architectes Olivier VAUDOU et Reymond LUTHI s’inscrit dans les programmes de la Ve République qui popularisent les sports et les loisirs. Cette politique du Front Populaire en France permet le développement de nombreux équipements de proximité aux formes architecturales singulières, prestigieuses et réfléchies. C’est ainsi qu’appelés par la municipalité les architectes aménagent avenue d’Essômes à Château Thierry un ensemble architectural composé d’une piscine sur mesure, d’un camping, une loge de gardien …. Situés sur un vaste site naturel, proche des bords de la Marne, les bassins offrent un accès et une vue privilégiés sur la rivière ;   les divers équipements que constituent le projet mutualisent ainsi leurs moyens au service des pratiques sportives (apprentissage de la natation et compétitions) et de loisirs (baignade, randonnées, camping…) pensées en adéquations avec le site et pour les habitants.

-A partir des années 80 avec le développement des zones industrielles aux alentours le contexte urbain commence progressivement à se modifier.

-En 1999 un restaurant Mc Donald’s et une aire pour camping-car remplacent le camping existant, dont seul le bloc désaffecté des sanitaires vandalisés reste debout, à l’arrière du site, caché par la végétation.

- S’en suit en 2006 la construction d’un nouveau bâtiment pour le club de canoë.

- La piscine de Vaudou et Luthi ferme 2016, au profit d’un nouveau complexe aquatique inauguré la même année au nord de la ville.  

- En décembre 2019 sans en référer aux ayants droit des auteurs, la mairie cède la piscine et son terrain au prix de 700 000 € à l’investisseur BBFD-BNB pour démolition. Le futur projet présente deux constructions neuves qui abriterait de la restauration rapide entourées de zones de stationnements. Une association de défense réclame la reconsidération du projet, prônant une reconversion plutôt qu’une destruction du patrimoine castel. Cette démarche est appuyée par une enquête de mars 2016 du magazine municipal “à CT” auprès des habitants qui sont 66% à être favorables à une réhabilitation culturelle ou sportive de la piscine. En 2019, jusqu’à la vente du site, l’occupation partielle des locaux par une association et un commerce avaient permis de conserver l’ensemble dans un bon état et prouve qu’une réhabilitation est possible, comme en témoignent les photos présentées ci-après dans l’article.

- Au début du mois d’avril 2020, commencent les travaux de désamiantage. Les menuiseries, les faux plafonds et une centaine de mètres carrés de petits carreaux de céramiques sont déposés. Lundi 25 mai 2020, la Société protectrice des paysages et de l'esthétique de la France rappelle au tribunal administratif d’Amiens l’urgence de statuer, alertant sur la présence d‘engins de démolition, suite au recours pour l'annulation du permis de construire également déposé par la SPPEF le 31 mai 2019 en cours d’instruction. Le même jour, à 21h00 la démolition soudaine de la Piscine commence avec des pelleteuses louées qui détruisent toute une partie du site. Malgré plusieurs irrégularités les démolitions continuent malgré la présence des forces policières. Le propriétaire du site joint par téléphone assure n’avoir donné aucune consigne de cet ordre. La loge du gardien, la galerie et l’entrée de la piscine sont mises à terre, seul le bâtiment des bassins reste debout. 

Ses auteurs : Olivier Vaudou, Reymond Luthi, Louis Fruitet et Jean Prouvé


« Fortement influencés par leur maître Jean DUBUISSON, célèbre architecte français ayant beaucoup œuvré pour des logements sociaux de qualité, Olivier VAUDOU et Reymond LUTHI occupent une place singulière dans le panorama de l’architecture française de la seconde moitié du XXe siècle. Commençant à exercer au moment de la remise en cause d’une certaine modernité architecturale prééminente pendant les Trente Glorieuses, ils ne dévient pas de leur doctrine et sont prolifiques. Leur travail montre un intérêt marqué pour la construction métallique au service d’une architecture légère, aux proportions rigoureuses, rationnelle et fonctionnelle. Il semble être inspiré par le mouvement du BAUHAUS (qui a fêté en 2019 son centenaire) et par les architectes Ludwig MIES VAN DER ROHE et Arne JACOBSEN. De nombreux chefs-d’œuvre suscités par ce mouvement moderne sont élevés au niveau des grands classiques de l’architecture. L’architecte-entrepreneur Jean PROUVÉ aurait conçu avec l’ingénieur Louis FRUITET la charpente métallique. » extrait de la première pétition

La participation de Jean Prouvé – homme aux multiples casquettes renommé dans les domaines de l’art, de l’architecture et du design – ajouterait une plus value à l’édifice. Nombreux sont les éléments qui tendent à confirmer sa participation au projet nous savons notamment que les architectes Vaudou et Luth ont collaboré sur le projet de l’IFREMER à Nantes avec Jean PROUVÉ et qu’ils étaient tous trois de bons amis, régulièrement en contact.

Lire son architecture Le complexe sportif de l’ancienne piscine est composé de 3 bâtiments (la loge du gardien, l'accueil et les bassins avec la galerie). Légèrement espacés les uns par rapport aux autres, la composition permet aux promeneurs de la rue d'Essômes de deviner les paysages naturels. Le projet architectural met ainsi en scène les bords de Marne : alors qu’il n’est que légèrement perceptible entre les bâtiment depuis le point de vue de la rue; l’effet à la sortie des douches est différent, les nageurs peuvent découvrir un panorama  avec une vue directe sur la nature environnante en passant par une galerie vitrée avant de rejoindre le bâtiment des bassins.  Entre architecture et nature la limite entre le paysage bâti et naturel s’efface peu à peu grâce aux baies vitrées coulissantes qui permettent l’accès à un parc extérieur.


Réalisé à partir de matériaux industriels comme la brique et l’acier, ce projet reflète les avancées de l’époque et retranscrit un langage architectural singulier qui est celui du mouvement moderne. L’influence du modernisme, que nous abordions quelques lignes plus tôt, est perceptible au travers de ce style épuré, sans ornementation superflues et aux lignes très graphiques. Le projet se distingue par la qualité et l’attention aux détails comme ceux des carreaux de carrelage dont la taille et la couleur varient et s’adaptent en fonction des différents usages ou encore le choix des luminaires qui diffusent une lumière indirecte, créant une atmosphère particulière.

La beauté et la force du bâtiment réside donc dans sa simplicité : typique du mouvement moderne Bauhaus auquel elle appartient.

Cependant, les altérations apportées au fil des années ont peu à peu dénaturé le bâtiment. Bien que certaines de ces modifications se veulent fonctionnelles, comme les panneaux solaires ou encore les extensions qui masquent les vues sur le paysage depuis l’avenue d’Essomes. Les ajouts ultérieurs tentent d’imiter le langage architectural d’origine mais faits de parpaing brut ils compliquent souvent la lecture des trois volumes simples initiaux. D’autres modifications montrent une incompréhension du projet d’origine, comme en témoigne la nouvelle fenêtre dans la loge du gardien qui dénote par ses proportions; la différence de pose des châssis métalliques lors d’un partiel remplacement des baies sur le bâtiment des bassins; ou encore les évacuations des eaux finement dessinées par les architectes pour la galerie aujourd’hui remplacées par une gouttière de zinc. Depuis la fermeture en 2016, l’accueil a logé une entreprise de savonnerie engendrant à l’intérieur des nouvelles teintes : rose. Le bâtiment des bassins et la galerie quant à eux, restés désaffectés, certaines vitres brisées ont été remplacées par des panneaux de bois occultant les parois transparentes et lumineuses du départ.


L’exemple le plus significatif de ces changements et celui des couleurs de la structure métallique : à l’origine bleu-gris, sobre et élégante, elle a été repeint en marron et jaune, perdant l’aspect intemporel de la pensée initiale de l’insertion structurelle du bâtiment dans son environnement.

Agir vite

Ces modifications progressives ont fini par rendre le bâtiment inintelligible et ont empêchées certains de saisir la sensibilité et la finesse de ce projet. Elles ont brouillé la lecture, cachant aux yeux du grand public la véritable beauté et la valeur patrimoniale de ce bâtiment historique du XXème siècle. Toutefois, ces altérations souvent superficielles ne sont pas définitives. Plusieurs actions auraient pu être envisageables pour permettre à nouveau de dévoiler la beauté de cette architecture du XXe siècle, qui a fait et qui pourrait continuer à faire la fierté de la ville.

A défaut d’avoir reconnu la valeur historique des bâtiments d’accueil et de la loge du gardien qui ont été démolies il y a peu, nous espérons sincèrement que le bâtiment des bassins, espace principal, sera conservé par respect pour le passé de la France, notre histoire, son patrimoine et les enjeux écologiques actuels.

Pour appuyer la requête de sauvegarde et ainsi aider à sauver le bâtiment des bassins : vous pouvez signer la pétition.


Nous comptons sur votre aide et espérons que vous serez nombreux à vous mobiliser pour l’Ancienne piscine de Château-Thierry.

Aidez-nous à sauver l’ancienne piscine de Château-Thierry : signez la
pétition ICI.

La pétition : https://www.change.org/sauvonslapiscine

La jeune génération.

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Crédits Photographiques :
Photo 1 : Journal l’Union
Photos 2-3-4-5 : Piscine Vaudou et Luthi 1971


Démolition du Château de Lagny-le-Sec : « Juste une mise au point »



Puisque la vidéo de la démolition du Château de Lagny-le-Sec tourne en boucle sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, il me semblait judicieux de faire le point sur cette « triste affaire ». En effet, cet acte de « vandalisme patrimonial » remonte à trois ans, ce qui nous force à constater que les internautes ont parfois la mémoire qui flanche, car à l’époque cette démolition avait fait grand bruit, tellement de bruit que l’information se classait parmi les dix premières les plus consultées de la semaine.

Ce combat de l’impossible fut sans doute l’un des plus difficiles qu’Urgences Patrimoine a mené, pour un résultat qui était connu d’avance. Mais « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire » et, même si point de triomphe à la fin, notre satisfaction était d’avoir fait le maximum.

Nous avions été prévenus seulement trois semaines avant la démolition par Thomas Nerrière, un jeune passionné de patrimoine qui aurait été capable de donner sa propre vie pour sauver ce château.


Trois semaines, trois toutes petites semaines pour remuer ciel et terre et essayer de faire entendre raison à Didier Doucet, le maire « démolisseur ». Mais en vain. Il n’a d’ailleurs jamais souhaité communiquer avec nous.

Mais quel prétexte invoquait-il pour justifier cette scandaleuse démolition ?

Toujours le même : l’état calamiteux du château et les montants de restauration trop élevés par rapport à une démolition et la construction de la salle « multifonctions intergénérationnelle » qu’il souhaitait voir en lieu et place de l’édifice. Nous avons demandé à voir l’étude réalisée pour évaluer le montant desdits travaux, mais sans succès, et pour cause, il semblerait qu’elle n’ait jamais existé.


Mais au fait, état calamiteux pourquoi ? Simplement, parce qu’après le rachat de l’édifice par la commune 25 ans plus tôt, jamais les moindres travaux d’entretien n’ont été réalisés.

On a délibérément laissé « mourir » le château, avec déjà la perspective, sans doute, de le démolir un jour et de posséder un joli terrain de plus de 8000 m2, sur lequel on pourrait faire pousser un joli petit immeuble ou, comme il en était question à l’époque, cette fameuse salle multifonctions, salle qui d’ailleurs n’a pas poussé pour le moment.

Donc, un fois « ciel et terre remués », jusqu’à Jack Lang qui avait écrit à Françoise Nyssen, alors Ministre de la culture, il a fallu se rendre à l’évidence, tout était fini pour le Château de Lagny. Et un soir de juin, tard, Thomas m’a appelé pour me dire qu’ils commençaient la démolition.

Oui, car quand on est peu fier de ce que l’on fait, on se cache. Aussi quoi de mieux que de lancer un tel chantier en pleine nuit pour éviter d’être dérangé par les « détracteurs du projet » ? Le Château de Longperier (c’est son nom d’origine) est donc tombé une douce nuit de juin…

Les larmes des habitants, le lendemain, sont arrivées bien tard, car c’est à l’annonce de la démolition qu’il aurait fallu réagir. Hélas, à la moindre protestation de leur part, le maire leur disait que  « conserver le château et le restaurer fera considérablement augmenter les impôts locaux ». Toujours ce même prétexte, qui décourage le plus vaillant des habitants d’une commune.


La solution état pourtant toute trouvée. Si le château était si « encombrant » financièrement, alors pourquoi ne pas l’avoir mis en vente ? Cela aurait permis à la commune de rentrer quelques deniers sonnants et trébuchants et ne pas avoir à faire payer les contribuables pour les frais de démolition. Mais non, malgré les différentes propositions de rachat, le maire s’est obstiné à vouloir démolir.

Fin de l’histoire. Enfin non, pas tout à fait, car il y a un avant et un après Lagny-le-Sec. Nombreux sont ceux qui ont été touchés par les image de cette démolition, et beaucoup ont pris conscience de l’intérêt de patrimoine pour un territoire. Hélas, bien souvent, par peur des représailles, les gens n’agissent pas localement, car ils ont peur, par la suite, de se voir refuser un permis de construire, une extension, ou un emploi au sein de la commune. Donc, on ne dit rien et on se lamente en silence.


Alors pour une fois, je vais prêcher pour « notre paroisse », pour rappeler que tout le monde peut faire entendre sa voix de façon anonyme en adhérent à Urgences Patrimoine, car
nous sommes les seuls à avoir le courage de nous opposer ouvertement aux démolitions sur l’ensemble du territoire. Alors, effectivement, personne ne donne à ceux qui luttent. On donne à ceux qui restaurent, mais il est bon de rappeler que, pour restaurer, encore faut-il qu’il reste des édifices, et au rythme où vont les démolitions je ne suis pas certaine qu’il reste grand-chose à restaurer s’agissant du patrimoine de nos belles communes de France.

Alors pour 5 euros, vous pouvez faire avec nous la « guerre aux démolisseurs » et vous engager en cliquant sur
ce lien ICI.

« Le patrimoine ne peut pas lutter, ensemble nous pouvons »

Alexandra Sobczak-Romanski
Présidente d’Urgences Patrimoine

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Crédits Photographiques :
Photos 1- 2-4-5- :
La Gazette du Patrimoine
Photo 3 : Béal et Blanckaert architectes
Photo 6 : France 3




Démolition de la Chapelle Saint-Joseph : nos propositions en faveur d’une réhabilitation



Lancer une pétition pour « faire du bruit » était nécessaire, mais présenter un projet alternatif qui permet de conserver la chapelle pour un coût inférieur à celui de la démolition/reconstruction, l’était tout autant.

Après quelques jours de travail, un ingénieur économiste, membre d’Urgences Patrimoine, propose un projet alternatif qui, nous l’espérons, permettra l’ouverture du dialogue avec le maître d’ouvrage du projet « Camplus ».

Le Collège Saint-Joseph de Lille et le projet Camplus de la Catho
Une rare opportunité développement durable et réputation d’excellence sur la base d’un projet alternatif

Camplus : un programme ambitieux mais « tabula rasa »


Le projet Camplus est dans la logique du projet fondateur des écoles d’ingénieurs HEI, ISA, ISEN : proposer des outils de connaissance et de savoir-faire en complément de ceux mis à disposition par l’Etat. Après plus de 120 ans de développement continu, un nouvel élan est proposé en confirmant la cohérence du projet pédagogique et en lui donnant une ampleur « développement durable », notamment par l’appropriation du Palais Rameau, jusqu’alors utilisé par la ville de Lille. 



Les documents accessibles en ligne semblent de niveau concours, voir un peu plus, ce qui laisse accroire que le projet n’est pas encore totalement communicable. Ce niveau de définition induit une relative imprécision et amène à se poser quelques questions notamment concernant l’ex collège Saint Joseph. 

Des usages en développement 


Sur l’emprise du l’ex collège sont proposés les usages suivants :
  • Un incubateur (lancement micro société) côté boulevard Vauban.
  • Un pôle master et recherche sur la chapelle, les bâtiments de la rue Colson et l’aile 1950. 

Le pôle master comprend 4 fonctions :
  • Amphithéâtre VIP dans la cour Ouest.
  • Serres sur 4 niveaux à l’emplacement de la nef.
  • Learning center (médiathèque et salles d’études) à l’emplacement du Chœur.
  • Espaces de travail le long de la rue Colson.

Si l’amphithéâtre ne peut pas trouver place dans les bâtiments existants (sauf à envisager une réhabilitation du théâtre actuellement hors périmètre) et les serres demandent un éclairage important les autres fonctions sont compatibles avec l’existant notamment :
  • Le Learning center dans la nef.
  • Les espaces de travail dans les bas-côtés, tribune, ex sacristie, ex gymnase, salle de musique et ateliers.

Les besoins en surface ne sont pas exprimés mais la volumétrie présentée semble correspondre à un gabarit rez-de-chaussée plus 4 étages, sur la largeur totale de la chapelle, ce que confirme le plan.


L’on peut ainsi faire une approche des besoins en surface hors œuvre au droit de la chapelle jusqu’à la rue Colson:
  • Serres 5 niveaux de 400 m2, soit 2 000 m2 hors sous-sol,
  • Learning center et une partie des espaces de travail 4 à 5 niveaux de 540 m2 soit 2 200 à 2 700 m2 hors sous-sol. 

Des bâtiments systématiquement remplacés 

Le permis accordé porte sur la démolition de la chapelle, de la sacristie et des bâtiments situés au-delà du théâtre (ex gymnase, ex ateliers, ex salles de musique, etc.). Ces derniers bâtiments n’ont pas un intérêt aussi manifeste que la chapelle, mais font partie d’un ensemble pédagogique cohérent, dont on pourrait tirer parti dans une réhabilitation habile.
 


Les schémas publiés révèlent d’autres intentions de remplacement :
  • L’aile Saint-Ruth bâtie par les jésuites pour les classes préparatoires.
  • L’aile de 1962 sur la rue Solferino.
  • Les ouvrages de la fin du XXe siècle dans le prolongement de l’aile Saint-Ruth. 

Tous ces bâtiments ont fait l’objet d’investissements assez importants dans le cadre de l’installation et de l’extension de l’IESEG. 

Cette démarche de « tabula rasa » apparaît extrêmement surprenante et suscite beaucoup de perplexité quant à l’intelligence du projet et à sa cohérence, avec une orientation générale se voulant développement durable. 

Un contre-projet dans l’air du temps et moins onéreux

Seule la chapelle (et incidemment les autres bâtiments de l’emprise projet) est actuellement concernée. Mais le théâtre, (propriété du centre scolaire, ce qui le met à l’abri au moins temporairement), est aussi un bâtiment d’intérêt. 

Un projet revu développement durable confortant la réputation du pôle ingénierie de la Catho ?

L’époque des constructions neuves à grands coûts et durée de vie aléatoire est bientôt révolue. L’avenir est à la réhabilitation, moins dispendieuse, moins polluante et moins tape à l’œil. La notoriété des maîtres d’ouvrage se fonde de plus en plus sur des réhabilitations réussies et internationalement reconnues.  Les dispositifs d’optimisation ont de plus en plus la faveur des administrations : panneaux thermiques (les photovoltaïques ne sont pas encore réellement écologiques), effet de serre, récupération des eaux pluviales, géothermie, puits canadiens, pompe à chaleur air/eau (opportunité de l’Arbonnoise), etc.

Qui plus est l’ampleur du projet (palais Rameau, patrimoine ancien de la Catho, chapelle voire théâtre) et son intelligence potentielle, sont susceptibles d’augmenter significativement la réputation « développement durable » du pôle d’excellence que constitue déjà l’ensemble universitaire et les écoles supérieures. 

Une reconversion de la chapelle intelligente et techniquement facilement réalisable. 

Les exemples de reconversion réussies de chapelles ne manquent pas. Le volume actuel de la chapelle peut se prêter à la création de niveaux partiels voire complets (sous-sol et combles) moyennant ouvrages de reprises des charges ajoutées (structure et exploitation) et vérification de la profondeur des fondations existantes.

Les bâtiments actuels ne porteraient ainsi que leur charge propre, de nouvelles fondations venant assurer l’ensemble des charges structurelles et d’exploitation créées.


L’alternative pourrait donc être la suivante (nota toutes les surfaces sont annoncées utiles et approchées).  

1/ Learning Center et espaces liés :
  • Dans le vestibule et la nef : le rez de chaussée en espace commun (accueil, information, détente, distribution, etc.) et 5 niveaux de plateaux de libre consultation pour 1 800 m2.
  • Dans les bas-côtés, déambulatoire et galeries : des espaces de travail cloisonnés ou non pour 720 m2.
  • La sacristie de 120 m2 et son comble de 100 m2 pouvant être également dévolue à des espaces de travail.
  • Des sous-sols et les étages au-dessus du vestibule servant aux installations techniques et stockages pour 750 m2.

Les circulations verticales étant majoritairement disposées en rapport direct avec le vestibule et complétées ponctuellement selon réglementation et besoins. 

L’on serait sur une surface utile hors locaux techniques et circulations principales de 2 540 m2 pour un total pressenti à 2 700 m2 hors œuvre (environ 2 160 utile) A quoi s’ajoutent environ 750 m2 de locaux techniques. 

2/ Les serres et espaces liés :
  • Construction d’un bâtiment neuf de 9 niveaux au droit de la nef côté Ouest.
  • Transformation de la toiture de la chapelle en serre.
  • Puit de lumière entre la nef et l’ouvrage neuf servant également de passage de gaines verticales.
  • Entre la serre toiture et les niveaux 6 et 7, passerelles de communication.
  • Le long du niveau -1 cour anglaise d’éclairage naturel.
  • Au-dessus du hall d’accès au vestibule locaux de fonctionnement. 

L’on serait sur une surface utile hors circulations principales, de 2 000 m2 pour un total pressenti à 2 000 m2 hors œuvre (environ 1 700 m2 utiles). 

3/ les espaces polyvalents et circulations partagées, le mobilier :
  • Dans le chœur : un espace polyvalent (culte quand même, conférence, concerts et autres usages compatibles avec la dignité du lieu) conservant tout ou partie des aménagements liturgiques sur une surface utile d’environ 160 m2.
  • Les deux entrées latérales, le vestibule et la galerie de la sacristie pour 100 m2. 

Le mobilier du chœur peut être laissé en place dans la mesure ou le sol ne serait pas à reprendre. Les autres mobiliers, notamment ceux des absidioles, ne gênent pas le fonctionnement sauf à l’emplacement éventuel des escaliers de secours.  L’orgue, dans la mesure où il présente un intérêt musical et historique, pourrait être déplacé tout ou partie à la limite nef chœur. 


L’on dispose donc d’une marge de manœuvre pour éventuellement dé densifier les plateaux de la nef et réduire l’épaisseur du bâtiment lame. 

Pour les autres bâtiments un projet plus ambitieux, financés par la réduction des coûts. 



A l’échelle du site ex Saint-Joseph et dans la mesure ou le Centre Scolaire Saint-Paul et les facultés catholiques s’associent au projet l’on pourrait envisager un programme plus ambitieux et des coûts mieux maîtrisés. 

Le choix de réhabiliter et adapter les bâtiments existants des rue Colson, boulevard Vauban et rue Solferino dégagerait des marges financières conséquentes, et renforcerait les orientations développement durable de Camplus. 


Dans la même logique l’utilisation de l’ex théâtre pour en faire un amphithéâtre partagé, coûterait moins cher que le projet neuf proposé et permettrait, moyennant refonte de l’arrière des bâtiments Vauban, de créer un espace vert dans le prolongement des serres et au-dessus du parking maintenu. 


Le geste architectural porterait alors sur la création d’une entrée monumentale rue Solferino, soit au droit du transept du Palais Rameau, moyennant négociation avec le centre scolaire, avec accès direct sur le vestibule de la chapelle, soit dans l’aile 1962. 

Dans cette hypothèse, la circulation Est Ouest pourrait se faire par les vestibules de la chapelle et de la sacristie. Les annexes techniques, loges administratives et l’accueil sont facilement réalisables entre la sacristie et le théâtre. La sacristie devenant alors un salon VIP et les locaux de travail alors déplacés à l’étage du bâtiment neuf. Le jardin entre la chapelle et les cours de Saint Paul étant un prolongement naturel de cet espace VIP. En cas de manifestation exceptionnelle les cours du lycée pourraient être utilisées comme esplanade. 

L’amphithéâtre programmé fait environ 600 m2. La salle de théâtre y compris les tribunes, environ 630 m2. Cela semble donc jouable moyennant la création d’un bâtiment lame devant la façade, faisant fonctions de vestibule et de circulations verticales complémentaires.  Les gaines de ventilation étant disposées au-dessus de la toiture existante rénovée et isolée.

Réhabilitation = économies substantielles

Sans entrer dans le calcul des surfaces on peut déjà avoir une idée des coûts indicatifs comparés au m2 de plancher toutes taxes comprises (en neuf TVA 20%, en existant TVA 10%, autres taux 7 et 5,5 à faible incidence), les économies ainsi réalisées sont un ordre de grandeur :

  • Pour les fonctions proposées dans la chapelle et ses annexes démolition plus travaux neufs 2 200, réhabilitation 1 600 = économie 600€,
  • Pour l’amphithéâtre, démolition plus travaux neufs 2 700, réhabilitation dans l’ancien théâtre 1 600 plus bâtiments annexes neufs à 2 200 pour 100% de surface en plus soit une moyenne de 1 900 = économie 800€,
  • Pour les bâtiments Solferino et Vauban, démolition plus travaux neufs 2 300, rafraîchissement et développement durable 750 = économie 1 550,
  • Pour les bâtiments rue Colson, démolition plus travaux neufs 2 200, réhabilitation 1 100 = économie 1 100€.

Les chiffres parlent d’eux même…  

Laurent Lequeuche 
Pour La Gazette du Patrimoine


Lire notre précédent article sur le sujet 
ICI.

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Crédits photographiques : photos 2bis, 3 et 4 : Yncréa Hauts-de-France.


Boisseron : SOS d’un château en détresse



Le Château de Boisseron dans l’Hérault est à l’abandon depuis des années. Propriété d’un promoteur qui souhaitait en faire une résidence haut de gamme, il est en proie aux squatteurs et aux vandales qui ont fait de lui un des emblèmes de « l’Urbex ». Ce château, dont les bases sont médiévales, est situé au cœur du village et son état désespère bon nombre d’habitants.


Il y a deux ans, Urgences Patrimoine avait lancé une pétition pour attirer l’attention des pouvoirs publics, mais le Maire de la commune n’avait pas vraiment apprécié le « bruit » fait au sujet de l’édifice et n’avait pas donné suite à notre demande de mise en relation avec le propriétaire.


Nouvelle équipe municipale, nouvel espoir ! Le nouveau Maire fraichement élu souhaite trouver une issue heureuse à cette situation désastreuse. Tous les acteurs soucieux de voir renaître Boisseron vont collaborer, afin d’essayer de sortir enfin ce patrimoine remarquable de sa torpeur.

Monsieur Hyacinthe, président de l’association "Boisseron Patrimoine" est ravi que l’on se préoccupe à nouveau du sort de ce château et le jeune Axel Fernandez que nous vous avons présenté dans la Gazette du Patrimoine du mois de mai, jouera sans doute un rôle important dans ce projet de renaissance ( lire l’article de
La Gazette du Patrimoine ICI).


Nous profitons de la « réouverture » de ce dossier pour relancer la pétition créée il y a deux ans et qui avait rassemblée plus de 5000 signatures. Si le Ministère de la Culture pouvait protéger l’édifice, cela permettrait sans doute de faire avancer les choses un peu plus vite. Sinon, le Maire devra sans doute procéder rapidement à la mise en place d’une procédure d’abandon manifeste, car sans mesure de sécurisation rapide, les jours du Château de Boisseron sont comptés.

Pour signer la
pétition, cliquez ICI.

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Crédits photographiques : Axel Fernandez

Dites non à la démolition de la Chapelle Saint-Joseph de Lille



En 48 heures, vous êtes plus de 1650 à vous être mobilisés en signant notre pétition et nous vous remercions. Nous sommes conscients que l’on ne sauve pas le patrimoine juste à l’aide d’une pétition, mais celle-ci donne de la visibilité à notre combat. Plus nous serons nombreux à faire entendre notre voix, plus nous aurons des chances de pouvoir sauver cet édifice de la démolition.

Dans les prochains jours, nous présenterons un projet alternatif qui permet de conserver la chapelle et de l’intégrer au Campus.

Ce Campus, est un réel atout pour la ville de Lille et effectivement, nous pouvons parler d’un projet d’excellence. Mais cette excellence ne sera avérée qu’à la condition d’une remise en question de cette démolition par le maître d’ouvrage.

En attendant, la mobilisation doit continuer. Alors nous vous demandons de bien vouloir signer cette pétition et si cela est déjà fait, n’hésitez pas à la partager sur l’ensemble de vos réseaux. Nous vous rappelons qu’il n’est pas nécessaire de payer au moment de signer la pétition. Vos partages suffisent à en assurer la diffusion.

Pour signer et partager cliquez sur
le lien de la pétition ICI.


Vous souhaitez nous aider à mener à bien ce projet de sauvegarde ? Alors c’est le moment d’ajouter votre voix à la nôtre en adhérent à
Urgences Patrimoine ICI.

D’avance merci.

« Le patrimoine ne peut pas lutter, ensemble nous pouvons »

Lire notre premier article au sujet de la démolition de la chapelle Saint-Joseph.

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